31 octobre 2008
ET SI AREVA était le plus grand esclavagiste au NIGER ?
Nous apprenons par la plume de Christophe Châtelot qu'une cour régionale africaine (la Cour de justice de la Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest (Cedeao)), condamne le Niger pour esclavage. Tout ceci est visible et lisible ici ou : Une cour regionale africaine condamne le Niger pour esclavage. doc
Il n'est pas question ici de flirter ou de surfer dans un angélisme béat et de réfuter en bloc les allégations du journaliste de "Le Monde". Cette partie du monde en effet est, tout comme le Soudan, la Mauritanie où cohabitent des populations aux obédiences religieuses différentes telles l'Islam, le Christianisme, le théâtre de frictions, de tensions et d'agissements répréhensibles et inhumains tels que le tribunal régional a eu raison de donner justice au respect de l'humanité de chaque individu via le cas de la jeune Hadijatou Mani. Et c'est l'occasion ici de décrier ces pratiques d'un anachronisme certain, d'une barbarie indicible dont on sait les racines bien encrées dans un leadership religieux (dans le cas de ces pays) entre les idéologues dogmatiques et obscurantistes de tous les bords.
Sans le dire, on note dans l'esprit de l'auteur de l'article, l'envie inavoué de mettre en exergue une idée qui obnubilent les historiens idéologues occidentaux: faire partager la responsabilité et ainsi réfuter l'unique responsabilité et implication sans commune mesure de l' Europe dans la déportation et la mise en esclavage (sans précédent dans l'histoire de l'humanité) pendant plus de 4 siècles les Noirs. Cette pratique dont la finalité était d'exterminer les Noirs par le travail. Il fallait tuer les Noirs en s'enrichissant en même temps sur leur dos. Viols et autres exactions étant également des réalités quotidiennes de ces esclaves Noirs. Cette tendance entérinée par les très excellents travaux de Olivier Grenouilleau Pétré dont on sait que l'auteur de ses sources a eu l'honnêteté de dire que ses travaux ne sont pas fiables. C'est ce qu'on appelle bâtir une "vérité" sur du mensonge.
Sans vouloir aseptiser le calvaire de ces pratiques barbares sur les filles et les enfants par ces esclavagistes d'un nouveau genre, il est cependant important de signaler que les finalités, comparées aux pratiques occidentales d'antan et même de l'époque ne sont pas les mêmes. Et l'auteur le fait ressortir dans son billet lorsqu'il souligne par " ". En tout esclave donc, habite un individu libre. Donc même sans rentrer dans un débat sémantique, l'esclave africain avait ou a un statut que l'esclave sous les conditions occidentales aurait envié. Son condition d'esclave étant limité dans le temps, alors que l'occident visait l'extermination de son esclave par le travail.
Que la CEDEAO dénonce et condamne cette infamie, nous ne pouvons que nous en réjouir, mais faut-il pour autant s'en réjouir ? Non ! Et nous devons nous emporter contre ces traitements de faveur selon que celui qui met en esclavage est fortuné ou pas.
Le cas AREVA
Qui n'est pas au courant des pratiques et des scandales du groupe AREVA au Niger ? Ces pratiques sont-elles différentes de la mise en esclavage décriée par la CEDEAO chez les individus ? En plus des expropriations pour permettre au groupe Areva d'exploiter l'uranium à sa guise en utilisant une main d'œuvre bon marché (emploi des mineurs) dans des conditions hygiéniques qui donnent des maladies et à court terme la mort, s'ajoutent l'état de stérilité chronique des femmes, la stérilité des hommes et autres maladies avec lesquelles naissent les quelques enfants qui ont la chance de voir le jour dans ces coins. La pollution de l'air par des particules radio-actives devenue une normalité pour les habitants de ces zones. Ainsi le rappelait Christopher Olgiati " Des gamins de quinze et seize ans se font irradier dans les mines sous contrôle français au Niger. Il n'y a quasiment aucune protection contre l'inhalation de gaz radon. La main d'oeuvre, presque exclusivement des nomades Touaregs, reste totalement ignorante des effets de l'exploitation minière. La détection des radiations et les contrôles sanitaires sont inexistants."
Oui ! Pour dénoncer l'esclavage, mais le faire sans esprit partisan et montrer les vrais "promoteurs" de l'esclavage. Et si les conditions de précarité que Areva pour ne citer que lui, favorisent ou sont à l'origine de la pérénisation de ces comportements en les encourageant ? Les conditions de travail des nigériens, des enfants dans les mines uranifères rappellent bien à s'y méprendre celles de ces noirs pendant l'Apartheid en Afrique du Sud et des esclaves dans les champs de cannes à sucre aux Antilles ou dans les champs de maïs ou de coton aux Usa. Et il est surprenant de voir que la CEDEAO ne soit pas aussi courageuse pour dénoncer cet esclavage à grande échelle qui se pratique au Niger par les groupe comme AREVA.
28 octobre 2008
MAIS QUE NOUS VAUT DONC CETTE OVERDOSE A LA OBAMA ?
Obama par-ci, Obama par-là , Obama en veux-tu ? Obama en voilà ! A toutes les sauces, l'ingredient Obama est présent. A ce rythme d'ici le 4 novembre, il ne serait pas surprenant de voir les premières victimes de l'overdose à la Obama. La pantalonnade atteint le comble lorsqu'à Sarcelles, le candidat "Noir" aux élections cantonales Youri Mazou, est surnommé par une personnalité du PS, de "Obama de Sarceles".
Faut-il voir dans cette comparaison, le fait que les deux candidats soient des pions d'un système et de quelques mains qui les pilotent derrière ?
L'enthousiasme fortement palpable en France que suscite le candidat définitivement admis comme "Noir" par la pensée occidentale, rend perplexe pour ne pas dire dubitatif voire suspicieux sur la sincérité de cet élan approbateur pour un candidat "Noir". La symphonie d'éloges de la classe politique française et des médias sur la personne de Obama est tellement bien jouée, que sa spontanéité et sa sincérité en prennent un sérieux coup.
On ne se croirait plus être en France. Oui! Ce pays dont les institutions sont hautement discriminant et excluant pour les Noirs et les Arabes et qui aujourd'hui trouve génial qu'un candidat "Noir" soit en passe de devenir président des USA. Du moment où ceci est hors de l'hexagone, la matrice n'étant pas menacée alors on ne peut que s'en réjouir. La devise semble la suivante: "Tant que ce n'est pas chez nous".
Il suffit de regarder l'assemblée nationale ou le sénat de France ou les pôles de décision des entreprises ou de l' administration pour voir toute la pâleur aveuglante qui en jaillit car refusant toute couleur synonyme pour les pontes de cette France "Blanc,Blanc, Blanc " de souillure des institutions et ainsi comprendre le scepticisme qui habite aujourd'hui les observateurs de la vie politique de l'hexagone face à cette hérésie sur la personne de Obama.
Quelles que soient les raisons qui hissent le candidat "Noir" à ce niveau des élections présidentielles, les Etats-unis sont entrain de démontrer que cet espace n'est pas la propriété politique, encore moins intellectuelle des "Blancs"; car l'histoire nous apprend qu'ils n'en sont pas originaires . Si la population blanche a brillé ou brille toujours par sa négrophobie (les propos insultants à l'endroit de Obama), par son égoïsme, s'accaparant de tout en excluant les autres jusqu'aux autochtones, nous savons que c'est pour des raisons fallacieuses.
Est-ce peut-être pour leur qualité ou condition d'allogènes, que les Noirs et les Arabes sont condamnés à mordre le goudron en France et paradoxalement être encensés lorsqu'ils brillent ailleurs que sur le territoire français ? Dans tous les cas, il est un constat qui ne saurait souffrir d'aucune contradiction: En France on n'aime les Noirs et les Arabes tant qu'ils restent là où l'imaginaire du français de souche les place.
18 octobre 2008
LA FRANCOPHONIE et ABDOU DIOUF: Une histoire d'esclavage intellectuel ?
"Je ne dirais pas qu'il est menacé, parce que lors de mes voyages à travers le monde, je me rends compte qu'il y a une très grande demande de la langue Swahili". Incroyable mais vrai ! C'est bel et bien Abdou Diouf, président de la francophonie qui l'affirme.
Une fois revenu dans la réalité, on se rend compte que ce n'était qu'un rêve. C'était réellement très beau pour être vrai. Ce qui attriste encore plus cette réalité, est le fait que de les propos exacts, symboles de cette mort annoncée des langues africaines, sont tenus par un africain et la question est de savoir quand est-ce que le rêve deviendra réalité avec de farouches adversaires à l'instar de Abdou Diouf ?
"Je ne dirais pas qu'il est menacé, parce que lors de mes voyages à travers le monde, je me rends compte qu'il y a une très grande demande de la langue française ". Quel drame pour l'Afrique ! Nous nous imaginons le dialogue en français entre l'auteur de cet aveu d'abdication, d'incapacité et d'une copieuse félonie et ses parents dans le Sénégal profond.
Hier s'est ouvert au Québec, le sommet de la francophonie, institutions nous dit-on suggéré à De Gaulle par Léopold Sédar Senghor (l'helléniste de son état), dans le but de promouvoir le français et aujourd'hui dirigé par un autre ancien gouverneur de France au Sénégal, Abdou Diouf.
Ceux qui suivent bien cet instrument de perpétuation de la domination française que Mongo Béti définissait par ces mots: " La francophonie est une stratégie de contrôle de notre créativité et même de notre devenir", savent bien que les français sont eux-mêmes incapables de porter leur langue et que sans cette "aide" bon marché des colonies africaines, pour la plupart, le français n'aurait aucune valeur ajoutée. Ce n'est, dirons-nous qu'un problème franco-français. Et à la place de ces derniers que ferions-nous si des gens, se proposaient de porter notre culture sans qu'on le leur demande ?
Le propos n'est pas ici de s'en prendre à la langue française comme canal, moyen ou outil de communication mais de nous interroger sur le fait qu'un africain, incapable de promouvoir le Wolof, le Swahili ou une autre langue africaine, mette tant d'énergie et d'entrain à défendre une langue, une culture qui n'est pas la sienne mais qui l'en éloigne par tous les moyens par ailleurs (Français comme langue officielle, floraison des centres culturels français etc.....). Le rôle de la langue dans l'édification d'une personne, d'une société, d'un peuple n'est plus à faire et l'on sait encore que le meilleur moyen d'assujettir, d'esclavagiser un peuple est de passer par la langue. Comment des africains peuvent-ils être ceux qui mettent en esclavage leur propre peuple ?
De Senghor à Diouf, et même Wade (nous noterons qu'en plus d'avoir été gouverneurs et d'être gouverneur de France au Sénégal, ils ont eu, et ont pour épouses des femmes blanches.)*, la langue française trouve ses ardents défenseurs chez les africains. Il est aisé de comprendre cette fameuse boutade du journaliste du figaro Eric Zemmour, lorsqu'il affirme " L’esclavage des Noirs a été inventé par les Noirs, en Afrique, c’est eux qui vendent les autres Noirs parce qu’ils n’ont aucune conscience de la fraternité Noire, ça n’existe pas ça ". Oui! Ce que font ces africains qui, au lieu de considérer le français comme un instrument, un outil de communication plutôt que de le défendre, de faire son éloge au point d'en devenir ses adorateurs font de l'esclavage des autres Noirs.
D'autant plus que, Abdou Diouf continue en ces termes "..... Notre but n'est pas de combattre cette langue (parlant de l'anglais ). Mais nous voulons que ce monde ne soit pas caractérisé par une hégémonie linguistique ou culturelle".
Soit Abdou Diouf considère comme ses "maitres" que le monde est tout sauf l'Afrique alors preuve est faite une fois de plus et les africains doivent se rendre compte du mal dont souffrent certaines de ses élites; ou alors c'est faire preuve d'une immense incurie que de ne pas se rendre compte de la contradiction.
L'Afrique francophone ne souffre t-elle pas de l'hégémonie linguistique et culturelle du français ? A moins d'être intellectuellement aveugle pour ne pas le voir.
* D'aucuns nous parlent de racisme lorsqu'on met le doigt sur le fait que certains présidents africains aient pour épouse des femmes blanches. A ces détracteurs de premier degré, nous posons la question: Pourquoi ne revendiquent-ils pas aussi que les présidents français prennent pour épouse des femmes noires ? Aussi nous les renvoyons à cette réponse fort instructive de Michel Drucker à l'endroit de Calixte Beyala: " Que dirait la France profonde qui me regarde et la presse, si j'épousais une femme noire ? ". Une interrogation que certains africains ont peur d'affronter, car incapables d'apprécier les valeurs humaines, culturelles et autres que comporte l'Afrique.
Il est temps que les africains commencent donc aussi à tenir compte de l'Afrique profonde en la protégeant et non en la vendant à vil prix.
16 octobre 2008
"Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur nos têtes"
Pour la circonstance, il n’est pas anodin que le président Nicolas Sarkozy, le secrétaire d’état aux sports et la Fédération Française de Football mettent au goût du jour cette citation de Racine après le match de football qui a opposé l’équipe de France à celle de Tunisie. Match au cours duquel, une fois de plus, l’hymne national français “la marseillaise” a été sifflé pendant que la chanteuse tunisienne d’origine (comme l’annonçait le commentateur de TF1) LÂAM, exécutait celui-ci.
Cette n-ième prise à partie de la marseillaise fait dire à monsieur Laporte secrétaire d’État français aux Sports:”Arrêtons d’être hypocrites, ne faisons plus ce genre de match, tout simplement” puis de rajouter ensuite:”On va pas donner sans arrêt le bâton pour se faire battre. Ça, on n’a plus envie de le revivre, plus de matchs contre l’Algérie, contre le Maroc, contre la Tunisie au Stade de France. (…) Comme ça ce public sera privé de son équipe (…) On ne peut pas tolérer que nos joueurs français soient sifflés en permanence durant le match, que notre Marseillaise soit sifflée.”
Dans ce concert d’indignations, la vraie question que les uns et les autres oublient de poser est de savoir: Mais qui donc sifflent la marseillaise ? A écouter Bernard Laporte, le coupable ne fait l’objet d’aucun doute; il s’agit bel et bien des maghrébins (euphémisme pour dire Arabes ?). Est-ce le fait qu’il soit au Stade à ce moment précis qui lui donne la certitude qui est la sienne, de distinguer distinctement les auteurs de cet acte insultant envers l’hymne français ?
Lors d’un Match franco-français comptant pour la coupe de France, la marseillaise avait été copieusement huée, sans que les auteurs eurent été de façon aussi sure et non moins formelle comme c’est le cas, désignés avec autant de précision et de certitude.
Sans aller dans la même direction que Bernard Laporte pour qui ce comportement est du fait de “l’arabité ou de la maghrébité” de ses auteurs, Ségolène Royal impute ce comportement à un manque d’instruction civique lorsqu’elle affirme:”inadmissible de tolérer” des sifflets contre la Marseillaise dans les stades et juge que ce “qui fait défaut c’est l’éducation civique à l’école”. Peut-être a t-elle raison. Mais une fois de plus, cette éducation civique, elle s’adresse à qui ? A ces maghrébins pourtant nés ici et qui ne sont maghrébins que par le rappel systémique de la société à leur endroit faisant d’eux des français pas comme les autres ou à ceux qui ne veulent pas s’intégrer à la française c’est-à-dire renoncer à leur héritage culturel, historique et autres comme le mot intégration le suggère ? Que propose t-on donc aux français d’origine française qui sifflent la “marseillaise” comme ce fût le cas lors du match Lorient-Bastia ? A moins que dans ce cas encore les auteurs furent des maghrébins ?
Une fois de plus la réaction politique vient dévoyer la réponse à une question simple qui est: Pourquoi siffle-t-on la marseillaise, par une série de réponses toutes inadaptées, mais fortement idéologiques. Et si ce comportement démagogique et idéologique des politiques étaient la cause de ce comportement à l'endroit de l’hymne français et de ce que certains appellent à tort (toujours dans la démogagie), le sentiment anti-français dans la noble intention de dresser les populations pour mieux contrôler leurs acquis ?
151087 un numéro visionnaire
Hier 15/10/2008 , 21 ans déjà que disparaissait le capitaine Thomas Sankara, disparition sous le sceau d'un complot savamment ourdi et dont les rumeurs persistantes citent l'Élysée dans sa partie la plus françafricaine. L'Afrique déplore depuis 21 ans l'absence de l'un des plus ardents combattants du néocolonialisme et de l'impérialisme français, tandis que d'autres fêtent l'anniversaire de sa disparition.
Nombreux sont les gens qui fustigent le manque de probité, de maturité politique, de vision des dirigeants africains à l'instar de la classe politique française dont l'exercice est un classique; les médias propagandistes et bien d'autres. Mais à qui profite ce véritable déficit de vision et d'intégrité des "dirigeants africains ? AREVA exploiterait-il sans vergogne l'uranium du Niger avec de la vision ? Bolloré contrôlerait-il l'économie du Cameroun, Gabon et les autres avec de la vision ? La détention par de milliers de particuliers hexagonaux tout comme par la Banque de France des tonnes d'or pompé gracieusement et comme le souligne Gilles Labarthe dans son livre, "La France n'a laissé que des poussières d'or après son passage". * Tout ceci aurait-il été possible avec des dirigeants ayant de la vision et de l'amour pour leur continent ?
A qui profite le crime, les assassinats des visionnaires tels que Sankara, Um Myobé, Moumié, Lumumba et les autres ?
La dernière salve de Nicolas Sarkozy et sa bande qui, pour noyer le poisson, sont prompts à regretter que l'Afrique n'ait pas d'hommes intègres pour porter haut son flambeau devrait donner matière à réflexion aux Bongo, Compaoré, Biya, Wade etc.... A moins que ces derniers, comme il se dit, ne se sentent pas concernés parce que portant des passeports autres que ceux de leur pays ? Pour parler comme Sankara, "des moins africains".
Pourtant depuis les indépendances formelles, le capitaine Sankara est à n'en pas douter, le plus intègre des dirigeants de ces dernières décennies que l'Afrique ait connue, seul d'entre le pack de valets suiveurs et sans conscience, à avoir compris que l'Afrique n'aura son indépendance réelle que par un retour aux valeurs fondamentales et en imposant son point de vue tout en défendant sa Liberté. N'est-ce pas la raison de sa mort précipitée et programmée, ce refus de se faire dicter les règles par la plus françafricaine des chambres de l'Élysée ?
A l'image de bien d'autres tombés sur les recommandations venant des services secrets et autres pôles de l'empire, Thomas Sankara fait partie de ces vrais enfants d'Afrique qu'on aime lorsqu'ils se sont tus et qui continuent de remplir le carnet de chasse de la pieuvre Françafrique; carnet hélas pour les uns et heureusement pour les autres déjà bien fourni.
A la presse hexagonale et aux censeurs de la pensée, nous affirmons donc ces propos fort sages du capitaine Thomas Sankara: " Il est nécessaire, il est urgent que nos cadres et nos
travailleurs de la plume apprennent qu’il n’y a pas d’écriture
innocente. En ces temps de tempêtes, nous ne pouvons laisser à nos seuls ennemis d’hier et d’aujourd’hui le monopole de la pensée, de l’imagination et de la créativité. "
car,
" L’esclave qui n’est pas
capable d’assumer sa révolte ne mérite pas que l’on s’apitoie sur son sort. Cet
esclave répondra seul de son malheur s’il se fait des illusions sur la
condescendance suspecte d’un maître qui prétend l’affranchir. Seule la lutte libère... "
Discours de THOMAS SANKARA a ADDIS ADEBA
DISCOURS DE THOMAS SANKARA AU SOMMET DE L'OUA d'ADDIS ADEBA Le 29 Juillet 1987. A peine 4 mois, la lâcheté et la fourberie des uns et des autres ont eu raison de cet enfant digne d' Afrique. Mais si le contenant n'est plus, le contenu continuera à faire de la graine. Sankara sera à jamais dans tout enfant africain qui aura compris son message.
* Citation extraite de " L'Or africain"; page 21.
11 octobre 2008
LE PARADOXE DE CES HEROS "HUMANISTES"

"Je dirai
donc que je ne suis pas ni n'ai jamais été pour l'égalité politique et sociale
des noirs et des blancs, que je ne suis pas, ni n'ai jamais été, pour le fait
d'avoir des électeurs ni des jurés noirs, ni pour le fait de les former à
exercer ses fonctions, ni en faveur des mariages mixtes; et je dirai en plus de
ceci, qu'il y a une différence physique entre la race blanche et la race noire
qui interdira pour toujours aux deux races de vivre ensemble dans des
conditions d'égalité sociale et politique. Et dans la mesure où ils ne peuvent
pas vivre ensemble mais qu'ils coexistent, il faut qu'il y ait une position de
supériorité et d'infériorité, et moi-même, autant que n'importe quel autre
homme, je suis pour le fait que la position de supériorité soit attribuée à la
race blanche."
Propos signés: Abraham Lincoln.
A l'aube des futures élections présidentielles aux états-unis dans lesquelles l'un des candidats est, selon le "one-drup-rule" Noir, il est important de rappeler que ce dernier ne doit en rien son ascension à la belle philanthropie qui se cacherait dans le 13 ème amendement de l'abolition de l'esclave, mais aux luttes sans relâche de ces Noirs arrachés à leur terre "originelle", pour être déportés vers une terre qui est le symbole de la cruauté et de la vision que l'homme blanc avait ou a du reste de l'humanité. Car de l'extermination des indiens à l'insertion des Noirs aux états-unis, c'est l'expression de la déshumanisation de l'autre par l'homme blanc qui s'y traduit.
Même si Barack Obama, par crainte de la réaction de l'Amérique profonde (entendez non pas celles des autochtones amérindiens) se refuse à verser dans ce que les démagogues appelle "le racial", les américains profonds ne manquent de le lui rappeler ainsi que la règle de la goutte du sang.
A l'image de Schoelcher en France, et plus proche de nous De Gaulle, l'historiographie "universelle" voudrait que le sieur Abraham Lincoln fût admis par les "Noirs" comme leur libérateur ce, dans le vœu secret de présenter les Noirs comme des individus incapables de lutter pour leurs droits civiques, d'annihiler leurs luttes de libération à travers les 4 coins du monde et de les plonger dans une posture de soumission ou de reconnaissance quasi éternelle. Mais une soumission à une fiction, à une escroquerie. En ayant signé le 13 amendement de l'abolition de l'esclavage ou en impulsant le décret d'abolition de l'esclavage du 27 avril 1848 ou même en prononçant les formelles indépendances des pays africains, le but n'était pas de rendre aux Noirs l'humanité qu'on leur dénie, mais de préserver les intérêts. Ces élans subits de philanthropie ne répondaient qu'à une seule et unique logique: la préservation des acquis par le leurre, par l'illusion. Et le présent confirme cette logique idéologique.
Faut-il reconnaître un seul mérite à ces héros aux paradoxes multiples ? Oui ! Celui d'avoir eu la vision de préserver leur idéologie par des tours d'illusions bien réussis. Abraham Lincoln comme Schoelcher ont compris avant le reste de leurs compatriotes qu'il n'était plus possible et salutaire pour le système de laisser perdurer la situation d'esclavage, de déni d'humanité, d'extermination dans lesquelles leur vision de l'humanité soumettait les autres qui ne sont pas "Blancs". La détermination affichée des "Noirs" de sortir du processus de leur mort idéologique est à l'origine de la subite philanthropie des uns et des autres. Le présent ne nous montre-t-il pas que cette philanthropie savamment orchestrée n'était que leurre qui jusqu'à ce jour continue sa course ?
La réalité ? Ces héros aux multiples paradoxes auxquels les Noirs devraient par des procédés huilés reconnaissance, allégeance et soumission ne sont tout simplement que l'expression de la négation des combats et luttes que, de tout temps, les Noirs ont menées pour arracher leur humanisation.
En quoi les Noirs sont-ils redevables à ces abolitionnistes pour leur chanter des louanges ? En rien ! N'ont-ils pas aboli leur propre construction pour en bâtir une bien plus meilleure ?
Y a t-il des leçons à tirer chez ceux des "Noirs" encore prisonniers de ces mensonges idéologiques de la doxa blanche en rapport aux déclarations sus-cités ? Oui ! L'emploi du verbe attribuer par Abraham Lincoln. Cette pseudo supériorité affichée n'est donc que le résultat d'une auto-attribution, de leur simple volonté, d'une incantation. Volonté de se convaincre d'une humanité au-dessus de tous, en déshumanisant, exterminant les autres peuples.
Il est donc de la volonté des Noirs de démonter ces mécanismes d'infériorisation, de déconstruire le schéma mental, de changer le référentiel abrutissant qu'on leur impose en réfutant des héros qui n'en sont pas pour autant de vrais, en s'identifiant à leurs propres héros, ceux qui ont combattu sans aucun calcul autre que celui de leur liberté. De Rosa Parks,
Marcus Garvey, Booker T. Washington, Frederick Douglass, Sojourner Truth, Toussaint Louverture, les
nègres marrons (Salomon “grand zoulou”, “Mine du Congo”, “le nègre Louis”, Manuel
Gueule rouge
10 octobre 2008
Le Franc CFA: piller l’Afrique sans laisser de traces.

Par Dr. Gary K. Busch 22/2/08
L’une des influences les plus importantes dans la vie économique et politique des Etats africains qui étaient des colonies françaises dans le passé c’est l’impact d’une monnaie commune ; le Franc de la Communauté Financière de l’Afrique (« CFA »). Il y a en effet deux francs CFA distincts en circulation. Le premier est celui de l’Union Economique et Monétaire de l’Afrique de l’Ouest (UEMAO) qui comprend huit pays Ouest Africains ( Bénin, Burkina Faso, Guinée-Bissau, Côte d’Ivoire, Mali, Niger, Sénégal et Togo). Le deuxième c’est celui de la Communauté Economique et Monétaire d’Afrique Centrale (CEMAC) qui comprend six pays d’Afrique Centrale (Cameroun, République Centrafricaine, Tchad, Congo-Brazzaville, Guinée-Équatoriale et Gabon), cette division correspond à l’AOF (Afrique Occidentale Française) pré-coloniale et AEF(Afrique Equatoriale Française), avec l’exception que la Guinée-Bissau était une colonie portugaise et la Guinée Equatoriale une colonie Espagnole dans le passé.
Chacun de ces deux groupes produit son propre franc CFA. Le franc CFA de l’UEMAO est produit par la BCEAO( Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest) et le franc CFA de la CEMAC est produit par la BEAC (Banque des Etats de l’Afrique Centrale). Ces monnaies étaient estimées à 100 F CFA pour chaque franc Français, mais après que la France a rejoint la zone Euro de la Communauté Européenne à un taux fixe de 6,65957 francs Français pour un Euro, le taux du CFA par rapport à l’Euro fut fixé à 665, 957 F CFA pour chaque Euro, maintenant le ratio de 100 pour 1. Il est important de noter que c’est la responsabilité de la Trésorerie Française de garantir la convertibilité du Franc CFA à l’Euro.

La politique monétaire gouvernant une agrégation aussi diverses de pays est simplifiée parce qu’elle est en fait opérée par la Trésorerie Française, avec aucune aux autorités fiscales centrales ni de l’UEMAO, ni de la BEAC. Sous les termes d’accord qui mirent sur pieds ces banques et la CFA, la Banque Centrale de chaque pays est obligée de maintenir au moins 65% de ses réserves d’échanges étrangers dans une « compte d’opérations » tenu par la Trésorerie Française, de même que 20% en plus pour couvrir d’autres obligations financières.
Les banques centrales de la CFA imposent aussi un CAP sur les crédits étendus à chacun des Etats membres équivalent à 20% des revenus publiques de ce pays au cours de l’année précédente. Bien que la BEAC et la BCEAO aient des facilités de découvert avec la Trésorerie Française, les DRAWDOWNS sur ces facilités de découverts sont sujets au consentement de la Trésorerie Française. Le dernier mot c’est celui de la Trésorerie française qui a investi les réserves étrangères des pays africains en son propre nom à la Bourse de Paris.
En un mot, plus de 80% des réserves étrangères de ces pays africains sont déposées dans les « comptes d’opérations » contrôlés par la Trésorerie française. Les deux banques CFA sont africaines de nom, mais ne possèdent pas de politiques monétaires propres à elles. Les pays eux-mêmes ignorent, il ne leur est même dit, quel pourcentage de la cagnotte de leurs réserves étrangères tenues par les la Trésorerie Française leur appartient en tant que groupe ou individuellement. Les gains de l’investissement de ces fonds dans la cagnotte de la Trésorerie Française sont supposés être ajoutés à la cagnotte, mais aucune comptabilité d’aucun de ces changes n’est adressée ni aux banques, ni aux pays. Le cercle limité des hauts cadres de la Trésorerie Française qui ont connaissance des montants des « comptes d’opérations » où ces fonds sont investis ; qui savent s’il y a des bénéfices sur ces investissements ; ont la prohibition de ne livrer aucune de ces informations aux banques CFA ou aux banques centrales des Etats africains.
Cela rend impossible pour les Etats Africains de réguler leur propre politique monétaire. Les pays les plus inefficaces et les plus gaspilleurs sont capables d’employer les réserves étrangères des pays plus prudents sans aucune intervention significative des pays les plus riches et couronnés de succès. Le fait que, pendant que le PIB français grandit et que la parité de l’Euro face au dollar (principale monnaie du commerce international) apprécie, il y a le danger constant que le franc CFA pourrait être fixé à un taux d’échange très élevé. Ceci freine la croissance dans le commerce entre l’Afrique et le reste du monde et permet aux autres pays, spécialement en Asie, d’employer leurs taux d’échange plus flexibles pour gagner des parts de marché, supplantant l’Afrique.
La création et le maintien de la domination Française des économies de l’Afrique francophone sont le produit d’une longue période de colonisation française et la dépendance apprise des Etats africains. Pour la majeure partie de l’Afrique francophone, leurs banques centrales n’ont que des pouvoirs limités. Il y a des économies dont la vulnérabilité face à une économie de plus en plus globalisée s’accroît de jour en jour. Il ne peut y avoir de politique de commerce sans référence aux réserves. Les politiciens et les partis élus pour promouvoir la croissance, la réforme, les changements dans le commerce et les politiques fiscales sont relégués au second plan à moins qu’il n y ait l’approbation de la Trésorerie Française qui rationne leurs fonds. Il y en a plusieurs qui objectent à la continuation de ce système. Le Président Abdoulaye Wade du Sénégal a déclaré ceci très clairement : « L’argent du peuple africain bloqué en France doit être rapatrié en Afrique afin de profiter aux économies des Etats de la BCEAO. L’on ne peut pas avoir des milliards de milliards placés dans les marchés bousiers étrangers et en même temps dire qu’on est pauvre, et aller ensuite quémander de l’argent »
Comment Cela est-il Arrivé ?
Ce système de dépendance est une résultante directe des politiques coloniales du gouvernement français. Dans la période immédiate après-guerre, après la signature des accords de Bretton Woods en juillet 1944, l’économie Française avait besoin de se relever de toute urgence. Pour l’aider dans ce processus, elle créa le franc CFA au sein de ses colonies d’Afrique afin de garantir un marché captif pour ses produits. La décision principale qui découla des accords de Bretton Woods c’était l’abandon des Standards de l’Or. En un mot, le nouveau système donnait une place dominante au dollar. Les autres monnaies virent leur taux d’échange être indexé au dollar. Les réserves des banques centrales Européennes en ce temps là étaient constituées de monnaies à valeur douteuses d’après-guerre qui avaient été dévalorisées des fluctuations de la monnaie. Pour cette raison, la France avait besoin des monnaies de ses colonies pour soutenir sa compétitivité avec ses rivaux Américains et Britanniques. De Gaulle et Pierre Mendès, son principal conseillé économique, rencontrèrent des dirigeants africains et développèrent un pacte colonial qui garantirait que ceci dans un traité (avec des clauses publiques et des clauses secrètes). Le génie derrière tout cela c’était Jacques Foccart, le « Mister Africa » Français.
La décolonisation au Sud du Sahara ne se fit pas comme De Gaulle l’avait prévu. Il aurait voulu une Communauté Franco-Africaine qui interrompit l’indépendance totale. Mais lorsque la guinée de Sékou Touré vota « non » au référendum de 1958 concernant cette Communauté, l’idée fut effectivement morte. La Guinée fut propulsée dans les ténèbres à cause de sa décision et un semblant de Communauté fut mise sur pieds, mais l’appel à l’indépendance totale se montra difficile à résister.
Sans y être vraiment préparé, en 1960, De Gaulle avait à improviser des structures pour une collection de petits Etats nouvellement indépendants, chacun avec un drapeau, un hymne et un siège aux Nations Unies, mais souvent avec de petits atouts précieux. C’est à ce niveau que Foccart eut à jouer un rôle essentiel, celui d’un architecte d’une série d’accords de Coopération avec chacun des nouveaux Etats dans les secteurs des finances et de l’Economie, de la culture et l’éducation, et de l’armée. Il y avait onze pays impliqués à l’origine : Mauritanie, Sénégal, Côte d’Ivoire, Dahomey (actuel Bénin), Haute Volta(actuel Burkina Faso), Niger, Tchad, Gabon, République Centrafricaine, Congo-Brazzaville et Madagascar. Le Togo et le Cameroun, anciens Territoires Administratifs des Nations Unies, furent aussi co-optés dans le club. Ainsi furent aussi, plus tard le Mali et les anciens territoires Belges (Rwanda-Urundi, actuel Rwanda et Burundi, et le Congo-Kinshasa), quelques-unes des ex-territoires portugais, ainsi que les Iles Comores et le Djibouti, qui avaient aussi été sous la domination française pendant plusieurs années mais devinrent indépendants dans les années 1970. Tout cet ensemble fut placé sous un nouveau Ministère de la Coopération, créé en 1961, séparé du Ministère des Affaires des Départements et Territoires d’Outre-mer (connus sous le DOM-TOM) qui les administraient tous auparavant.
La clé de tout ceci était l’accord signé entre la France et ses colonies nouvellement libérées d’Afrique qui embrigadèrent ces colonies dans l’étreinte économique et militaire de la France. Ce pacte colonial non seulement créa l’institution du franc CFA, mais aussi, il créa un mécanisme légal sous lequel la France obtint une place de choix dans la vie économique et politique de ses colonies.
Les accords du Pacte Colonial garantirent une préférence spéciale à la France dans les processus politiques, commerciaux et de la défense dans les pays Africains. Au niveau de la défense, il accepta deux sortes de contact continuel. Le premier était l’accord militaire ouvert sur la coopération militaire ou les accords d’Aide Militaire Technique (AMT), qui n’étaient pas légalement contraignantes, et pouvaient être suspendus selon les circonstances. Ils couvraient l’Education, la formation des soldats et des forces de sécurité Africaines. Le second type, secret et contraignant, consistait en des accords de défense supervisés et conduits par le Ministère de la Défense Français, qui servait de base légale pour des interventions Françaises. Ces accords permirent à la France d’avoir des troupes pré-déployées en Afrique ; en d’autres termes, des Unités de l’armée française présentes de façon permanente sur une base rotative dans des bases et des camps militaires en Afrique, entièrement gérées par les Français.
Selon l’Annexe II de l’accord de Défense signés entre les gouvernements de la République Française, de la République de Côte d’Ivoire, de la République de Dahomey et de la République du Niger le 24 Avril 1961, la France a la priorité dans l’acquisition de ces « matières premières classés comme stratégiques ». En effet, selon l’article 2 de l’accord, ‘la République Française informe régulièrement la République de Côte d’Ivoire ( et les deux autres) de la politique qu’elle compte adopter concernant les matières premières et les produits, en tenant compte des besoins généraux de la défense, de l’évolution des ressources et la situation du marché mondial ».
Selon l’article 3, « la République de Côte d’Ivoire (et les deux
autres) informent la République Française des politiques qu’ils
comptent suivre concernant les matières premières stratégiques et les
produits, et les mesures qu’ils se proposent d’adopter afin d’appliquer
ces politiques. » et pour conclure, l’article 5 :
« Concernant ces même produits, la République de Côte d’Ivoire (et les
deux autres), pour les besoins de la défense, les réserve en priorité
pour la vente à la République de France, après avoir satisfait aux
besoins de la consommation interne, et ils importeront ce dont ils ont
besoin prioritairement de la France. » la réciprocité entre les
signataires n’était pas une négociation d’égal à égal, mais elle
reflétait la dominance de la puissance coloniale qui avait, dans le cas
de ces pays, une « indépendance » organisée quelques mois avant ( en
Août 1960).
En résumé, le pacte colonial maintenait le contrôle de la France sur les économies des Etats Africains ; il prit possession des réserves de monnaie étrangères ; il contrôla les matières premières stratégiques de pays, il posta des troupes dans le pays avec le droit de libre circulation ; il exigea que tous les équipements militaires soient acquis de la France ; il prit en charge la formation de l’armée et de la police, il exigea que les hommes d’affaire français soient autorisés à avoir le monopole des entreprises dans des secteurs clés (Eau, Electricité, Ports, Transports, Energies, etc.). La France non seulement imposa des restrictions sur les importations de quantités de produits en dehors de la zone franc, mais aussi elle imposa des quantités minima d’importations de la France. Ces traités sont encore en vigueur et opérationnels.
La création d’un tel système n’était pas le produit de l’Assemblé Nationale Française ou le résultat d’aucun processus démocratique. C’était la résultante des politiques guidées par un groupuscule dans le bureau du Président, la « Cellule Africain », initialement présidée par Foccart. Pendant le demi-siècle passé, le puissante et secrète « Cellule Africaine » a surveillé les intérêts stratégiques de la France en Afrique, gouvernant sur un grand andain d’anciennes colonies françaises. Agissant comme une commande générale, la cellule utilise l’armée Française comme un marteau pour installer des gouvernants qu’elle estime conciliantes avec les intérêts français. En retour, ces pays donnent à des industries Françaises la primeur sur leur pétrole et d’autres ressources naturelles. Mettant à l’écart des canaux diplomatiques traditionnels, la cellule ne fait des rapports qu’à une personne : Le Président. Les liens serrés de la cellule au géant du pétrole Elf Aquitaine, dont les dirigeants furent emprisonnés pour corruption, était une source d’embarras. Et un ancien chef de la cellule a été condamné suite à des accusations de trafique d’armes en Angola. Ces problèmes politiques hautement controversés ne furent jamais soulevés avant aucunes des structures démocratiquement élues de la France. La politique africaine est le domaine privé du bureau du Président.
Cela était vrai de De Gaulle, Mittérand, Giscard d’Estaing et Chirac. Sarkozy n’a apparemment pas de contacts ou d’ambitions dans ce domaine et a laissé la Cellule de Chirac en place.
L’Impact du Pacte Colonial
Certaines des conséquences pour les pays africains de la continuation de la dépendance sont évidentes—manque de compétition ; dépendance de l’Economie française ; dépendance de l’Armée Française ; et la politique porte- ouverte pour les entreprises privées françaises. Cependant, il y a des différences subtiles qui ressortent.
Les compagnies Françaises en Afrique francophone, en vertu de leur statut oligarchique ou de monopole, contribuent pour une part substantielle au PIB de ces pays. De façon plus importante, ils sont très souvent le seul groupe de gros payeurs d’impôts. Dans plusieurs de ces pays, les compagnies françaises paient plus de 50% des impôts sur le revenu national recueillis. Cela leur donne un statut unique. Assez fréquemment, les français disent que sans les compagnies françaises, l’économie des pays africains s’effondrerait. Couplé avec l’incapacité d’accès à ses propres ressources naturelles pour un pays, cela est vrai sans l’ombre d’un doute. Cependant, il ne s’en suit pas que des compagnies privées d’autres pays comme les USA et la Chine ne pourraient pas contribuer également. C’est l’une des raisons pour lesquelles les Français sont si inquiets concernant l’ouverture à la compétition sur le marché.
Un autre aspect c’est l’incapacité pour les pays francophones à collecter les impôts des citoyens ordinaires. Dans un pays comme la Côte d’Ivoire qui a été divisé pendant un certain nombre d’années entre le Nord rebelle et le Sud loyaliste, la collecte des impôts dans les régions rebelles a été impossible. Les rebelles se sont engraissés avec les taxes et les frais imposés à leurs populations captives, ainsi que de la vente des biens volés de leurs régions. Ils ne veulent pas déposer les armes parce que cela aura un effet économique néfaste sur eux, pas uniquement politique.
Le manque d’une force citoyenne qui paie des taxes creuse un gouffre entre le gouvernement et les citoyens ; la responsabilité mutuelle manque à l’équation. C’est le devoir de l’Assemblée Nationale de légiférer des programmes basés sur l’approvisionnement de l’Etat en revenus, mais s’il y a des revenus insuffisants, l’Assemblée Nationale est frustrée dans son rôle. Si 80% des fonds vont en France en tant que contribution au projet CFA, il ne reste que très peu pour que les ministres et l’Assemblée Nationale les affectent aux projets sociaux.
Dans plusieurs pays francophones, souffrant dans des conditions de sécheresse, de manque de nourriture ; manque de soins de santé ; il n y a que l’ « Aide3 française aux trésors nationaux qui les soutiennent. Cette « aide » est très souvent leur propre argent que les Français ont acheminé jusqu’à eux.
Il y en a plusieurs en Afrique qui ont vu et compris le problème du franc CFA et le Pacte Colonial ; Mamadou Koulibaly, le Président de l’Assemblée Nationale de la Côte d’Ivoire a été un critique remarquable du Pacte Colonial et la dominance du franc CFA. Il a écrit un livre excellent sur le sujet et donne des conférences et des interviews sur ce sujet régulièrement. Le problème est que très peu comprennent l’iniquité fondamentale de ce système français ; y compris beaucoup d’africains.
Si les nations africaines veulent assurer leur croissance, et prendre part pleinement aux opportunités de la globalisation, elles doivent être libérées des fers de cet albatros colonial. Afin d’attirer d’autres investissements directs dans les économies, par opposition à juste un portefeuille d’investissement, cette situation doit changer. Dans les termes du Président Koulibaly, « En Afrique, nous n’avons pas besoin des armes, nos problèmes ne sont pas dus au manque d’argent. Ma conviction est que nous devons premièrement déclarer clairement nos droits d’appartenance sur notre propre terre et aux ressources de notre sol qui furent emportées par les colons lorsqu’ils conquirent nos pays, et qui sont encore emportés à travers le Pacte Colonial ».
Source:Ocnus.net 2007
Voir: Le FCFA ne connait pas la crise ici
09 octobre 2008
MON FRANC CFA: LA CRISE, connait pas.
Comme le nuage de Tchernobyl qui, à la vue des frontières françaises avait stoppé nette sa propagation folle, les autorités camerounaises par la voix du ministre des finances déclarait aux médias que la crise financière qui parcourt le monde a la même intelligence que le nuage de Tchernobyl à l'époque, de distinguer la zone Franc et ainsi épargner les 15 pays francophones encore sous les serres du franc CFA, cette monnaie de servitude et de colonisation, des ravages et drames actuels, résultat de la spéculation folle et sauvage. Yaoundé, la capitale du Cameroun, réunissait lundi dernier les ministres des finances des pays qui partagent encore la soumission à la France par la monnaie, sous la vigilance et la surveillance de Anne-Marie IDRAC, secrétaire d'état français chargée du commerce extérieur.
Y avait-il encore place à une critique objective, qui remettrait en cause le Franc CFA dont on connait les méfaits pour les économies des 15 pays africains francophones et les bénéfices et bienfaits pour le pays de Mme IDRAC ? C'est dire combien la musique était bien réglée, pour laisser transparaitre quelconque fausse note. Le hôte de la circonstance en la personne du ministre camerounais des finances, Monsieur Essimi Menyé, en bon chef d'orchestre résume les "assises de Yaoundé" par une formule laconique qui ressemble fort bien à celle à laquelle les français avaient dû se contenter avec ce qu'il est convenu d'appeler "le nuage intelligent" de Tchernobyl.
" on la sent passer, c'est du vent qui passe au dessus de nos têtes " ainsi s'exprime le ministre camerounais à propos de la crise. Quel bonheur pour nos amis camerounais et les autres des 14 pays de la zone franc CFA.
Monsieur le ministre des finances du Cameroun, nous apprend donc que la crise financière qui secoue le monde, les 15 de la zone franc ne la connaissent pas. D'ailleurs ils la voient voler sur leurs têtes. Nicolas Sarkozy ne pouvait mieux espérer; lui qui, le 27 septembre dernier, tançaient les africains de se montrer très frivoles en convolant avec le géant asiatique. Les propos du ministre camerounais des finances entérinent le fait que s'il y a un pays qui assimile bien les leçons dispensées par l'Élysée, c'est bien le Cameroun. N'est-ce pas dans ce même pays qu'un haut dirigeant affirmait être le meilleur élève de feu président François Mitterand ?
En d'autres termes, il vaut mieux être sous la cape et la coupe du Franc CFA, au lieu de rechercher son indépendance monétaire nous dit le ministre camerounais. Il vaut mieux que les 15 pays francophones continuent à être sous les ordres et joug du trésor français et financer ainsi la crise que traverse l'économie française, comme ils financement les errements budgétaires de ce pays depuis des années maintenant par le truchement de cette escroquerie monétaire au lieu de chercher leur autonomie. En conclusion, le ministre camerounais et ses homologues de la zone ainsi benie ferment toute voie à la réforme monétaire qui s'impose aux économies de la zone franc dont le CFA est le principal fossoyeur.
Un dicton bien camerounais dit ceci: " Impossible n'est pas camerounais " et le ministre camerounais vient d'en faire la démonstration et dément de fait l'adage qui voudrait qu'à l'impossible nul ne soit tenu. Même face à une affirmation qui trouve toute sa quintessence dans la zone franc comme celle de Lénine qui dit ceci: " Il n´y a pas de moyens plus subtils, plus sûrs de miner les bases
existantes de la société que de vicier sa monnaie. Le procédé engage
toutes les forces cachées des lois économiques dans le sens de la
destruction, et il le fait d´une manière qu´aucun homme sur un million
ne peut déceler ".
Dans tous les cas, l'économie française peut se permettre de s'exposer au froid, attrapper rhume et toux grave, elle peut se permettre des approximations et amateurismes en tous genres, les pays de la zone franc, continueront à lui fournir les mouchoirs pour se moucher, sécher ses larmes et continuer à resplendir, pendant que les larmes des africains continueront à inonder le sol aride somme toute.
Voila ce que Nicolas AGBOHOU nomme "le nazisme monétaire" qui se trame au vu et au su de tout le monde et personne pour dire "plus jamais çà".
Abdoulaye Wade fera t-il son Idriss Déby ?
Espérons qu’une fois de plus, l’espoir de nombreuses familles sénégalaises et des africains en général ne s’enrhume dans une opération de zèle dont l’issue est connue d’avance par ceux qui l’initient. Les plus sceptiques que j’ai interrogés me disent sans tergiverser que “c’est du feu de paille tout cela”, “un air du déjà vu” et la réponse la plus anecdotique mais non moins symbolique est ” Croyez-vous que Wade puisse contrarier son chef ?”. Le chef ici est le président français Nicolas Sarkozy.
Cette dernière interrogation porte la marque des stigmates que portent les africains et symbolise les rapports entre l’Afrique francophone et la France tout en exprimant le pessimisme qui habite chaque africain lorsqu’il s’agit de la défense de son droit face à l’empire colonial. Cette remarque interrogative n’a t-elle pas sa justification dans les agissements de certains et plus précisément ceux des dirigeants africains francophones qui continuent en plein 21 siècle à se conduire en bourreaux pour le compte de leurs ventres et des intérêts de l’hexagone ?
La dernière poltronnerie de Idriss Déby dans l’affaire de Zoé reste encore présente dans les mémoires et pousse non pas au pessimisme mais au réalisme affiché par certains sénégalais qui n’attendent rien du procès que leurs autorités ont engagé à l’endroit des autorités françaises dans les incendies meurtriers et lynchages qui ont touché les populations africaines à Paris il y a 3 ans. Car si la France a toujours été frileuse à assumer ses actes (génocide au Cameroun, le massacre de Thiaroye etc…), elle est aidée en cela par ses jokers placés ci et là dans les états francophones en se révélant comme le premier obstacle à la révélation de la vérité. En d’autres termes, Abdoulaye Wade ne sera t-il pas le premier frein à la révélation de la vérité comme Idriss Déby l’a été dans l’affaire de l’arche de Zoé ?
Dans son souci de ne jamais faire face à ses responsabilités dès qu’il s’agit de l’Afrique, la France s’est spécialisée dans la forfanterie et le zèle. Le juge de Evry en lançant un mandat international le 13 septembre dernier contre 9 autorités sénégalaises suite au naufrage du “Joola” a, à l’image du juge Bruguière dans le génocide rwandais, voulu faire la démonstration du mépris que la France affiche à l’endroit de l’Afrique et de l’impunité de ses actes d’une part et d’autre part, comme le rappelle Me Ousmane Sèye, faire du zèle :”d’une preuve de zèle de certains juges français pour se faire sortir de l’anonymat “. Ceci, dit-il ” depuis qu’ils sont, de plus en plus, médiatisés “. Ce que confirment les propos Me El Hadji Diouf: “ … ce juge se croit en territoire conquis “. Puisque, explique-t-il, ” la responsabilité pénale est personnelle et individuelle », avant d’ajouter pour préciser que ” le Sénégal n’a pas de contentieux avec la France, mais avec un “petit juge français ” et que la nouvelle loi sur la compétence universelle va permettre de poursuivre des actes commis sur des Sénégalais, partout ailleurs, dans le monde“. Bonne nouvelle ! Mais quelle est sa résistance face aux coups de boutoir des Idriss Déby, Abdoulaye Wade et consorts ? Le procès qui s’est ouvert au Sénégal aujourd’hui est un test grandeur nature et permettra de savoir si l’exemple du Sénégal fera école.
Toute la peur des familles sénégalaises est de voir le premier des leurs faire son Idriss Déby en empêchant la justice suivre son cours de manière sereine en lui glissant des peaux de banane sur le chemin qui mène à la vérité.




