30 août 2007
PIERRE MESSMER, l'autre cauchemar des Africains s'en est allé.

Comme Roland PRE, ou Maurice Delaunay, Pierre MESSMER appartient à cette catégorie d'hommes qu'il ne faut jamais avoir rencontrés sur son chemin en tant qu'africain dans ses années de haut commissaire du Cameroun. D'une telle rencontre, on ne sort jamais indemne; les plus chanceux se sont retrouvés avec toute leur famille décimée. Avec sa disparition, c'est aussi un des grands artisans du génocide Camerounais qui tire sa révérence. Génocide que la France n'aura jamais le courage de reconnaître. Politique génocidaire mise en place par De Gaulle dans toute l'Afrique dite "francophone" et dont la mise en application était orchestrée par Roland Pré, Pierre Messmer et bien d'autres lugubres personnages qui entreront dans l'histoire de la France comme de "Grands".
Pierre Messmer restera pour toute une génération d'africains et de Camerounais en particulier, le symbole de la cruauté vivante, celui qui distribuait à tout va la mort à ces Africains qui se refusaient d'obéir aux injonctions lapidaires d'une France en plein exercice de colonisation et prête à châtier quiconque lui résistait comme le faisait remarquer son prédécesseur Roland Pré "Je suis fortement ému parce que le peuple camerounais s’est laissé un instant entrainer par certains trublions que la justice française ne manquera pas de châtier. C’est vraiment choquant d’apprendre que le Cameroun veut obtenir en moins d’un quart de siècle, ce que la France a obtenu en plusieurs siècles, c’est-à-dire l’étape de l’indépendance"
Celui que l'histoire officielle française présente comme l'un des pères de la "décolonisation" n'en était pas un, mais plutôt un ardent défenseur de l'asservissement des peuples africains. Car il considérait que se défendre de la colonisation était un acte de haute trahison et par conséquent il fallait être impitoyable avec de tels individus.
Comment peut-on être un fidèle de De Gaulle et être pour l'indépendance des peuples en Afrique ? De Gaulle et Indépendance dans le cas de l'Afrique sont deux mots aux antipodes l'un de l'autre. L'indépendance, la décolonisation suppose la liberté de tout peuple à disposer de lui même. Tout le contraire de la politique gaullienne en Afrique et qui poursuit son cours jusqu'à nos jours. Dire que Pierre Messmer a préparé la décolonisation donc l'indépendance des pays africains est, comme vous l'aurez compris, un vaste exercice de démagogie donc un mensonge républicain. Être gaulliste à l'aune de l'Afrique, c'est être pour le pillage des matières premières et autres richesses et évincer celles ou ceux qui s'opposent à cet état des choses par n'importe quel moyen.
La jeunesse africaine doit plutôt retenir de cet homme qu'il a contribué à la déstructuration des équilibres de leur continent et qu'il est important de garder en esprit que "La France n'a pas des amis, elle n'a que des intérêts" comme le disait De Gaulle, le fondateur de l'idéologie néocolonialiste qui sévit en Afrique et dont les conséquences sont décrites dans "Les servitudes du pacte colonial" de Mamadou Koulibaly par exemple.
18 août 2007
Quelle Humiliation irait le mieux aux NOIRS ?
Vidéo envoyée par Allain_Jules
Ce billet publié, il y a quelques mois reste tristement d'actualité. Hier encore, le post d'un européen m'a fait prendre conscience de la réalité des choses. Il doit bien avoir quelque chose qui est inhérent aux Noirs et les poussent à l'inaction face aux injustices qui leur sont faites. Je pense que je vais abandonner de donner des coups et de m'en prendre à ce système qui ne m'est pas factuelement hostile et méner ma vie en paix, au lieu de prendre les coups pour rien. La mort dans l'âme, mais je vais vivre comme les autres et profiter de la vie.
Que faut-il de plus aux Noirs, aux Africains comme humiliations pour qu'ils se réveillent ? Faut-il peut-être leur pisser dessus, les enfermer au stade de France et leur envoyer des tonnes de crottes de chien comme nourriture ? J'essaye ici de comprendre ce qu'il faut pour provoquer un soupçon de dignité chez les Noirs face au mépris du système.
Je n'arrive même pas à m'imaginer d'humiliations plus graves que celles que vivent les Noirs, qui pourraient les décider à sonner la révolte et comprendre enfin qu'ils ne sont rien dans ce pays tant qu'ils continuent à faire la politique de l'autruche ou à nier la négrophobie dont ils sont victimes.
Subir de tels affronts comme ils les subissent, aucune autre communauté ne l'accepterait avec tant de résignation complaisante et complice.
Aucune solidarité, aucune capacité de nuisance, aucun sens de l'honneur. C'est comme si tout ce qui leur arrive est normal. On comprend mieux pourquoi le mépris, les actes dits négrophobes à leur endroit ne sont même pas considérés comme des délits (pourtant la loi les classes comme tels) donc pas sanctionnés et pour cause, les concernés ne les perçoivent pas comme tels, quand ils ne les trouvent pas justes et dans l'ordre des choses.
Essayez de leur demander de s'arrêter de travailler deux jours, comme les hispaniques l'ont fait aux Etats-Unis, vous passez directement à leurs yeux pour un extrémiste, un haineux, parce que l'appel du ventre est plus fort que le combat pour la dignité. Pourtant rien que par exemple cet arrêt de travail, le système aura une autre attitude. Bien d'autres actions sont possibles, mais ces derniers en sont_ils capables ? Le système l'a compris, c'est pour cela qu'il peut les froisser, car il sait qu'ils ne réagiront jamais.
Combien d'actes d'humiliation en moins de 3 mois de présidence de l'actuel homme fort de France, les Noirs ont subis ? Quelle a été leur réaction ? Aucune! Lorsque certains parmi eux ne trouvent pas que ceux ou celles qui vivent ces cauchemars en étant éveillés le valent bien.
On a tué, on a assassiné, on a stigmatisé, on a injurié, on tuera, on assassinera, on stigmatisera et on injuriera encore et aucune réaction de la part des Noirs.
Par contre, il suffit que ceux là même qui les maltraitent, les invitent à manger, boire et danser, alors vous voyez le Noir arborer un grand rire niais et danser (ayant le rythme dans le sang) comme on n'aime bien les voir faire ce, pour amuser la galerie.
Ainsi avec quelques petits fours, de la bière et un coupé-décalé, un dombolo, un makossa, un zouk, vous y mettez quelques blondes, ou des rousses pour leur faire des sourires, tout est parfait pour distraire et faire oublier au Noir toutes les exactions dont il a été victime et le sera après la diversion.
Quelle humiliation faut-il donc aux Noirs pour qu'ils se décident à réagir enfin ?
17 août 2007
LE DEVOIR DE COMBATTRE.
« En Afrique française comme dans tous les autres territoires où des hommes vivent sous notre drapeau, il n'y aurait aucun progrès qui soit un progrès, si les hommes, sur leur terre natale, n'en profitaient pas moralement et matériellement, s'ils ne pouvaient s'élever peu à peu jusqu'au niveau où ils seront capables de participer chez eux à la gestion de leurs propres affaires. C'est le devoir de la France de faire en sorte qu'il en soit ainsi. »
Comme
chacun l’aura compris, pour De Gaulle, une partie de l’Afrique est une
propriété française. Ce qui explique les comportements paternalistes de la France vis-à-vis des Africains. La
dernière sortie de Sarkozy, sur laquelle je ne reviendrai plus, ne devrait donc
pas surprendre les Africains, mais les inciter à accepter le combat de la
liberté. Y a t-il meilleur façon de denier des droits à un peuple comme l'a fait le général français ?
D’aucuns
pourraient croire aux sentiments nobles qui animait celui qui a mis en place un
système mafieux qui appauvrit l’Afrique en l’entendant dire :" il
n'y aurait aucun progrès qui soit un progrès, si les hommes, sur leur terre
natale, n'en profitaient pas moralement et matériellement, s'ils ne pouvaient
s'élever peu à peu jusqu'au niveau où ils seront capables de participer chez
eux à la gestion de leurs propres affaires. C'est le devoir de la France de faire en sorte qu'il en soit ainsi"
La
France s’assigne des devoirs envers
l’Afrique car elle considère que les Africains sont incapables de s’assumer.
Mais il est venu le temps de faire comprendre à cette France là, que, le seul
devoir qu'elle a envers les Africains, c'est celui du respect. Et cela veut
dire qu'elle reconnaisse des droits à l'Afrique. Ce n'est donc pas à elle de
faire en sorte que...mais c’est à l’Afrique de faire en sorte qu’il en soit
ainsi et ceci passera par la confrontation frontale avec l’oppression si elle
persiste dans ce comportement. De Gaulle, comme ses successeurs semblent
oublier que la liberté à laquelle le peuple français aspirait à l'époque n'a
pas été l'oeuvre d'une âme magnanime, d'un décret, d'une proclamation mais d'un
combat. Et ce combat, les Africains entendent le mener.
Ceux des Africains qui se complaisent dans l’attente d’une rupture qui viendrait de la France , devraient méditer sur les autres propos de De Gaulle : "La France n'a pas d'amis, elle n'a que des intérêts".
Il est grand temps d’intégrer que les rapports qui existent aujourd'hui entre la France et l'Afrique sont de dominant à dominés et que le dominant n'entend pas céder même la plus infime partie de l'emprise qu'il exerce sur les dominés. C'est la guerre et les Africains doivent intégrer qu'ils sont en guerre avec un ennemi qui les berne depuis des lustres au nom de ses intérêts.
C’est
pour cela qu’il est important de méditer encore sur ces propos de Sankara
Thomas « L’esclave qui n’est pas
capable d’assumer sa révolte ne mérite pas que l’on s’apitoie sur son sort. Cet
esclave répondra seul de son malheur s’il se fait des illusions sur la
condescendance suspecte d’un maître qui prétend l’affranchir. Seule la lutte libère... ».
De même qu'il est temps de montrer au pouvoir oppressant qui livre la guerre à l’Afrique et aux Noirs en général comme disait Toussaint Louverture que : « En me renversant, on n'a abattu à Saint-Domingue que le tronc de l'arbre de la liberté, mais il repoussera car ses racines sont profondes et nombreuses».
11 août 2007
LE COMMUNAUTARISME: Le Piège POUR Nigauds
Jean François
REVEL disait: "L'idéologie, c'est ce qui pense à votre place"
On ne peut pas être à la
fois ceux qui traitent d’autres peuples d’animaux, de sauvages et proclamer l’égalité
de tous les hommes, si on ne fait pas allusion qu'à soi même.
Chaque fois qu’un
comportement, un concept, bref une chose arrange, va dans le sens de l’idéologie,
alors cette chose est admise comme bonne, valable, obtient un blanc-seing des
idéologues, elle acquiert donc un caractère universel c'est à dire occidental .Et l’inverse est tout
aussi vérifié.
L’on comprend aisément
que l’universel dont parle l’occidental se résume à un nombrilisme, un égoïsme,
un égocentrisme comme on n’en voit chez aucun autre peuple sur terre.
Qu’en est-il des
communautés vivant en France ? On verra que les juifs pratiquent un
communautarisme quasi monopolistique sans que cela choque qui que ce soit chez
les idéologues, allez savoir pourquoi. Je vous rassure, je ne suis pas non plus
choqué, je constate et regrette seulement que certains ne fassent pas le même constat pour ainsi changer leur perception.
Fort de ce qui a été dit
plus haut, les Asiatiques ayant compris que cette menace « communautariste »
brandit par ceux qui donnent des normes est une escroquerie, ils ne se privent
pas de transgresser les normes et ils se portent bien. Ils préservent leur
culture, leurs traditions, leur histoire et ce faisant, leur ETRE. On pourrait
ainsi multiplier des exemples.
Ces Noirs ont bien
compris, ainsi le dit le proverbe africain, que : « Tant
que les lions n’auront pas leurs propres historiens, les histoires de chasse
continueront toujours à glorifier le chasseur ». Ou encore,
comme Roger Garaudy avec
justesse définit l’histoire comme : « Ce que l’on appelle "L’HISTOIRE", est écrite par les
vainqueurs, les maîtres des empires, les généraux ravageurs de la terre des
hommes, les pillards financiers des richesse du monde assujettissant le génie
des grands inventeurs de la science et des techniques à leur oeuvre de
domination économique ou militaire ».
Pour montrer le caractère
pervers de l’idéologie universaliste occidentale, inutile de vous rappeler que
de brillants historiens noirs ne sont jamais invités pour débattre de certaines
questions historiques qui touchent la communauté Noire. Des livres qui mettent
à nu les élucubrations universalistes de nos amis, sont montrés du doigt et
font l’objet de toutes les gloses dignes des gens pris en flagrants de délit.
Le cas qui est encore le
plus parlant, c’est l’acharnement sur un groupe de jeunes inoffensifs, qui se
sont organisés pour résister aux affres du mensonge qui leur est servi à
longueurs des années.
Désigner la Tribu KA à l’époque, de groupuscule communautariste Noir, alors que ces jeunes, on le sait bien, étaient incapables de nuire qui que ce soit, sinon les intentions malsaines de ceux qui « norment » les esprits, relève d’une manipulation sans commune mesure. Aller jusqu'à jeter en prison son leader montre la peur qui habite les idéologues universalistes de ne plus pouvoir contrôler la population Noire, si elle casse les chaines qui la tienne encore prisonnière.
La question que je me pose aujourd’hui encore est de savoir : Quelle est ou était la capacité de nuisance de cette organisation comparée par exemple à celle du CRIF ? Ou autres groupuscules bien enracinés dans les profondeurs républicaines.
Cette organisation avait-elle les moyens d’orienter les politiques gouvernementales de la France comme l'on connait l'influence du CRIF à le faire et même à sanctionner quand ses recommandations ne sont pas suivies à la lettre.
L’on comprend encore aisément que, le communautarisme tel que présenté par les universalistes
français, n’est qu’une arme de dissuasion pour empêcher d’une part, la cohésion
entre les Noirs, empêcher l’accès à la connaissance de son histoire donc la
découverte des mensonges et perdre ainsi le pouvoir (le seul encore existant)
sur cette frange de la population et d’autre part continuer à avilir, asservir et
mieux contrôler cette dernière en la maintenant dépendante.
Si s’approprier de son
histoire donc de son destin, comme toutes les autres communautés aujourd’hui
présentes en France le font, fait des Noirs des communautaristes, alors faire
le choix de l’être, c’est faire le choix de la liberté et du bien être, car les
autres se portent bien et pourquoi le Noir n’aurait-il pas ce droit ?
Ce que la classe idéologique universaliste désigne comme "communautariste" chez les Noirs, c'est le refus et la volonté de ne pas leur reconnaître des droits en tant qu'individus libres. Le droit de disposer d'eux-mêmes.
09 août 2007
QUE RESTERA T-IL DE LA COPROLALIE DU PRESIDENT FRANCAIS AU SENEGAL ?
Dans un billet que je publiais, il y a quelques mois, "LA COHERENCE PRESIDENT SARKOZY SAUVERA L’AFRIQUE ", je soulignais l’élection de Nicolas Sarkozy à la tête de la France comme un acte salvateur pour les Africains et l’Afrique.
Mais ceci ne sera
possible que si tous les africains méditent sur ces propos sages de Thomas
SANKARA : « L’esclave qui n’est pas
capable d’assumer sa révolte ne mérite pas que l’on s’apitoie sur son sort. Cet
esclave répondra seul de son malheur s’il se fait des illusions sur la
condescendance suspecte d’un maître qui prétend l’affranchir. Seule la lutte
libère... »
Ou, comme l’affirmait Malcom X : "Il n’y a pas de révolution pacifique. Il n’y a pas de révolution non-violente. La révolution est sanglante. La révolution est hostile. La révolution ne connaît pas de compromis. La révolution retourne et détruit tout ce qui se met en travers de son chemin. Si vous n’êtes pas prêts à user de la violence, alors effacez le mot révolution de vos dictionnaires !"
Les africains doivent s’affranchir de l’illusion dans lequel ils sont bercés depuis des siècles, par les mêmes dont "l’attitude magnanime" d’aujourd’hui tire pourtant sa source de leur esprit de prédation, de leur capacité à détruire l'autre en le dépouillant et dont le terrain par excellence de ces pratiques est l’Afrique.
Depuis sa dernière sortie
verbale à l’université Cheikh Anta Diop, la coprolalie du président français a
eu pour conséquence de susciter la colère de certains africains. Mais qu’est-ce
que donc une colère qui ne combat pas ses causes ? Car une fois de plus
les africains baigneront dans le mirage que la France en particulier sait
bien leur servir au point de mépriser l’avertissement parmi tant d’autres que
CHEIKH ANTA DIOP lançait : "Chaque
fois que les colonialistes nous invitent à une collaboration pour un progrès
commun de nos deux peuples ils ont en arrière pensée d’arriver, avec le temps,
à nous supplanter. Voilà pourquoi, tout ce qu’ils nous offrent n’est qu’un
vaste mirage qui peut égarer un peuple entier, grâce à la complicité de
quelques-uns…. "
En se présentant comme celui
qui sauvera l’Afrique (cet automatisme, ce sentiment de suffisance qu’ont les
occidentaux lorsqu’ils sont face aux africains), après les avoir copieusement admonestés
et injuriés, Nicolas Sarkozy reste cohérent avec l’esprit des rapports qu’il
entend entretenir avec l’Afrique et ses enfants. Et cette attitude se traduit
aussi sur le territoire français par l’impunité de tous les actes négrophobes,
et les politiques d’exclusion qui visent les ressortissants africains.
Or quelque soit le tollé, la colère, l’indignation
suscités chez les africains par l’attitude, les propos de Nicolas Sarkozy,
cette colère n’aura un sens que si elle aboutit à changer les mentalités, non
pas des idéologues dont c’est le mode de fonctionnement, mais celle des
africains à considérer que la France
comme l’occident tout entier sont en guerre contre l’Afrique. Tant que les
Africains s'obstineront à considérer les Occidentaux comme des amis, l’Afrique sera vouée à
subir les violences d’un ennemi qui avance toujours masqué.
En
guise de conclusion, j'emprunterai à la journaliste Nathalie YAMB dont la
pertinence de l’analyse est remarquable cette citation que je fais mienne en l'adaptant à cette tribune: Nous ne connaissons pas avec
certitude la clé du succès. Mais la clé de l’échec est d’essayer de plaire à
l’oppresseur. Nous ne détestons pas les français, ni les occidentaux en
général, nous détestons l’oppresseur. Et s’il arrive que l’oppresseur soit
français, ou l’occidental en général, alors nous le détestons. Quand il
arrêtera de nous opprimer, nous arrêterons de le haïr. En ce moment, en Afrique
dite francophone, l’oppresseur, l’ennemi, c’est la France.
07 août 2007
Graciela Josefina Dixon, Noire et Présidente de la Cour Suprême de Justice du Panama
Graciela Josefina Dixon, Noire et Présidente de la Cour Suprême de Justice du Panama
Graciela Dixon est la première femme noire de l’histoire du Panamá à occuper la présidence de la Cours Suprême de Justice, la plus grande instance dans la structure de l’administration judiciaire au pays.
La République du Panama est un État souverain et indépendant. Son gouvernement est unitaire, républicain, démocratique et représentatif. Le pouvoir public émane uniquement du peuple ; il est exercé par l’État par le biais de la distribution des fonctions que remplissent les Organes Exécutifs, Législatif et Judiciaire, comme l'indiquent les deux premiers articles de la Constitution Politique de la République du Panama qui régit les principes sociaux, économiques et politiques du pays.
L’organe exécutif est présidé par le président Martín Torrijos; l’organe législatif présidé par Elías Castillo et l’organe Judiciaire est présidé par Graciela Dixon.
Elle est la première femme noire de l’histoire du Panamá à occuper la présidence de la Cours Suprême de Justice, la plus grande instance dans la structure de l’administration judiciaire au pays.
Par Julio Bermúdez Valdés
Qui est Graciela Dixon
Graciela Dixon a été élue en 2005 présidente de la Cour Suprême de Justice du Panama, après huit ans passés en tant que Magistrate.
Elle une avocate originaire de Colón, diplômée de la Faculté de Droit de l’Université de Panamá en 1978, et qui depuis ses années d’étudiantes mène le combat social et ne renie pas son passé qui se réaffirme dans ses convictions, même si elle admet que les années lui ont appris que le monde est plus large et englobe plus que ce qu’elle concevait à cette époque.
Fille de John Dolnad Dixon et Janette Clair Caton (keyton), elle est née à Ciudad de Colón *(Ville de Colón) et a passé son enfance à Rue Numéro 8 entre l’avenue Meléndez et Santa Isabel.
Elle a fait son école primaire au collège catholique San Vicente de Paul (Saint Vincent de Paul) et secondaires à Abel Bravo. Elle est mariée avec Humberto Cerrud et est la mère de Graciela Libertad.
Petite fille d’immigrants grenadins, alors adolescente, elle rencontre un profsseur qui la marquera pour la vie : Alfred Rowe, qui lui apprendra à porter la couleur de sa peau avec fierté et à maintenir son auto estime." Nous sommes noirs et beaux, nous sommes noirs et intelligents", rappelait alors celle qui est à présent la présidente élue de la Cours Suprême au cours de l’entrevue qu’elle nous a accordé.
"J’ai commencé à penser qu’il avait raison, à tel point que je me souviens que lors de la première insurrection estudiantine à laquelle j’ai participé c’était un jour ou j’avais décidé d’aller à l’école avec des tresses. On m’a emmené à la direction, car j’avais fait un canrroll. Cette coiffure était inadmissible et on m’a emmené à la direction. Mon professeur, en signe de protestation est venu à l’école avec des chaussures de couleur différente à chaque pied, une manière de témoigner de ma protestation", se souvient-elle.
Elle nous a confessé deux jours après l’élection qu’elle ne pouvait pas croire que c’était réel, quelque chose de semblable à ce que Ricardo Stevenes disait au cours d’une émission de la radio de Colon: "S’il vous plait…ne me réveillez pas." Une phrase qui résume l’impact et la joie de la communauté afroantillaise, et de ceux qui reconnaissent en la Magistrate Dixon une femme talentueuse et progressiste.
Dans son bureau, derrière elle, au fond à gauche, Graciela Josefina Dixon Caton possède l’emblème qui la définit: une photo de Martin Luther King, le défenseur des droits civils des noirs et à l’ombre duquel elle a grandi.
Traduit de l'Espagnol par Guy Everard Mbarga
Source:http://guyzoducamer.afrikblog.com
http://www.diadelaetnia.homestead.com/Graciela.html
06 août 2007
L'HOMME AFRICAIN
Retour sur le discours de Nicolas Sarkozy à Dakar: Un intellectuel français s'insurge

Ainsi donc, le
déterminisme de la pédophilie était un signe avant-coureur, une mise en jambe
de campagne avant les choses sérieuses. Dans une allocution sidérante prononcée
à Dakar, Nicolas Sarkozy qui ose tout, et c’est à cela qu’on le reconnaît, a
dévoilé le fond d’une pensée qui, si les mots ont un sens, est la parole
officielle française la plus raciste depuis longtemps. Chimiquement pure.
Ainsi donc, «le drame de l’Afrique,
c’est que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire. Le paysan
africain [.] dont l’idéal de vie est d’être en harmonie avec la nature, ne
connaît que l’éternel recommencement du temps rythmé par la répétition sans fin
des mêmes gestes et des mêmes paroles. Dans cet imaginaire où tout recommence
toujours, il n’y a de place ni pour l’aventure humaine ni pour l’idée de
progrès. Dans cet univers où la nature commande tout, [ il ] reste immobile au
milieu d’un ordre immuable où tout semble être écrit d’avance. Jamais l’homme
ne s’élance vers l’avenir. Jamais il ne lui vient à l’idée de sortir de la
répétition pour s’inventer un destin.» Nous y voilà. La chaleur, le
rythme des saisons.
Nicolas Sarkozy a oublié
de concéder que dans cet océan de médiocrité, l’Africain, au moins, avait le
rythme dans la peau et courait vite. Le tableau aurait été parfait. Une
typologie lamentable, qui n’est même pas du néocolonialisme mais du bon vieux
colonialisme à l’ancienne, à la Jules Ferry.
Doit-on rappeler au président de la république ces propres mots, prononcés quelques
jours plus tôt au Mémorial de
Ces mots dessinent-ils le portrait d’un raciste fanatique ? Non bien sûr. Notre
Président ne se lève pas le matin en maudissant les Africains. Mais cela ne
suffit pas à l’absoudre, tout comme il ne suffit pas d’emmener Basile Boli pour
faire passer la pilule. Et être capable de prononcer un discours sur l’homme
Africain, et de toutes ses supposées tares de même que l’on incline à penser
que l’on naît pédophile, c’est incontestablement s’inscrire dans une
anthropologie raciste, une vision rancie et fermée du monde, où l’Europe civilisatrice
et l’Afrique éternelle se regardent en chiens de faïence. Cruelle déception
pour tous ceux qui, indépendamment du reste, pouvaient espérer de la France qu’elle passe un
cap. Solidement ancrée sur sa vigilance face aux aventures impériales états-uniennes,
elle avait en revanche donné trop souvent l’impression d’être frileuse sur les
droits de l’homme, officiellement au nom du très chiraquien «respect de la différence» pour les
régimes en place.
Nicolas Sarkozy, dans son discours au soir de son élection, s’étant présenté
comme le président des droits de l’homme (du moins à l’étranger) on pouvait
espérer de sa part une audace, puisée aux sources du libéralisme politique, qui
aurait permis de rompre avec le paternalisme gaulliste, sans renouer pour
autant avec l’impérialisme. On assiste avec stupeur à une régression inattendue
qui ne manquera pas de nous isoler encore plus aux yeux de nos partenaires
africains. Cette parodie de discours prétendument direct, qui s’autorise toutes
les outrances sur la base de sa sincérité autoproclamée, est une marque
d’infamie.
Reste une question. Dans un pays normal, ces propos devraient mettre le feu au
débat. Mais en ces temps où il est de bon ton d’être décomplexé, tout devient
possible, comme dirait l’autre. Mais, citoyens, commentateurs, représentants,
qu’auriez-vous dit si ces mots, ces catégorisations pitoyables et scandaleuses,
étaient sortis de la bouche d’un Le Pen ? A quels feux croisés aurions-nous
assisté ! Mais non, l’indignation de la presse sénégalaise semble n’avoir eu
d’égal que le silence incroyable de tout ce que nous pouvons compter
d’intellectuels, de ligues de droits de l’homme.
Thomas Heams (maître de conférences en génétique à Paris) in Libération, 02 août 2007
Source: Saoti Blog.
MAMADOU COULIBALY Répond à SARKOZY
J'évoque
toujours ici le président GBAGBO comme étant l'une des résistances africaines
que d'autres dirigeants africains et que la jeunesse africaine devraient suivre. Mais derrière le président
ivoirien se cache un stratège, un fin combattant qui, dans un excellent bouquin
que je recommande à cette même jeunesse africaine, a dénoncé les pseudos accords que la France a coutume d'invoquer
pour justifier son pillage de l'Afrique.
D'ailleurs je ne résiste pas à l'envie de vous donner sa citation que j'ai
faite mienne et dans laquelle il prévient l'hexagone et ses manoeuvres d'un autre temps en Afrique.
"Mais la France doit également avoir
à l’esprit qu’avec la prise de conscience du peuple de Côte d’Ivoire, et sa
maturité politique de 2005, débarrassée des complexes du colonisé des années 60,
aucune démarche de passage en force, même par voie diplomatique, ne peut
constituer une solution durable à la complexe situation qui est le résultat de
la volonté de Paris de mettre au pas la Côte d'ivoire. La jeunesse de Côte d’Ivoire est à l’image de
celle du Togo, du Bénin, du Mali, du Burkina, du Sénégal, du Gabon, du
Cameroun, du Congo et de tous les pays colonisés en Afrique par la France. Les
aspirations de ces jeunes sont les mêmes, et le grondement est identique d’un
bout à l’autre de l’Afrique. Jouer à la sourde oreille, ou vivre dans la
chimère de la certitude de pouvoir tout contrôler comme dans les années 60, est
pour la France Jouer à la sourde oreille, ou vivre dans la
chimère de la certitude de pouvoir tout contrôler comme dans les années 60, est
pour la France et pour
nos dirigeants africains actuels, un risque considérable dont les conséquences
sont aujourd’hui difficiles à mesurer."

Le président de la République française est venu, comme de Gaulle et il
a parlé aux Africains. Qu’a-t-il dit au juste ? Il nous a fait une
série de propositions et d’analyses. Écoutons-le :
«Ce que la France veut faire
avec l’Afrique, c’est une alliance, c’est l’alliance de la jeunesse
française et de la jeunesse africaine pour que le monde de demain soit
un meilleur monde».
Le nom de cette alliance est Eurafrique.
La France s’est mariée à l’Europe et nous vous apportons cette Europe
de même que nous vous apportons à l’Europe. L’Afrique sera dans la
corbeille de mariage de la France avec l’Europe et dans la corbeille de
l’Europe avec le monde. Je suis venu vous proposer une place, comme la
France sait le faire habituellement. Souvenez-vous par exemple des DOM
TOM.
Mais comme vous le savez, l’Afrique est très différentiée. Il y a l’Afrique du Nord. Et il y a l’Afrique noire.
En Libye, donc en Afrique du Nord, où je suis passé, j’ai signé des
contrats juteux d’exploitation de centrales nucléaires et d’uranium.
Des contrats portant sur la défense et autres affaires hautement
stratégiques pour mon pays. Avec l’Afrique du Nord, on ne parle ni de
morale, ni de développement. On ne donne pas de leçons mais on passe
des contrats. On ne lance pas d’appels aux Libyens de l’étranger pour
leur retour dans leur pays. On ne fait pas de promesses d’aides
publiques françaises à la Libye. On parle affaires. Des contrats, des
contrats et encore des contrats. Sur l’uranium, sur la défense, sur le
nucléaire. Trade not aid, telle est notre règle.
Avec l’Afrique noire, avec vous, que dire ?
Je vous ai fait mal, mes bébés.
Hum ! N’en parlons plus.
Mais ne me demandez surtout pas de repentance, puisque vous-mêmes, vous
êtes coupables de vous être laissés battre par mes ancêtres. En plus,
quand mes ancêtres arrivaient chez vous, vous vous décimiez vous-mêmes
déjà sans notre aide. Vous êtes plus coupables que nous.
Nous avons commis des crimes contre l’Humanité. Oui, mais vous n’avez
rien fait pour nous empêcher. En tout cas pas suffisamment pour nous
convaincre que ce que nous avions l’intention de faire était criminel.
Vous êtes coupables de non assistance à personne dangereuse et
d’assassinat de caractères.
Ne rêvez surtout pas à un retour en arrière pour rejoindre votre
prétendu âge d’or qui aurait existé dans le passé. Vous n’avez jamais
eu d’âge d’or. N’en rêvez pas. Le monde ne marche pas à reculons mais
progresse vers l’avenir. L’histoire a un sens. La colonisation a été un
crime contre l’humanité, mais mes parents ont proposé aux vôtres
l’indépendance, qu’ils ont acceptée.
La colonisation c’était l’exploitation de
l’homme par l’homme ; l’indépendance est exactement le contraire. Vos
historiens et autres anthropologues vous mentent. Je vous le dit ici à
vous, les jeunes d’Afrique, à l’Université Cheick Anta Diop.
Devant vos chefs.
Devant vos profs.
Devant votre classe politique, gouvernement et opposition réunis.
Devant vous étudiants, hommes de maintenant et hommes de demain.
Arrêtez de rêver d’un futur qui puisse être le vôtre, à vous tout seuls.
Maintenant, vous m’appartenez définitivement.
Arrêtez d’avoir la nostalgie d’un passé qui n’a jamais existé.
Je vous propose l’Eurafrique.
Vous entrez avec moi dans les bonnes grâces de l’Europe.
Je vous apporte l’Europe comme hier je vous ai apporté l’Esclavage.
Je vous apporte l’Europe comme hier je vous ai apporté la Colonisation.
Je vous apporte l’Europe comme hier je vous ai apporté l’Indépendance.
Je vous vois stupéfaits, n’est-ce pas ? Mais je vous apporte aussi les
moyens qui vous seront propres pour inventer, vous-mêmes, votre avenir.
Oubliez le passé.
Maintenant, vous ne serez plus seulement à la France, mais à l’Europe.
La France, c’est votre héritage occidental. La colonisation vous l’a apporté. Aid not trade. Telle est mon offre.
Ne vous coupez pas de cet héritage. La civilisation européenne vous appartient. A vous aussi.
Renoncez à la tentation de pureté comme nous le faisons en Europe.
Ne répondez pas au racisme de la France par le racisme.
Ne répondez pas à l’intolérance de la France par l’intolérance.
Je sais, je vous ai fait mal, mais laissez tomber.
Allons ensemble dans l’avenir.
Renoncez à la maladie de l’intelligence. Si vous voulez venir chez
nous, pas de problème, nous négocierons votre migration. Nous
déciderons ensemble, pour vous, comment vous viendrez.
Pas en citoyens libres, mais en immigrés.
Vous rêvez de la Renaissance africaine ? Pourquoi pas ! Après tout,
vous avez eu, semble-t-il, l’Egypte et d’autres brillantes
civilisations que mes ancêtres ont battues à plate couture et soumis
depuis des siècles. Oubliez le passé peu glorieux que vos ascendants
vous ont laissé.
Nous vous aiderons à la bâtir, cette renaissance, si tel est votre
désir. Commencez déjà par prendre notre civilisation comme héritage.
Vous voulez la liberté, la démocratie ? Bien. Mais savez-vous que
l’Europe est bâtie sur l’égalité, la justice, le droit, la liberté, la
démocratie et la libre propriété ?
Je vous apporte ces valeurs universelles.
Et n’allez pas chercher ailleurs.
Tout ce que vous voulez, commandez et je vous livre tout de suite.
Nous sommes généreux, nous vous aimons. Ce n’est pas de la pitié, mais c’est notre intérêt.
Ainsi nous a parlé Nicolas Sarkozy, le président de tous les Français.
Que lui dire ?
Merci Sarkozy.
Merci pour tes propositions.
Mais nous, on veut aller dans le monde par le marché et non sous la
protection de qui que ce soit. Nous connaissons le chemin.
Le monde, ce n’est pas que la France; le monde, ce n’est pas que
l’Europe. Le monde, c’est aussi l’Afrique, c’est aussi l’Amérique,
c’est aussi l’Asie. Le monde, c’est ailleurs. Nous voulons choisir
librement notre méthode d’y entrer, notre façon d’y participer. Ce
n’est pas par dégoût, mais c’est notre intérêt et rien que cela.
L’Eurafrique ? Très bien merci. Mais ça sera vraisemblablement comme par le passé.
Il y a déjà les sommets franco-africains.
Il y aura des sommets Eurafricains.
Il y aura une bureaucratie Eurafricaine, comme il y a celle des UE-ACP.
Nous n’avons plus du temps à perdre à négocier lors de sommets de Chefs d’Etat.
Nous allons directement sur les marchés librement avec nos besoins et nos moyens.
Nous ne voulons plus être marchés captifs de qui que ce soit.
Nous voulons redevenir libres. Il ne s’agit pas d’un retour à un
quelconque âge d’or. Il ne s’agit pas d’une option pour nous, mais de
notre survie.
Il s’agit d’être simplement des humains, de vivre comme tels et d’être traités comme tels.
Nous ne voulons pas de traitement de faveur.
Nous voulons avoir notre liberté de choix.
Nous voulons tirer profit des droits imprescriptibles que nous avons d’être propriétaires de nous-mêmes en tant qu’humains.
Nous voulons être libres dans la mondialisation, comme nous ne l’avons jamais été sur les marchés des esclaves.
Sur les marchés coloniaux.
Dans le pacte colonial.
Nous ne voulons pas aller sur les marchés mondiaux enchaînés par des
accords protectionnistes ; ni avec la France, ni avec l’Europe.
N’est-ce pas vous qui avez dit que l’Afrique ne comptait pas pour la France ?
N’est-ce pas vous qui dites aussi que le Niger, avec son uranium, compte énormément pour la France ?
Savez vous que le Niger est un pays d’Afrique ?
La duplicité de votre langage ne nous rassure guère. Vous parlez
d’amour là où le monde parle d’intérêt et d’intérêt là où le monde
parle d’amour.
Nous ne voulons plus de cette protection infantilisante qui vous donne le droit de vouloir:
Tout faire pour nous.
Tout faire avec nous.
Tout faire par nous.
Tout faire sans nous.
Et au bout du compte, tout faire contre nous.
Nous ne voulons plus des accords léonins qui, sous prétexte de vouloir nous aider, nous font plus de mal que de bien.
Nous voulons que Sarkozy
nous laisse faire,
nous laisse passer.
Nous voulons que la France
nous laisse faire,
nous laisse passer.
Nous voulons que l’Europe
nous laisse faire,
nous laisse passer.
Nous voulons que le monde nous accueille comme nous sommes, tels que
nous sommes et non comme la France veut que nous soyons ou que l’Europe
voudrait que nous soyons.
Nous connaissons le mode d’emploi de la mondialisation. Aucun épouvantail ne nous fera renoncer sur la route de la liberté.
L’Eurafrique ?
Pourquoi pas. Merci pour votre offre. Mais nous sommes déjà dans le
monde sous le couvert de l’Europe qui agit par procuration de la
France. Nous ne voulons pas de la mondialisation des servitudes. Nous
voulons celle des libertés. Nous voulons simplement :
De l’économie de marché.
De la société ouverte.
De la société de droit. Ni plus, ni moins.
Sarkozy pourrait-il nous aider dans ce sens ?
A nous libérez des accords précédents ?
Ceux des indépendances ?
Pour enfin nous libérer du carcan post colonial?
Nous ne voulons pas aller dans le monde comme hier nous sommes allés dans l’Europe, par la France.
Nous ne voulons pas de votre liberté en double standard, et sous surveillance.
Nous ne comprenons pas que nos avoirs extérieurs nets en devises soient
déposés au Trésor Public de chez vous. Nous ne comprenons pas que nous
soyons perçus comme des contribuables par l’Etat français, alors que
vous nous ressassez que la colonisation est terminée depuis belle
lurette ?
Nous ne voulons plus de vos accords de coopération qui ne règlent rien, mais qui pillent tout.
Nous voulons être libres de choisir nous-mêmes notre destin.
Libres de choisir nous-mêmes qui nous accompagnera et pour quoi.
Merci de votre sollicitude.
Tu veux que je décide librement ? Soit.
Mais je ne veux pas que tu sois là.
Tu veux que je décide librement ? Mais soit.
Je ne veux pas décider avec toi. Je veux décider seul.
Tu veux que ma volonté se réalise pleinement ? Oui, je le veux aussi.
Mais je ne veux pas réaliser mon destin avec toi. Je veux le faire moi-même, sans guide, ni parrain, ni gourou.
Tu veux t’associer avec moi ? Oui, mais ne me demande pas d’être
exclusivement à toi. D’être ta chose. Je veux être libre de m’associer
avec qui je veux et comme je le veux et quand je le veux.
La mondialisation telle qu’elle est faite
pour moi ne me plait pas. C’est vrai. Je veux la démocratie. Je veux le
droit. Je veux la justice. Je veux la propriété libre. Je veux la
liberté.
Mais je veux aussi la responsabilité.
Nous avons payé trop cher les mirages de la coopération franco-africaine depuis de longues années.
Cette coopération est étatiste.
Cette coopération est collectiviste.
Cette coopération est monopolistique.
Cette coopération est jacobine et rétrograde.
Je crois que l’échange libre est bénéfique et qu’il doit être la règle
de mon jeu dans la mondialisation. Je crois que la concurrence est un
moyen et qu’elle est mon meilleur atout pour réussir à m’enrichir et à
prospérer dans la mondialisation.
Les pires des prédateurs qui nous cachent de la mondialisation sont
ceux qui viennent s’apitoyer sur mon sort et me considérer comme un
grand naïf auquel ils proposent altruisme, protection, aide publique et
humanitaire, mais jamais de commerce responsable.
Le plus grand des prédateurs pour nous est celui qui nous rassemble
dans un enclos que l’on appelle le Pré carré, ou le Champ, et nous
propose de jouer soit au loup et à l’agneau, soit au renard dans le
poulailler.
Nous croyons que la liberté économique annonce et conditionne la liberté politique.
Nous croyons que les esclaves ne peuvent échanger que leurs chaînes.
Que le marché est le propre de l’homme. Que nous sommes des hommes et
que nous voulons échanger autre chose sur des marchés libres d’accès et
de sortie.
Nous croyons à l’économie de marché. Vous vous trompez à notre sujet lorsque vous affirmez le contraire.
Nous croyons au laisser faire et nous nous méfions de toutes les barrières à la concurrence.
Vous craignez l’immigration de la jeunesse africaine en France et en Europe ?
Vous avez tort.
L’immigration subie ou l’immigration choisie ?
Vous posez mal le débat.
L’immigration relève du droit individuel de circuler et est pour nous une des bases de la liberté que nous recherchons.
La France devrait se demander comment une telle liberté pour nous peut devenir un fléau social pour les Français ?
Pour nous, l’étranger a droit au respect de sa vie, de sa dignité et de sa propriété.
Mais nous savons et nous admettons que l’étranger ne peut avoir tous
les droits, car nous savons et admettons qu’il n’y a pas de droits sans
devoirs.
L’étranger doit se soumettre aux règles sociales de la société qui l’accueille.
Vous avez le sentiment que certains étrangers ne respectent pas les
règles de votre société et ont des comportements anormaux ?
Mais ce n’est pas notre faute à nous qui vivons ici dans les pays
d’origines de ces immigrés. Les repousser à vos frontières, contrôler
leur entrée et sortie de chez vous sont de fausses solutions coûteuses,
humiliantes et inefficaces.
Pour vous en sortir, laisser nous vous donner des conseils d’amis et d’alliés.
Abandonnez votre Etat-providence, car c’est lui qui attire l’immigré
que vous craignez. Les forces d’attraction de chez vous sont aussi
fortes que les forces de répulsion d’ici.
De nombreux immigrés apportent à la France leur travail, leur talent,
leur argent. Nombreux aussi sont ceux qui fuient les dictateurs et les
autres régimes liberticides que vous installez chez nous.
Mais les plus nombreux, ceux qui sont
supposés vous faire le plus de mal, sont ceux qui arrivent chez vous,
pour profiter comme de nombreux Français de souche, du parasitisme
offert par votre Etat-providence. Je présume que vous le savez déjà.
Ceux-là vont en France pour toucher des allocations, pour se livrer à
de petits et à de grands trafics, pour profiter des cadeaux qu’offre
l’Etat français à ses propres parasites.
Les places sont gratuites chez vous et elles rapportent plus que chez
nous car votre Etat-providence est plus généreux que les nôtres, et
plus riche aussi.
Nous croyons que par des relations de travail libre, par l’échange
marchand, par le libre échange entre la France et nous, l’immigration
trouvera solution. Or vous nous proposez de nous méfier du laissez
faire pour nous accrocher au protectionnisme offert par nos
Etats-providence rentiers, pâles copies du vôtre.
Nous voulons que les immigrés qui arrivent chez vous, vous donnent plus
qu’ils ne vous prennent, mais votre Etat-providence leur propose la
gratuité pour tout ce qu’ils peuvent avoir. Nous aimons la France pour
sa sécurité sociale. Elle nous épargne de faire de grands efforts
d’adaptation au monde moderne, d’éduquer correctement nos enfants qui y
naissent. Elle nous propose le RMI, les allocations logements, les
prestations familiales. Elle nous propose des revenus à peine
suffisants pour vivre de façon médiocre sans travailler chez vous. Mais
tout cela, vous le savez déjà.
Parmi vos immigrés qui viennent de chez nous
se trouvent les plus pauvres des immigrés, les plus mal éduqués, les
plus délinquants, les plus mal aimés, les plus mal logés.
Votre Etat-providence nous offre une couverture sociale complète dans
des ghettos, des foyers bruyants et violents que vous appelez «logements sociaux».
Les enfants d’immigrés africains vont dans des écoles où l’on n’apprend
presque plus rien, pas même la politesse et le savoir vivre français
que nous admirons de loin, nous qui sommes restés ici au pays. L’école
française ne leur apprend pas même la vertu du travail bien fait, pas
même le respect des autres.
Nous voulons commercer avec une société française compétitive. Mais
votre Etat nous propose des monopoles, des statuts figés, des services
publics, des entreprises protégées.
Les Africains de qualité comprennent de plus en plus que vivre chez
vous, sous la protection de l’Etat-providence les sclérose, ils vont
ailleurs pour être plus compétitifs et faire face aux enjeux du monde
actuel. Ça aussi vous avez du le constater.
Nous pensons que seules des relations marchandes entre la France et
l’Afrique révèleront les opportunités d’embauches en qualité et en
quantité chez vous comme chez nous. Mais vous semblez avoir peur du
marché libre.
Nous ne pensons pas qu’il
soit dans les prérogatives de l’Etat-providence de dire qui est
qualifié pour entrer et s’installer en France pour bénéficier des
droits sociaux. Nous croyons au partenariat direct entre les peuples,
entre les jeunes, entre les entreprises. Vous aimez plutôt les
rencontres au sommet.
Nous immigrons en grand nombre chez vous parce que notre vie ici, du
fait de votre protection bienveillante et providentielle est misérable.
Nous pensons que si vous nous donnez plus de liberté de choix, plus de
libertés économiques, la source principale de cette immigration
artificielle disparaîtra.
Pour vaincre l’immigration qui vous fait tant peur, brisez les enclos
dans lesquels sont enfermés les peuples d’Afrique esclaves de votre
générosité.
Un pays comme le Sénégal a perdu dans les mers plus d’hommes candidats
à l’immigration que la Côte d’Ivoire avec sa guerre ces cinq dernières
années.
L’immigration est aussi un fléau pour nous tant qu’elle sera organisée par votre Etat-providence.
Pour vaincre l’immigration, abandonnez les Etats-providence, abandonnez
les accords de coopération rétrogrades et étatistes.
Pour vaincre l’immigration, nous vous offrons la liberté économique.
Au lieu de l’Eurafrique, nous voulons la Librafrique.
Dans la mondialisation, nous savons que les économies nationales sont
en compétition. Nous envisagions aller en compétition avec ce que nous
avons. Si vous le voulez bien alors laissez nous faire.
Nous envisagions préciser les droits de
propriété de base sur nos terres et nos entreprises d’Etat et les
rendre aux entrepreneurs privés. Si vous voulez nous aider, alors
laissez nous faire.
Nous rêvons d’adopter des politiques macroéconomiques qui nous évitent
les humiliations du surendettement et des déficits budgétaires
insupportables. Si vous voulez le faire avec nous, alors laissez nous
faire.
Nous voulons arrêter de tourner
nos vues vers le passé. Nous voulons regarder l’avenir avec sérénité.
Pour cela, nous rêvons de politiques de croissance fondées sur une
épargne domestique capable de nous rendre aptes à financer nos besoins
d’investissements risqués. Pour cela, nous rêvons d’un système bancaire
moderne qui rompe avec la tradition protectionniste de contrôle des
changes et des banques centrales non indépendantes des zones CFA. Si
vous voulez nous aider, alors laissez nous faire.
Nous voulons plus de flexibilité sur nos marchés du travail. Si vous nous aimez, alors laissez nous faire.
Nous pensons que la lutte contre la corruption est primordiale mais
qu’elle ne peut réussir qu’en prenant de vigoureuses mesures et en
donnant des exemples qui ne mettent personne au-dessus du droit. Si
vous voyez ce que nous voulons dire, alors laissez nous faire.
Nous voulons que notre prospérité soit bâtie en amitié avec tous les
peuples du monde et sans exclusivité. Si vous pensez que le monde est
un village planétaire et que la mondialisation est beaucoup moins une
affaire d’Etat qu’une affaire de liberté d’échanges, alors laissez nous
faire.
Si vous voulez un véritable discours de rupture, monsieur le président
de la République française alors, en plus de définir la politique
africaine de la France, il vous faudra désormais intégrer la politique
française de l’Afrique.
C’est de la
rencontre des ces deux visions sous la contrainte de nos autres
relations que naîtra le monde meilleur souhaité par la jeunesse
africaine et pour lequel elle est prête à travailler avec toutes les
jeunesses du monde. Pour cela, il faut que vous nous laissiez faire.
Les libertés et les droits de l’homme ne se négocient pas. L’autodétermination des peuples est un droit.
Vous ne pouvez pas garder les démocraties pour vous et cultiver les autocraties chez nous. Arrêtez de le faire.
Le marché ne peut pas être pour l’Europe et les bureaucraties pour l’Afrique. Arrêtez de le concevoir.
Encore une fois merci d’être venu et d’avoir parlé comme vous avez parlé.
Votre discours avorté de rupture donne une occasion de rupture
effective à la Jeunesse d'Afrique si discourtoisement interpellée par
vous à Dakar le 26 juillet 2007. Vos désirs de rupture d'avec les vues
de vos prédécesseurs ne nous intéressent pas, d'autant qu'ils n'iront
jamais jusqu'à la remise en cause des fondamentaux de la traditionnelle
politique africaine de la France. Par contre, nous avons avec la
mondialisation l'occasion de rompre avec le modèle de coopération que
la France nous propose. Merci de nous avoir donné l’occasion de vous le
dire.
Parce que nous avons compris que, si pour le moment, la rupture, ce
n'est pas pour vous, nous vous indiquons que c'est avec vous, nouvelles
et anciennes élites françaises, que nous, jeunes d'Afrique, nous
rompons.
Mamadou Koulibaly, Président de l'Assemblée Nationale de Côte d'Ivoire
in Le Messager (Douala, Cameroun) le 06 août 2007
05 août 2007
BRICE HORTEFEUX IGNORERAIT-IL L'ORIGINE DE SON PATRON
La petite valise de Rama Yade.
Revenant donc au Pays
Natal (comme Ségolène Royal tiens donc !), la barbie noire du monarque français, cette fois
avec une grosse valise diplomatique française, Rama Yade a eu ce propos : « En venant de l’aéroport, j’ai pris le même
chemin qu’il y’a vingt ans, mais en sens inverse. En 1987, je suis partie avec
une petite valise et aujourd’hui je reviens secrétaire d’Etat. C’est la vie et
beaucoup d’émotion ».
De valise, Rama Yade a
également oublié de dire que la sienne n'est pas à comparer à celle d'un(e) jeune africain(e)
quelconque. Puisqu’elle ressemblait étrangement à celle qu’elle utilise pour
son retour au pays natal, avec cette différence que c’est papa qui la tenait il
y a vingt ans.
Ceci n’enlevant en rien
le talent de la jeune africaine euh française soit dit en passant. Mais son enthousiasme pour le monarque français montre qu'une certaine jeunesse africaine perpétue le culte de l'idolâtrie de l'homme blanc.
L’incurie volontaire ( ?) de Brice Hortefeux.
Ramenant tout à la France, il avoue tout de même que la France a aussi été servie non pas seulement par l'intermédiaire de sa langue. Ce que le pauvre Hortefeux refuse d'admettre est que la France a toujours été servie non par l'intermédiaire de ce qui lui est propre, mais par ce qui vient de l'extérieur. Elle ne vaut dans le monde que par ce qu'elle tire des individus et surtout des biens d'origines étrangères. D'ailleurs il est curieux que Brice Hortefeux et son patron qui nous conjuguent l'immigration zéro à tous les temps n'appliquent pas ce principe aux matières premières.
Propos qui confirment
davantage l’implication de la France
dans le génocide Rwandais et pour lequel elle était obligée de faire une
commission. Mais pourquoi faire une commission lorsque l’on ne se reproche rien ?
Cette presse a encore
montré ses limites lorsqu’au mois d’août 2005, le premier ministre israélien lançait ses hommes
pour assassiner des femmes et des enfants palestiniens et au lieu d'utiliser les termes appropriés pour qualifier le dirigeant israélien, elle s'est réfugiée derrière sa poltronnerie . Une petite indignation ci et là et rien d'autres.
03 août 2007
POURQUOI SARKOZY comme TOUT AUTRE DIRIGEANT Occidental est INCAPABLE DE RUPTURE
Nombreux sont ceux qui
ont cru à la rupture «Sarkozyenne » annoncée en grande pompe et qui
aujourd’hui se sentent consternés par l’attitude du sémillant président
français à l’aune de la politique africaine de l’Elysée. Excès de naïveté ? Mauvaise
appréciation de la situation ? Fait est que ceux des Africains qui ont vu
en Sarkozy le lamineur de la fin des rapports calamiteux entre l’Afrique et la France sont aujourd’hui à
le regretter amèrement et encore plus depuis son retour de son périple en
Afrique.
De quelle rupture s’agissait-il donc ?
Bien avant son discours d’investiture,
Nicolas Sarkozy avait déjà annoncé la couleur de sa rupture et aujourd’hui à
moins d’être mentalement aveugle, elle est reconnaissable à ses actes. Il ne s’agit
pas pour lui de rompre avec les vieilles recettes qui font les « bons mets
de la françafrique » et son récent voyage en Afrique vient de le prouver
si besoin était.
C’est la seule vraie rupture opérée par Nicolas Sarkozy. Celle qui laisse libre court à toutes les idées dégradantes, négrophobes possibles, à tous les actes violents et meurtriers à l’endroit des Noirs sans impunité. C’est de cette rupture que parlait le roi de France.
Car une telle rupture suppose
ne peut plus avoir le contrôle sur le continent comme c’est le cas
actuellement de la part des Occidentaux d'une part et consisterait à rejeter les instruments de soumission que
nous connaissons tous de la part des Africains. Les derniers sont-ils prêts à cet exercice qui demande beaucoup de courage et d'abnégation ? Là est le noeud du problème. Ce n'est pas Sarkozy qui a besoin de la rupture et cela il ne faut jamais l'oublier.
Et entrer dans ce processus consiste à se considérer comme cet
individu qui a entrevu la possibilité de se voir libre, ainsi le disait Albert
Memmi “Lorsqu’un opprimé a entrevu la
possibilité d’être libre et qu’il accepte d’en payer le prix, il est vain
d’espérer encore la paix pour longtemps”.
Les Africains sont-ils plus dans l’attitude d’opprimés ou de privilégiés à ce jour ? A en croire
le déni par ces derniers de toutes les exactions dont ils ont été victimes par le passé et encore à ce jour, le minimalisme de certains qui les poussent à des compromissions, à se contenter des miettes qu'on veut bien leur accorder, la rupture est encore bien loin de nous.









