22 mars 2008
OBAMA: DESTRUCTEUR DE SYMBOLE ou DESTIN à la JFK ?
Certains le voient déjà comme le messie qu'annonçait Martin Luther King dans son célèbre "I have a dream". Pour d'autres, c'est à coup sûr le prochain président des états-unis, bref comme de nombreux médias le disent, le phénomène "OBAMA" est en marche.Etrange coïncidence avec un autre enfant des états-unis; et si les destins étaient similaires au cas ou l'ascension d'Obama le porterait à la tête de l'administration américaine ?
Dans toute cette marée voire cette furia, dont le vecteur est, sa qualité de candidat "Noir" aux élections présidentielles du pays apparemment le plus puissant du monde, le spectateur moins averti [je m'y classe volontiers] s'y perd et subit de plein fouet la violence de cet engouement qui devrait plutôt nous laisser interrogateur à la lumière du destin ou alors devrais-je dire les destins de tous ceux ou celles qui, à un moment donné de l'histoire, ont incarné l'espoir en général et en particulier celui des "Noirs".
Un simple détour dans les écritures dites saintes, montre cruellement ce qu'a été le destin de celui qui, selon ces mêmes écritures, portait l'espoir de tout un peuple, celui de l'humanité. Peu importe la polémique, sur les auteurs de ce crime, fait est que Jésus a bel et bien été mis à mort pour avoir eu la lourde responsabilité de porter l'espoir et d'incarner le refus de l'ordre établi. C'est donc dans cette symbolique qu'il semble important de lire et de comprendre le phénomène Barack Obama, aussi à la lumière de ses illustres aînés tels que: Malcom X, Martin Luther King, Steve Biko, Lumumba Patrice? Um Myobé , Chaka Zulu etc....
Lorsque l'on regarde en profondeur la liste des noms de ceux qui, avant Obama, ont porté l'espoir des noirs, ou perçus comme tels, de l'Afrique en passant par les états-unis, le constat est clair et assez parlant. Ils ont été froidement exterminés pour avoir représentés une menace pour le symbole. Et fait encore plus curieux, ils sont des années plus tard, glorifiés, magnifiés par ceux et celles qui les ont tués. C'est dire combien les porteurs d'espoir du peuple Noir sont adulés, lorsque morts, car ne sont plus là pour porter la dynamique de la destruction du symbole ou le menacer de quelques manières.
Obama est
aujourd'hui la nouvelle menace de ce symbole. Ce symbole de la
suprématie des blancs sur les autres et surtout sur les noirs. C'est un
ordre établi et qui est sans cesse mise à jour et rappelé par la
situation sociale du noir aux états-unis comme partout ailleurs.
Symbole que rappelait encore quelques mois, James Watson dans sa
déclaration ou qui est tous les jours expérimenté par des actes
négrophobes qui bénéficient d'une impunité totale lorsqu'ils ne sont
pas niés, dans le monde occidental qui ne s'en cache plus. Il n'est pas
inutile de rappeler le propos révélateur de Louis Agassiz: "J'ai de tout temps estimé que
l'égalité sociale ne pouvait être mise en œuvre. C'est une impossibilité
naturelle qui découle du caractère même de la race noire ".
Il n'échappe
donc à personne que, malgré le caractère mélangé de son sang, Barack
Obama est vu comme un noir dans les deux camps et plus dans celui dont
le symbole de suprématie est menacé. Et dans cette course à la
"noiritude" d'Obama, la presse française n'a pas son pareil et pour
cause. L'élection d'un noir au états-unis aura plus de conséquences en
France que nulle part ailleurs en occident où l'image du noir est
encore aux définitions qu'en faisaient les Gobineau, Holevacque,
Montesquieu etc.... C'est la raison pour laquelle, il faut maintenant
plus que jamais, faire sortir tous les clichés éculés et violenter
davantage l'image, l'inconscient collectif pour ne pas laisser installer
une prise de confiance, par conséquent empêcher une prise de conscience chez
les noirs et chez les autres un changement d'attitude donc de mentalité.
Avec la présence
d'un noir à ce stade des élections présidentielles aux états-unis,
c'est une véritable lutte symbolique qui est engagée. Car si
d'aventure, par un quelconque miracle Obama est président des
états-unis, c'est l'écroulement des thèses de la suprématie de la
"race" blanche qui est amorcé; c'est la fin de la prétentieuse idée qui
habite en secret la majorité hélas d' individus de race blanche, et
permet d'entretenir la flamme de leur prétendue supériorité sur tout
individu de race noire.
Barack Obama
réussira t-il a vaincre la capacité de nuisance du symbole ? That is
the question . Même s'il réussissait à gravir la plus haute marche de
l'administration américaine, son destin ne sera pas loin de celui de
John Fitzgerald Kennedy. C'est une question de mentalité à changer et à
ce stade, un certain type de "blanc" n'est pas encore prêt à croire en une égalité de l'humanité.
