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La vérité est comme les fesses, on est obligé de s'asseoir avec

25 juillet 2006

DÉTUMESCENCE DES MAUX /MOTS : Non à l’hémiplégie vocable

arton886

Après avoir dit son inquiétude sur les méthodes du ministre de l’intérieur à traiter la question de l’immigration, tout en qualifiant l’ensemble de sa politique de "Sarkoïzation" des esprits, le français d’origine antillaise (comme sont présentés tous les allochtones et allogènes à la française) Lilian Thuram, malgré lui, provoque l’indignation chez les puristes. D’ailleurs tout mon étonnement vient du fait qu’il ne porte pas, suite au mot utilisé, la responsabilité de tous les maux pour lesquels les puristes se sont arrogés le droit de confisquer les mots pour parler de leurs souffrances.

Si la détumescence est en médecine une avancée, appliquée à d’autres domaines, elle prend la forme d’une censure. Et le moment est venu de dire STOP à cette confiscation éhontée d’une catégorie de mots, par des gens peu respectueux des libertés, pour des prétextes fallacieux et mercantilistes. L’hémiplégie mentale voire vocable, dans laquelle vous voulez nous plonger devient insupportable et ne relève que d’une manipulation, à laquelle nous ne voulons plus céder.

Lilian Thuram a choqué, ses propos ont été condamnés nous dit-on, par le sénateur Roger Karoutchi et sûrement par d’autres puristes, occupés en ce moment de forte activité à compter les cadavres qui jonchent les rues du Liban ou de la Palestine dans "Opération purification du Proche-Orient".

Pourquoi ? Comment ? En utilisant le mot « déportés » ce surtout, et il faut le rappeler, comme le soulignait à juste titre le sénateur Karoutchi :"à l’heure de la 63ème commémoration de la rafle du Vel’Hiv". Notre Tutu vient de commettre le crime de lèse majesté.

Quelle effronterie Lilian ! Quel polisson tu fais Lilian ! Toi qui n’as droit de t’exprimer qu’avec tes jambes et prendre la brosse à reliure pour caresser le système dans le sens du poil. Comment oses-tu seulement des amalgames, des assimilations, les confusions dans notre société qui n’en a nullement besoin ? Comment peux-tu aussi confondre le bien et le mal ? la déportation et le déplacement ? As-tu seulement pris la peine de consulter ton Larousse ? Ton Robert ? Pour ne pas te rendre compte que certains mots comme déportation (que tu as utilisé à tort) ne s’utilisent seulement que pour décrire une Souffrance Unique et seulement cette Unique Souffrance là ?

Je t’invite à lire attentivement ton Larousse ou ton Robert, tu verras, c’est écrit ! Ce mot est une exclusivité et ne s’utilise que pour une exclusivité. Les Noirs et les autres pas comme les Autres, au cas où tu l’ignorais, on les déplace, même avec violence et évidemment sans leur consentement, on ne les déporte pas, il faudrait à l’avenir, que tu utilises le mot déplacer lorsque tu parles des petites souffrances telles que l’esclavage, la situation des Palestiniens etc.. Même pour ta voiture, il ne faut pas utiliser déporter, d’ailleurs, il parait que dans les Auto-écoles, on n’emploie plus le mot déporter, car cela crée des confusions, des amalgames, insultant de fait la MEMOIRE. D’ailleurs, toi qui affectionnes parler de l’esclavage, ne t’avise jamais d’utiliser les mots négationnisme, révisionnisme, génocide ceci n’est pas valable pour les Noirs, en osant cet interdit, tu avilis la MEMOIRE et les puristes n’aiment pas cela, venant surtout d’un descendant de déportés euh ...de déplacés. Tu as vu ce qu’ils ont fait à Dieudonné ? Alors fais gaffe à ton vocabulaire ! Tu es un banlieusard, au mieux, fais dans le verlan.

Il faudrait que, à toi comme à tous ceux qui auront l’outrecuidance de travestir les mots exclusivement exclusifs, je rafraîchisse la mémoire avec cette citation d’un puriste du nom de JACOB NEUSNER "L’holocauste mal unique n’a pas seulement pour conséquence de donner aux juifs un statut à part, il leur donne "un droit sur les autres" (1).Pauvres Larousse et Robert, vous en qui je croyais, vous sur qui je comptais pour acquérir un vocabulaire avec de bonnes définitions,m’auriez-vous menti à l’insu de mon gré ?

Lorsque l’on n’en arrive à réduire les souffrances des autres, en leur imposant les mots qu’ils doivent ou ne doivent pas utiliser pour les dire, on appelle cela de la CENSURE et celle-là n’a fait que trop durer.

MBOA

(1) Jacob Neusner "A Holocaust primer" Page 178

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