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La vérité est comme les fesses, on est obligé de s'asseoir avec

06 septembre 2007

DE GUY MÔCQUET A JULES FERRY: L'école de l'identité nationale.

colonfr

En prenant la direction de la France il y a quelques mois déjà, celui qui réunit tous les qualificatifs sous le préfixe "Omni" s’est donné, parmi ses nombreux projets, le lifting de l’histoire comme priorité première, quitte à la travestir ou à s’en servir pour des raisons fallacieuses. Pas étonnant donc que l'identité nationale soit l'axe central de cette démarche.

Mission ô combien délicate et sensible lorsque, comme le président français, on l’aborde sans tact, avec beaucoup de mépris et d’enthousiasme et surtout avec le zèle en guise d’argument intellectuel.

Depuis un moment déjà dans l’hexagone, la  "révisitation historique" a pris le pas sur l’activité purement intellectuelle de recherche, la paresse des historiens hexagonaux en matière de recherche est monumentale,dès lors qu’il s’agit de l’histoire Africaine. Des raccourcis en tout genre aux déclarations péremptoires de pseudo historiens poussent de nulle part et s’imposent comme des références .

A vrai dire ceci nous importerait peu, si nous n’avions pas à nous confronter à ces gens, car ils ne peuvent faire autrement que prendre leurs contre-vérités pour des théories universelles immuables et valant pour paroles d'évangiles. A vrai dire, cette incapacité à produire un pur travail intellectuel digne les rend encore plus vils que l'acte de pure méchanceté qui anime cette démarche.

Nos enfants, nos jeunes frères et sœurs confrontés en permanence à cette manipulation et à ce détournement éhonté et volontaire de la vérité, doivent toutefois pouvoir se décomplexer et se préparer à ne plus subir de plein fouet la violence de cette révisitation historique dont les chevilles ouvrières sont des gens comme Max Gallo, Grenouilleau etc..

 Il y a quelques mois encore le président de la république française demandait aux élèves de s’imprégner de la lettre de Guy Môcquet, lettre rédigée quelques jours avant son exécution. Une lettre assez saisissante, de par la capacité de ce jeune de 17 ½ à faire courageusement face à la mort.

Je salue le réalisme et le stoïcisme de ce garçon qui, se sachant "perdu" a pu trouver la lucidité nécessaire pour transmettre l’espoir à ses parents. En cela, je pense que les jeunes Africains devraient s’inspirer de ce garçon pour trouver la lucidité nécessaire afin de résister à l’agressivité, à la barbarie du système à leur endroit. Quel est le sens du choix par le président de la république française, de ce jeune "héros" ? Les experts français pourront mieux que moi y apporter une explication.

Nous pouvons, somme toute quand même, pour reprendre un brillant esprit dont l'oligophrènie semblerait génétique, qui disait ceci :"Les Noirs n'ont aucune conscience de la fraternité Noire, ça n'existe pas ça ", dire que le jeune Guy Môcquet est mort à cause de la férocité, de la monstruosité des Blancs, car chez eux, l'amour du prochain n’existe pas et conclure comme Paul Valéry que : Ce n’est donc pas les allemands qui tuent Guy Môcquet, mais c’est la férocité maladive des blancs. Eric Zemmour ne dira pas le contraire.

Le courage de ce jeune Garçon ne doit pas faire oublier aux enfants noirs étudiant en France qu’ils ont plein de héros noirs sans lesquels, face à la détermination des Allemands, la France serait devenue qui sait un land de l'Allemagne. Alors pas de complexe à développer. Et le but ici, n'est pas de parler de ces "Noirs" qui ont permis au pays de Jules Ferry (qui serait mort d'un malaise cardiaque peut-être s'il avait encore été là) de se libérer du résultat de ses collaborations et de ses pactes avec des idéologies nauséabondes.

 Toujours pour poursuivre son ambition déclinée en projet pour son pays, les enseignants sont, depuis avant hier, mis à contribution et pour ce faire, l’omniprésident s’inspire aujourd’hui de Jules Ferry, en leur adressant un manifeste que Gérard Aschieri, secrétaire général de la FSU, juge en ces termes : ce texte "brillant" n'est pourtant "pas à la hauteur des défis réels" de l'école, "le poids des inégalités sociales" en étant "complètement absent". Les "envolées lyriques", note le SNES-FSU, majoritaire dans le secondaire, masquent mal les "contradictions". Il est donc inutile pour moi de m’attarder là dessus, puisque les concernés le font certainement mieux que moi et peut-être pour des raisons différentes des miennes. Il y a néanmoins une constante qui réapparait : Les contradictions de l’omniprésident.

Il est cependant important que la jeunesse africaine qui entendra surement parler de Jules Ferry avec plus d'écho comme de biens d’autres personnages présentés comme humanistes, soit informée de la réalité du personnage. L’histoire, comme la conçoit le nouvel homme fort de la république et ses scribes devenus pour la circonstance des sbires, a pour but, de violenter la vérité en peignant des monstres en humains. Ces monstres humanisés que les jeunes africains ont appris et continuent à glorifier parce qu’ils ne sont pas toujours bien informés.Même si dans le contexte français, il a libéré l’école des mains de l'église, Jules Ferry doit être considéré et s’insérer dans la mémoire des Africains comme un chantre de la haine de l’Africain et du Noir tout simplement.

    Défendant comme Gobineau l’infériorité des races, il voit donc l’exploitation des colonies et des hommes qui n’appartiennent pas à sa race, leur déniant tout droit en ces termes : " La déclaration des droits de l'homme n'avait pas été écrite pour les Noirs de l'Afrique équatoriale". On se demande si cette déclaration l'était pour l'afrique occidentale, australe etc..comme laisse suggérer le propos de Ferry. Evidemment qu'elle ne l'était pas pour les Africains, puisque la barbarie et la cruauté était une donnée bien omniprésente en Europe. Ce ne sont pas les Africains qui allaient massacrer les indiens, ou les aborigènes non plus. Arriver à mettre sur Papier, que les Hommes ont des droits, prouve le degré de férocité qui habitait la société occidentale et que le respect de l'autre n'allait pas de soi. Leur Histoire le témoigne encore. C'est cette cruauté qu'ils essaient d'introduire dans d'autres sociétés afin de ne pas en détenir l'exclusivité. Cette magnanimité qui est loin de prévaloir lorsqu'il faut partager, les richesses pourtant pillées ailleurs.

Avec la verve qui le caractérise, il va jusqu’à faire la démonstration de cette infériorité dans des débats parlementaires face à ses collègues en déclarant : "Je vous défie de soutenir jusqu’au bout votre thèse qui repose sur l’égalité, la liberté, l’indépendance des races inférieures. Messieurs, il faut parler plus haut et plus vrai ! Il faut dire ouvertement que les races supérieures ont un droit vis à vis des races inférieures."

Ne se sentant pas assez convaincant peut-être, Jules Ferry assène encore et soyons fairplay en reconnaissant la pertinence de son raisonnement lorsqu'il pose la question: "Si la déclaration des Droits de l’Homme a été écrite pour les Noirs (...) Alors de quel droit allez-vous leur IMPOSER les échanges et les trafics ? (...) Il y a pour les races supérieures un droit, parce qu’il y a un devoir pour elles. Elles ont le droit de civiliser les races inférieures".

Jules Ferry, comme nombreux de ces penseurs de l’économie des colonies, justifiait et jetait les bases de la politique du pillage de l’Afrique, politique que Nicolas Sarkozy entend aussi poursuivre malgré le masque de la rupture. Jules Ferry était dans une obstination, une obnubilation, un acharnement qui ne laisse aucune place à la raison.

"La question coloniale dans un pays comme le nôtre, dont le caractère même de l’industrie est lié à des exportations considérables, est vitale pour la conquête des marchés. De ce point de vue (...) la fondation d’une colonie est la création d’un marché"

"Messieurs, au temps où nous sommes et dans la crise que traversent toutes les industries européennes, la fondation d’une colonie, c’est la création d’un débouché. On a remarqué, en effet, et les exemples abondent dans l’histoire économique des peuples modernes, qu’il suffit que le lien colonial subsiste entre la mère-patrie qui produit et les colonies qu’elle a fondées, pour que la prédominance économique accompagne et subisse, en quelque sorte, la prédominance politique."

Résistant même à la voie/ la voix de la raison de Georges Clemenceau qui, à cette époque fait montre de quelque compassion et de lucidité dans cette jungle de prédateurs sans  scrupules.

« Voilà l’histoire de votre civilisation ! […] Combien de crimes atroces, effroyables ont été commis au nom de la justice et de la civilisation. Je ne dis rien des vices que l’Européen apporte avec lui : de l’alcool, de l’opium qu’il répand, qu’il impose s’il lui plaît. Et c’est un pareil système que vous essayez de justifier en France dans la patrie des droits de l’homme ! » (1)

Les jeunes Africains sur le territoire hexagonale, doivent avoir ceci en esprit: les  héros français ne sont pas les leurs, car le référentiel n'est pas le même pour tous.

1 [Voir texte en entier]

Posté par MBOA à 19:44 - POLITIQUE ET MENSONGE - Commentaires [1] - Permalien [#]

Commentaires

    excellent Mboa

    Mboa, tu es le seul sur qui l'on peut compter actuellement chez les bloggeurs, qui n'a jamais pris un autre cap.
    D'ailleurs tu frappes tellement juste que même dans de grands éditoriaux on n'en parle.
    Un autre article intéressant :http://www.liberation.fr/rebonds/271965.FR.php

    Posté par Zeb, 07 septembre 2007 à 09:36

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