Esprits Libres: votre Magazine De la Françafrique à la Chinafrique: La rhétorique de diversion - MBOA

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La vérité est comme les fesses, on est obligé de s'asseoir avec

12 juin 2008

De la Françafrique à la Chinafrique: La rhétorique de diversion

Malgré le ton franc que l'on serait tenté de prêter aux journalistes Serge Michel et Michel Beuret sur leur interview sur l'Afrique par rapport à la présence chinoise sur le continent africain, il faut néanmoins être capable de reconnaitre que le choix du nom "Chinafrique" est une option voire une ruse qui permet à ces journalistes, inconsciemment ou non, de faire croire que la Chinafrique est le versant asiatique des exactions et des maux que la France a érigés en Afrique comme mode de fonctionnement dans ses rapports avec le continent. Nous sommes loin, très loin de cette caricature que les deux journalistes ont voulu transmettre par le choix du nom de Chinafrique.

Non ! La Chine n'est et ne sera pas le miroir asiatique à travers lequel la France voudrait se regarder en se découvrant belle,  pour une fois de plus, négliger, minimiser voire nier sa nuisance, sa haute nocivité sur la partie francophone du continent. La Chinafrique est constructive, dynamique et salvatrice pour les africains, il suffit qu'ils le veulent.
La Françafrique, on ne le dit peut-être pas assez a fait et continue de faire plus de dégâts comme jamais aucune autre idéologie n'en a faits dans l'histoire. La Françafrique, c'est l'autre mot pour dire Mort de l'Afrique .
Roland Pré, la définissait ainsi : " Je suis fortement ému parce que le peuple camerounais s'est laissé un instant entrainer par certains trublions que la justice française ne manquera pas de châtier. C'est vraiment choquant d'apprendre que le Cameroun veut obtenir en moins d'un quart de siècle, ce que la France a obtenu en plusieurs siècles, c'est-à-dire l'étape de l'indépendance." Le lecteur averti remplacera le mot "Cameroun" par "Afrique" pour mieux comprendre le sens de la définition de cet officier français et du rôle que joue la France pour anéantir l'Afrique.

La Chine, comme toutes les autres puissances lancées dans le concert de la domination du monde par l'économie, ne vient pas en Afrique pour jouer à la gentille ou pour conjurer le sort des africains; elle vient d'abord et surtout pour son intérêt. Et nous le soulignons également, il appartient aux africains de savoir tirer profit de ce coup de pied chinois dans le cambouis françafricain et de la possibilité, la chance qu'est la Chine aujourd'hui, de se défaire "enfin" d'une présence française encombrante, nuisible et source de non développement de l'Afrique francophone par ses multiples politiques de prédation des biens et de répression des africains soucieux du bien-être de l'Afrique au profit des valets dictateurs tous à sa solde. La présence française est l'opium qui a pendant longtemps toujours endormi les africains et à ce jour, la Chine est l'antidote à ce poison.

Le prisme du regard de la chine sur le continent africain n'est pas le même utilisé par la France et les autres puissances colonisatrices dont l'unique but est la dépossession par l'acculturation.  A moins d'être aveugle, la chine a, en moins de 5 ans de présence effective sur le sol africain, fait plus que les donneurs de leçons français et les autres n'en ont fait.  Il faut avoir le goût de la culture de la malhonnêteté, du cynisme pour essayer de l'attaquer sur le terrain du respect des droits de l'homme en Afrique et ailleurs comme c'est la mode actuellement. En ce qui concerne l'Afrique, elle ne porte pas le sang de nombreux africains assassinés sous le sceau de l'apport de civilisation et de bien-être dans sa conscience, ce qui est loin d'être le cas des occidentaux et de la Françafrique plus précisément.

Si tenté que l'on soit d'admettre que par le biais de cette interview, un plaidoyer pour le bien-être de l'Afrique est lancé, celle-ci laisse plutôt mal transparaitre une préoccupation qui se traduit par la perte d'espace et d'influence de la France en Afrique en usant de la rhétorique anti-françafricaine. Cette pratique voire cette manœuvre d'utilisation du misérabilisme est ancienne et rodée, ce ne sont pas nos "amis" communistes et socialistes de France particulièrement qui nous démentiront.
Ces journalistes ont-ils jamais critiqué auparavant dénoncé les comportements troubles et méprisants sur les droits de l'homme  par exemple (rien que cela) de la France en Afrique, pour aller s'interroger sur les bienfaits ou non de la présence chinoise en Afrique ? Les Africains ne sont-ils pas assez "majeurs" et intelligents pour faire la part des choses ? La France doit se rendre à une évidence: la nouvelle génération d'africains n'est plus disposée à la laisser faire tout et n'importe quoi encore moins à se laisser duper par quelconque rhétorique.

La Chine n'est pas la panacée aux problèmes de l'Afrique et les africains ne le pensent pas et en sont conscients, car comme le souligne avec une justesse implacable Achille Mbémbé "Personne, à part les africains eux-mêmes, ne sauvera l'Afrique", mais , elle est un début de solution sinon la voie de solution au problème que la France, par une présence paternaliste et plutôt "encombrante" pose.

Posté par MBOA à 15:38 - Commentaires [5] - Permalien [#]

Commentaires

    L'amant éconduit !

    L'attitude de ces journalistes français doit être rapprochée de celle qu'aurait un amoureux qui a perdu sa place dans le coeur de sa bien-aimée. Décrié le nouveau venu pour cacher son amertume est une attitude très agréable.
    Cependant, quand tu dis que la Chine est l'antidote de la Françafrique, je ne suis pas d'accord. Je crois que l'Afrique doit désormais faire jouer la concurrence. Ce qu'il faut éviter ce sont les contrats sur de trop longues périodes sans la possibilité de renégocier. Quant au mal que la France a fait à l'Afrique, il sera difficile de trouver son équivalent en terre africaine avant très longtemps. Ces journalistes français dont tu parles sont tout siplement des mauvais perdants.

    Posté par St-Ralph, 12 juin 2008 à 16:37
  • un amoureux éconduit ? la France et l'Afrique ?! le minimun syndical, dans une relation amoureuse, c'est le respect de son alter ego. Je suis tout à fait d'accord avec l'analyse de Mboa

    d'autre part, dans cet article, les journalistes déplorent que les chinois ne se mêlent pas à autochtones et ne fassent pas beaucoup d'efforts pour apprendre la langue locale.... le comble de la mauvaise foi typiquement française (mais au fond, qu'attendre d'un pays qui considère la colonisation comme bénéfique ...?)

    Posté par MD, 12 juin 2008 à 20:30
  • Tout à fait d'accord !

    Bonne Analyse Mboa. Par tous les moyens, la France essaiera de déstabiliser l'opinion pour faire croire que la Chine est dangereuse pour l'Afrique.
    Pourtant, vaut mieux à ce jour, être avec la chine pour l'Afrique afin d'avancer dans les infrastructures.

    Posté par Jahmann, 13 juin 2008 à 10:46
  • Mais je rêve ou quoi l'Afrique qui devient subitement la bien-aimée de la France après quatre siècles de cruauté il faut arrêter ce discours paternaliste. Ces gens nous ont toujours en***és à mort avec la traite de noirs européenne avec le code noir avec la colonisation et maintenant avec le néo-colonialisme. Il faut dire à ses journalistes que leur tentative de perpétuer cette dernière est bien maigre.
    Merci Mboa très bonne analyse.

    Posté par Imhotep, 23 juin 2008 à 06:03
  • PEKIN AIME LES NEGRES, MBOA!

    Un petit message pas négligeable pour toi, MBOA!
    Cela ne m'étonne pas du tout!!!

    Voici :

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    accueil >> actualités : asie >> Revue de presse - 18 juil. 2008

    CHINE-JO • Les Noirs interdits de bistrot à Pékin

    A quelques semaines du lancement de la grand-messe olympique, la lutte contre les "fauteurs de troubles" potentiels s'amplifie. A Pékin, des propriétaires de bars viennent de recevoir l'ordre de ne plus servir les Noirs.

    En contradiction avec le slogan officiel des Jeux – One World, One Dream –, les autorités chinoises préparent secrètement l'interdiction d'entrée dans les bars de la capitale aux Noirs et aux autres populations "socialement indésirables".

    Les propriétaires de bars situés dans le centre de Pékin ont déclaré au quotidien South China Morning Post qu'ils avaient dû, sous la contrainte du Bureau de la sécurité publique, signer un document dans lequel ils promettaient de ne pas laisser entrer les Noirs dans leurs établissements.

    "Des responsables du Bureau de la sécurité publique sont venus ces jours-ci, en civil, pour me demander de ne pas servir les Noirs et les Mongols", a déclaré au journaliste du South China Morning Post le copropriétaire d'un bar au style occidental qui a souhaité conserver l'anonymat. Selon les propriétaires de ce bar, les autorités de la capitale sévissent contre les Noirs et les Mongols afin de réprimer le trafic de drogue et la prostitution à la veille des Jeux.

    Quelques mois auparavant, la police pékinoise avait lancé une opération d'envergure contre les Noirs, habitués des bars du district de Sanlitun, le quartier des expatriés de Pékin où se concentrent les bars occidentaux.

    Le document qu'ont dû signer les tenanciers de bars de Sanlitun ne se limitait pas à l'interdiction de servir les Noirs ; ils devaient également promettre de suspendre, le temps des Jeux, certaines activités telles que la danse ou les concerts. Ils ont pu conserver des copies de ce document, à l'exception des pages concernant l'interdiction de servir les Noirs. Les autorités se méfieraient des accusations de racisme que pourrait déclencher la révélation de telles mesures.

    Au cours des dernières décennies, la présence de Noirs dans les grandes villes du pays a suscité des réactions violentes de la part des Chinois. Régulièrement, des manifestations réunissant des centaines de milliers de personnes sont organisées pour protester contre la présence des étudiants africains. On reproche à ces derniers de sortir avec de jeunes Chinoises.

    "Le gouvernement local tente de contrôler tous les aspects de ce que vont vivre les étrangers pendant les Jeux", a déclaré au South China Morning Post David Mitchell, un musicien de jazz résidant à Pékin, pour qui il devient de plus en plus difficile de trouver des lieux de concert dans la capitale. "Tout vise à créer l'impression d'une stabilité sociale, mais ils ne comprennent pas que cette impression de stabilité est précisément le préjugé, d'ailleurs infondé, que les étrangers ont sur la société chinoise, celui d'une société totalement contrôlée et qui n'a pas vraiment de vie culturelle".


    On peut torturer des animaux quotidiennement en tout quiétude, les noirs avec!

    Posté par DANIELLA, 19 juillet 2008 à 14:17

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