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La vérité est comme les fesses, on est obligé de s'asseoir avec

18 octobre 2008

LA FRANCOPHONIE et ABDOU DIOUF: Une histoire d'esclavage intellectuel ?

"Je ne dirais pas qu'il est menacé, parce que lors de mes voyages à travers le monde, je me rends compte qu'il y a une très grande demande de la langue Swahili". Incroyable mais vrai ! C'est bel et bien Abdou Diouf, président de la francophonie qui l'affirme.

Une fois revenu dans la réalité, on se rend compte que ce n'était qu'un rêve. C'était réellement très beau pour être vrai. Ce qui attriste encore plus cette réalité, est le fait que de les propos exacts, symboles de cette mort annoncée des langues africaines, sont tenus par un africain et la question est de savoir quand est-ce que le rêve deviendra réalité avec de farouches adversaires à l'instar de Abdou Diouf ?

"Je ne dirais pas qu'il est menacé, parce que lors de mes voyages à travers le monde, je me rends compte qu'il y a une très grande demande de la langue française ". Quel drame pour l'Afrique ! Nous nous imaginons le dialogue en français entre l'auteur de cet aveu d'abdication, d'incapacité et d'une copieuse félonie et ses parents dans le Sénégal profond.

Hier s'est ouvert au Québec, le sommet de la francophonie, institutions nous dit-on suggéré à De Gaulle par Léopold Sédar Senghor (l'helléniste de son état), dans le but de promouvoir le français et aujourd'hui dirigé par un autre ancien gouverneur de France au Sénégal, Abdou Diouf.

Ceux qui suivent bien cet instrument de perpétuation de la domination française que Mongo Béti définissait par ces mots: " La francophonie est une stratégie de contrôle de notre créativité et même de notre devenir", savent bien que les français sont eux-mêmes  incapables de porter leur langue et que sans cette "aide" bon marché des colonies africaines, pour la plupart, le français n'aurait aucune valeur ajoutée. Ce n'est, dirons-nous qu'un problème franco-français. Et à la place de ces derniers que ferions-nous si des gens, se proposaient de porter notre culture sans qu'on le leur demande ?

Le propos n'est pas ici de s'en prendre à la langue française comme canal, moyen ou outil de communication mais de nous interroger sur le fait qu'un africain, incapable de promouvoir le Wolof, le Swahili ou une autre langue africaine, mette tant d'énergie et d'entrain à défendre une langue, une culture qui n'est pas la sienne mais qui l'en éloigne par tous les moyens par ailleurs (Français comme langue officielle, floraison des centres culturels français etc.....).  Le rôle de la langue dans l'édification d'une personne, d'une société, d'un peuple n'est plus à faire et l'on sait encore que le meilleur moyen d'assujettir, d'esclavagiser un peuple est de passer par la langue. Comment des africains peuvent-ils être ceux qui mettent en esclavage leur propre peuple ?

De Senghor à Diouf, et même Wade (nous noterons qu'en plus d'avoir été gouverneurs et d'être gouverneur de France au Sénégal, ils ont eu, et ont pour épouses des femmes blanches.)*, la langue française trouve ses ardents défenseurs chez les africains.  Il est aisé de comprendre cette fameuse boutade du journaliste du figaro Eric Zemmour, lorsqu'il affirme " L’esclavage des Noirs a été inventé par les Noirs, en Afrique, c’est eux qui vendent les autres Noirs parce qu’ils n’ont aucune conscience de la fraternité Noire, ça n’existe pas ça ". Oui! Ce que font ces africains qui, au lieu de considérer le français comme un instrument, un outil de communication plutôt que de le défendre, de faire son éloge au point d'en devenir ses adorateurs font de l'esclavage des autres Noirs.

D'autant plus que, Abdou Diouf continue en ces termes ".....  Notre but n'est pas de combattre cette langue (parlant de l'anglais ). Mais nous voulons que ce monde ne soit pas caractérisé par une hégémonie linguistique ou culturelle".
Soit Abdou Diouf considère comme ses "maitres" que le monde est tout sauf l'Afrique alors preuve est faite une fois de plus et les africains doivent se rendre compte du mal dont souffrent certaines de ses élites; ou alors c'est faire preuve d'une immense incurie que de ne pas se rendre compte de la contradiction.

L'Afrique francophone ne souffre t-elle pas de l'hégémonie linguistique et culturelle du français ? A moins d'être intellectuellement aveugle pour ne pas le voir.

* D'aucuns nous parlent de racisme lorsqu'on met le doigt sur le fait que certains présidents africains aient pour épouse des femmes blanches. A ces détracteurs de premier degré, nous posons la question: Pourquoi ne revendiquent-ils pas aussi que les présidents français prennent pour épouse des femmes noires ? Aussi nous les renvoyons à cette réponse fort instructive de Michel Drucker à l'endroit de Calixte Beyala: " Que dirait la France profonde qui me regarde et la presse, si j'épousais une femme noire ? ".  Une interrogation que certains africains ont peur d'affronter, car incapables d'apprécier les valeurs humaines, culturelles et autres que comporte l'Afrique.

Il est temps que les africains commencent donc aussi à tenir compte de l'Afrique profonde en la protégeant et non en la vendant à vil prix.
 

Posté par MBOA à 13:54 - FRANCOPHONIE - Permalien [#]