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MBOA

"La vérité est comme les fesses, on est obligé de s'asseoir avec"

21 août 2008

DES HONNEURS OU DESHONNEUR NATIONAL ?

Jamais un hommage, même national, n'a rendu la vie à quiconque. Jamais un hommage national ne rendra aux parents un enfant tué quelles que soient les raisons. Tout comme jamais un hommage national ne ramènera à sa progéniture un père mort et ne comblera le vide laissé auprès de ces orphelins prématurés. Paraphrasant Dalida, nous dirons, malgré toute la solennelité et le caractère national, ce ne sont que :"paroles, paroles, paroles".Une décoration reçue de son vivant est toujours plus gratifiante qu'une décoration accordée de manière opportuniste à titre posthume, puisque le récipiendaire n'en bénéficiera pas.

 Pendant que: "L'émotion étreint chaque Français. Aujourd'hui, c'est le temps du recueillement", a encore dit M. Sarkozy, également chef des armées.". On a oublié, parmi tant de questions, d'en poser la plus essentielle: Pourquoi les a t-on envoyés ces soldats en Afghanistan ?
Ah que c'est vrai ! Comment pourrait-on passer à côté ? La leçon, on nous l'a distillée et on continue à la propager comme à l'époque, on proclamait la barbarie, la sauvagerie des peuples lointains pour ainsi faciliter leur massacre. L'histoire n'est-elle pas finalement que répétition ? Aujourd'hui ce sont l'extrémisme, le terrorisme, l'horreur que sont et représentent ces Afghans qui rythment notre quotidien, sont enseignés aux populations comme dans des offices religieux pour les habituer à cautionner l’inacceptable sans opposer de résistance, pour les attendrir à la mort que l'on exporte chez les autres parce que pas comme nous, pour les enrôler dans le commerce de l’esclavage et de la soumission des autres par la force. C'est pour aller combattre ces barbares, ces fanatiques, ces extrémistes, ces horribles, ces terroristes afghans que les soldats français sont morts. Ils sont morts pour la  France mais loin de la  France  pourtant.
Mais nous devons apprendre à retenir et à intégrer que c’est pour le BIEN, qu’ils sont morts. Voila ce qu’une certaine histoire voudra faire admettre et faire retenir.
 

Défendre son territoire, sa patrie est aujourd'hui synonyme de terrorisme, de barbarie. Défendre ses valeurs, sa culture face à l'invasion démocratique à coups de canon n’est plus un signe d’honneur, plutôt un acte de terreur, de barbarie, d'obscurantisme qui vaut à ceux qui l’engagent tous les châtiments en commençant par ceux de l’injure gratuite, de l’humiliation perpétuelle pour aboutir à la mort. L’Irak et la Palestine en sont des illustrations parfaites de cette exportation massive de mort démocratique.

Pourtant quelques années auparavant, les mêmes actes étaient valorisés et leurs auteurs érigés au rang de héros nationaux. Ils étaient couverts d'honneurs et l'opprobre étaient très loin de les approcher même lorsque l'analyse profonde de leurs actes donnerait une autre lecture. C'est ainsi que untel ou untel autre est présenté en hexagone comme résistant, pour avoir nous dit-on, résisté face aux allemands. Même Guy Môquet n’y a pas échappé. N'est-ce pas ce résistant que nos enfants devraient par cœur connaître et chanter les louanges ce depuis les berceaux ? Des irakiens aux afghans en passant par les palestiniens, lorsqu'ils opposent la résistance aux fils de résistants d'hier, sont par contre des terroristes; pénurie de mots ou simple volonté de détruire?. Résistance en Occident, terrorisme ailleurs telle est la devise.Ce n'est qu'une question de référentiel et seul celui de l'occident est la norme. Pour coloniser les autres, on commence par coloniser nos pensées, empêchant toute réflexion critique.

Sous le couvert d'une lutte pour une certaine idée de la liberté, Afghans, Irakiens, Palestiniens et bien d'autres peuples, doivent accepter l'occupation, l’invasion, l’annexion de leur territoire, l’extermination de leur culture par des commerçants de la démocratie à coups de bombes et se faire esclaves pour que vive cette liberté universelle tant louée par l’Occident. Au nom de quel principe les Afghans doivent-ils accepter ce que les Français ont refusé face aux Allemands ? Tout le monde se refuse à cette interrogation comme à tant d’autres.
Par couardise ou par manque d'honnêteté, l'unanimité est faite sur l'exportation de cette mort sure et certaine que l'on distribue aux autres et dont l’Occident est le chantre et roi absolu. Nous acceptons et colportons des étiquettes abusives et erronées qu'on leur colle à tort parce qu’ils résistent. Pas une seule voix pour s'opposer à ce que l’on n’acceptera pas chez soi. La violence va même jusqu'à travestir les termes, le sens des actes. Une résistance afghane, palestinienne ou irakienne est qualifiée terroriste, barbare.

Et si les Afghans ne faisaient qu'appliquer les refrains de "liberté" tant clamée dans l'hymne national de la France et ainsi repousser ces féroces soldats mugissant qui viennent égorger leurs fils et leurs compagnes ? En levant à leur tour l'étendard sanglant, les Afghans ont pu ainsi abreuver leurs sillons d'un sang impur.

Voir le Texte de Alternative Democrate ici

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29 mai 2008

L'HUMANITAIRE NE FERA PAS SOUFFRIR LA BIRMANIE UNE SECONDE FOIS

Comme à leur habitude nos grandes âmes humanitaires occidentales s'offusquent, sont scandalisées, elles sont outrées face à l' intransigeance birmane de ne pas accepter sur son sol, des prébendiers, des déstabilisateurs, des cyniques , des pontes du misérabilisme qui, sous le couvert de l'aide, profiteront de cette "manne" naturelle pour s'introduire et instaurer le chaos et sans vergogne, se feront de l'argent sur le dos des victimes.
Il faut être naïf pour ne comprendre la position birmane et savoir que, sous le sceau de l'humanitaire, les puissances occidentales se sont spécialisées dans l'introduction des armes , exactions en tous genres, chaos dans les pays rongés par la détresse.
Si concept il y a aujourd'hui, qui couve, qui dissimule l'horreur de ce que les politiques occidentales créent à travers le monde, c'est bien celui de l'humanitaire. L'humanitaire est le meilleur endroit où l'on peut expérimenter le double langage, la perfidie, la fourberie et l'hypocrisie des puissances colonialistes occidentales. Bernard Kouchner l'a bien compris, si bien assimilé qu'au Biafra, le "French doctor" s'était transformé en "French Dealer".  Au point de mettre un concept imparable qui éviterait tout soupçon: l'ingérence humanitaire.

De Médecins sans frontières en passant par l'arche de Zoé, l'idée est la même: pénétrer les pays en détresse pour y faire des expérimentations macabres, des campagnes de déstabilisation des régimes qui ne sont pas en odeur de sainteté ou pas assez "dociles" et par dessus tout des opérations commerciales en tout genre dont la vente d'armes. Et lorsque la détresse survient par les conditions naturelles, alors c'est du pain béni pour nos humanitaires qui ne courent pas ainsi le risque d'être accusés de chacals.

Contrairement à la Birmanie, la Chine peut aujourd'hui se permettre de laisser rentrer sur son territoire, ces pseudo humanitaires, car à ce jour, elle a les moyens de contrôle et même de mater quelconques velléités des pompiers pyromanes de l'humanitaire; ce qui n'est pas le cas de la Birmanie. Le citoyen X  français, anglais et même la victime birmane s'offusque, ne comprend pas un tel "entêtement " du pouvoir à refuser l'aide humanitaire, l'élan de générosité des uns et des autres. Mais c'est que l'aide dont il est ici question, est un cadeau hautement empoisonné et le pouvoir birman en place l'a compris pendant que les politiques occidentales le dissimulent à leurs populations.

Dans une discrétion, non pas celle à l'origine des grandes œuvres, mais celle qui accompagne les actes pervers, une discrétion assassine qui laisse derrière elle des morts, les vendeurs de l'humanitaire créent toutes les conditions du désastre, préparent et injectent le poison pour ensuite, à grands renforts de médias venir se positionner en "Sauveurs". Cela, les pouvoirs birman et chinois l'ont compris au grand dam des vendeurs d'illusions. On peut dire qu'en résistant à cette "aide" que voudraient lui imposer par tous les moyens les tenants de l'ingérence humanitaire, le pouvoir birman évite ainsi un second chaos à son pays; celui-là, pas aussi facile à percevoir, car insidieux.

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11 février 2008

"La France exploite l'Afrique par le biais du franc CFA"

 

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Mamadou Koulibaly, président de l’Assemblée Nationale de Côte d’Ivoire et professeur d’économie, fait la lumière sur les dégâts causés dans les Etats membres de la zone franc en raison de l’indexation de leur monnaie sur le franc français, aujourd’hui sur l’euro. Dans cet entretien réalisé par Ruth Tete et Soh Tadhieu de New African, Mamadou Koulibaly ne mâche pas ses mots et appelle à la création d’une monnaie indépendante, sans lien avec le passé colonial.

   
    Pourriez-vous expliquez à nos lecteurs quels sont les principaux mécanismes de la zone Franc ?
   
    MK: La zone du franc CFA est une union de coopération monétaire dont les leviers de contrôle se situent à Paris où priment les intérêts de la France. Les Etats satellites, membres de cette zone, sont des pays d’Afrique occidentale et centrale. La logique qui sous-tend le fonctionnement de cette zone rappelle la manière dont les Etats de l’Europe de l’Est étaient liés à l’ex-Union soviétique par le biais du Pacte de Varsovie à l’époque de la Guerre froide.
   
Les principes de la coopération monétaire entre la France et les Etats membres de la zone franc ont été énoncés dès les années 1960 dans le cadre d’un pacte colonial. Ce pacte a été modifié par la convention de coopération monétaire du 23 novembre 1972 entre les Etats membres de la Banque des Etats de l'Afrique Centrale (BEAC) et la France d’une part, et par l'accord de coopération du 4 décembre 1973 entre les pays membres de l'Union Monétaire Ouest-africaine (UMOA) et la République française d’autre part.
   
Juste avant que la France n’accède aux demandes d’indépendance des pays africains dans les années 1960, elle a obligé ces Etats à placer 65% leurs réserves de change sur un compte du Trésor français, après avoir défini un taux de change fixe du franc CFA.
   
Bien que la gestion de cette monnaie ait été confiée à des banques centrales communes [BEAC et BCEAO, ndlr], ces banques n’ont d’africain que le nom. En réalité, elles n’ont aucun pouvoir et ne sont rien de plus que de gigantesques institutions bureaucratiques qui ne décident pas des politiques monétaires. Elles sont là pour faire croire aux pays de la zone franc qu’ils sont maîtres de leur destinée.
   
    Les pays de la zone franc continuent de perpétuer un système mis en place par l’ancien bourreau colonial.
   
    Comment décririez-vous la situation financière des pays de la zone franc depuis qu’ils font partie de cette union monétaire ?
   
    MK: La zone franc a engendré un long débat. D’une manière générale, il ne faut pas oublier que cette union a apporté à la France d’immenses avantages en termes de marchés pour ses biens et services. La situation monétaire des pays de la zone franc est une longue histoire de secrets jalousement gardés par la France, dont la seule préoccupation est de préserver ses intérêts.
   
Par exemple, les réserves de change des Etats de la zone franc sont placées sur un compte commun du Trésor français, mais aucun pays africain n’est capable de dire quelle partie de cet argent durement gagné lui appartient. Seule la France a le privilège d’accéder à ces informations.
   
Et pourtant ces fonds, placés sur des «comptes d’opérations», génèrent des intérêts à chaque fois que leur montant est supérieur aux besoins d’importation des pays africains concernés.
   
Ces comptes d’opérations, en vertu des accords de coopération monétaires signés par la France et les pays de la zone franc, sont en théorie assortis du principe de découvert illimité. Cependant, les autorités françaises ont inclus, dans les statuts des banques centrales africaines, des mesures, parfois préventives, destinées à éviter que les comptes d'opérations deviennent constamment débiteurs.
   
Les opérations liées au franc CFA sont secrètes et seul le Trésor français connaît montant des fonds appartenant aux pays de la zone franc placés sur les comptes d’opérations. Seul le Trésor français peut indiquer le niveau de rémunération ainsi que les frais de gestion de compte. Le système est donc opaque et autoritaire.
   
Les économies de la zone Franc sont très vulnérables. Les effets provoqués par le mécanisme de fonctionnement du franc CFA sont asymétriques. Les pays les plus dépensiers de la zone franc peuvent utiliser les réserves de change des pays qui ont une gestion plus prudente. De fait, l’unité monétaire profite aux pays les plus riches et encourage l’exploitation des pays les plus pauvres. L'existence d'un système monétaire stable et unifié n'a pas conduit à l'émergence d'un système bancaire et financier efficace dans les pays africains de la zone franc. Sur les 107 banques que comptent ces pays, 42 avaient fait faillite en 1990. Les réseaux bancaires, qui se sont constitués par la suite, dépendent fortement des banques françaises.
   
La France encourage les pays de la zone franc à vivre largement au-dessus de leurs moyens. Quelle différence y a-t-il entre le Gabon dont les réserves de change sont placées en France et le Ghana, qui possède sa propre monnaie? Ou entre le Cameroun et le Kenya ? Le Bénin et la Tunisie ? Ces questions suscitent des questions légitimes sur le bien-fondé de la zone franc.
   
    La zone franc existe depuis plus de soixante ans. Comment expliquez-vous qu’elle perdure malgré les effets négatifs qu'elle continue de produire dans pays africains ?

    MK: A mon avis, cela est dû à l’influence que la France exerce sur les pays d’Afrique francophone, même si les partisans utilisent les arguments suivants pour défendre leur position : garantie monétaire, qui génère un afflux de capitaux, mesures d’austérité limitant le risque d'inflation et permettant de maintenir l'équilibre de la balance extérieure, et crédibilité de la monnaie.
   
Les partisans du franc CFA font semblant de ne pas voir la répression politique et financière qu’ont exercée les présidents français successifs sur les pays africains qui ont tenté de se retirer de la zone franc. Nous avons été témoins de mesures répressives visant à couper court à toute velléité d’émancipation du système: la protection des intérêts français a engendré récemment des crises au sujet de l’uranium au Niger, de l’or au Mali, du pétrole au Tchad, des matières premières et du transfert des actions d’entreprises du service public en Côte d’Ivoire, auxquelles sont à ajouter d’autres crises au Rwanda, en République démocratique du Congo et au Sénégal.
   
Quand le Sénégal a annoncé récemment qu’il avait découvert du pétrole à Saint Louis, le pays a demandé au Vénézuela de l’aider dans son exploitation, et non à la France. Paris a perçu ce geste comme une trahison et une violation des accords de coopération liant la France aux pays de la zone franc et à leurs ressources.
   
Par ailleurs, les élites et la classe politique africaines n’ont fait qu’empirer la situation en prétendant qu’elles ne possédaient pas les compétences nécessaires pour gérer leur propre monnaie de manière responsable et efficace, à l’inverse des pays occidentaux ou asiatiques.
   
Elles se satisfont de voir Etats africains être réduits l’état de contribuables au profit de la France, avec les 65% de réserves de change qu’ils déposent chaque année auprès du Trésor français ! Et pourtant, nos citoyens n’ont pas la nationalité française, et non pas non plus accès aux services publics dont bénéficient les autres contribuables français. Cela conduit à une situation qu’on ne peut que qualifier d’asservissement volontaire, et qui a incité la population et les acteurs économiques à croire qu’ils ne pouvaient se passer de la France.
   
C’est bien dommage car cette idée est totalement fausse. Le monde est vaste : il suffit de vouloir s’y intégrer de façon libre et responsable par le biais du commerce et non de l’aide étrangère qui réduit les gens à la situation de mendiants. Chaque jour, la mondialisation crée des milliers d’opportunités dont nous ne tirons pas profit, parce que nous sommes piégés dans un système inefficace.
   
    Une réunion des ministres des Finances des pays de la zone franc s’est tenue à Paris le 14 octobre 2007. Cette précède traditionnellement la conférence d'automne de la Banque Mondiale et du FMI. Vous avez été ministre des Finances de Côte d'Ivoire, et peut-être avez-vous eu l’occasion de participer à ces réunions. Beaucoup d’Africains que rien de positif pour le peuple africain ne ressort de ces réunions. Est-ce vrai ?

    MK: Je n’ai jamais participé à ce type de réunion quand j’étais Ministre des Finances. Mais la plupart des pays de la zone franc sont faible. Avec des économies sous perfusion, ils n’ont aucun poids dans les décisions prises dans le cadre de ces réunions. On peut donc se demander pourquoi ils continuent de se rendre à ces réunions dans lesquelles ils n’ont aucune voix. En agissant ainsi, ces pays montrent qu’ils sont convaincus que la France peut tout faire pour eux. Nos pays préfèrent choisir la solution de la facilité même si elle met en danger l’emploi, les revenus, l’épargne et les investissements privés. Nous nous rendons complices du piège de la pauvreté dans lequel nous avons été poussés.
   
    Pourriez-vous citer au moins trois raisons pour lesquelles les Etats africains devraient se libérer du franc CFA?

    MK: En premier lieu, le franc CFA est coercitif, injuste et moralement indéfendable. Il a favorisé la corruption de l’Etat. Au moment des élections françaises, les pays de la zone franc sont sans cesse sollicités pour donner des dons aux hommes politiques français, une obligation qui ne peut se justifier. Ces «cadeaux» ont été à l’origine de nombreux conflits et ouvrent la voie à de nombreuses autres formes de corruption.
   
Ce sont ces relations qui perpétuent le monopole français dans les pays de la zone franc, malgré la mondialisation. Sous prétexte d’aider les pays pauvres avec l’argent du contribuable français, c’est la classe politique française et africaine qui s’enrichit de manière illicite. Cette réalité justifie à elle seule l’abandon de la zone franc.
   
La libéralisation économique et financière ne peut se produire avec un taux de change fixe et une zone d’influence économique créée artificiellement.
   
En fait, l’émergence de tensions apparues au sein du système monétaire international et les crises financières de ces dernières années portent à croire que le choix du régime de taux de change dépend du système d’engagements pris auprès des autorités monétaires. Et pourtant, la restriction de la liberté des pays de la zone franc dans le domaine de la politique monétaire ne protège pas du risque de dévaluation du franc CFA. Ainsi, dans les années 90, faisant fi de la clause de découvert illimité, la France a ordonné la dévaluation du franc CFA. Avant la dévaluation, 1 franc français s’échangeait contre 50 francs CFA. En 1994, après la dévaluation, 1 FF s’échangera contre 100 FCFA. Les autorités françaises sont pourtant arrivées à faire croire que le taux de dévaluation était de 50%, alors que nous venions de subir une dévaluation de 100% !
   
    Après l’abandon du système, quel avenir monétaire proposez-vous aux pays africains du point de vue monétaire ?

    MK: Etant donné les enjeux, il est nécessaire d’entreprendre des réformes financières et monétaires. La monnaie doit être au service de l’économie. Elle doit s’adapter au contexte économique actuel. A cet effet, il faut permettre aux pays de se prémunir contre les chocs asymétriques, d’améliorer la convergence et l’ajustement macroéconomiques et de financer le développement.
   
Il est vital aujourd’hui que le franc CFA acquière une autonomie, qu’il se libère du joug colonial. Il est grand temps que les pays africains assument les conséquences d’une politique macroéconomique librement choisie. Il n’y a pas de secret. Il suffit que nous décidions de nous choisir nos politiques et d’en assumer la responsabilité. La liberté n’a de sens que si elle est assortie de responsabilité.
   
Une fois la rupture accomplie, les pays de l’ex-zone franc devront créer leur propre système basé sur des principes simples : accès direct aux marchés internationaux sans tuteur, c'est-à-dire la France, mise en place d’un système fiscal simple sans règles d’imposition incompréhensibles, taux de changes flexible par rapport aux principales monnaies. Pour atteindre cet objectif, les pays concernés ont deux possibilités. La première consisterait à créer des monnaies nationales indépendantes, avec une parité flexible comme les monnaies de l’Union Européenne avant l’introduction de l’euro. Cette solution peut fonctionner uniquement si les banques sont privées et indépendantes et que les banques centrales ont la liberté de mettre en œuvre des politiques monétaires crédibles.
   
La deuxième option, c’est que les pays africains s’unissent et créer une monnaie commune, mais cela suppose un gouvernement unique, contrôlée par une banque centrale unique et indépendante du pouvoir politique, ainsi qu’une politique économique monétaire et budgétaire uniques.
   
Quelle que soit la solution adoptée, les Etats doivent être démocratiques. Ils doivent indiquer clairement à leurs citoyens leurs droits de propriété et leur accorder la liberté de décider s’ils veulent hypothéquer ces droits. Tout commence avec l’attribution du droit de propriété aux citoyens, un droit qui les fera émerger de la pauvreté. Le libre échange fera le reste.
   
    En 2005, vous avez publié un livre intitulé «Les servitudes du pacte colonial». Pourriez-vous expliquer brièvement le sujet de cet ouvrage et le message qu’il transmet ?

    MK: L’objectif de ce livre était de faire connaître au public le «pacte colonial», fondement des accords de coopération franco-africains. Il s’agit d’un modèle institué par la France sous De Gaulle à la veille de l’indépendance des Etats d’Afrique francophones, destiné à contrôler indirectement les affaires de ces pays de manière subtile, sans apparaître en première ligne comme pendant la longue période coloniale. Le livre publie les textes utilisés pour organiser les interventions de l’Etat français, malgré la fin de l’époque coloniale dans les années 1960. Selon ce pacte colonial, les présidents des Etats d’Afrique francophone doivent diriger leurs pays en fonction des intérêts de Paris.
   
L’indépendance s’est donc résumée au transfert de compétences de l’Elysée aux chefs d’Etat africains, qui doivent faire acte d’allégeance à la France, et non aux peuples qu’ils gouvernent.
   
Paris se charge de leur dicter les politiques à adopter. Ce livre révèle comment les accords de Défense sont en réalité que des accords commerciaux obligeant les Etats d’Afrique francophone à conserver des bases militaires françaises sur leur sol, avec des soldats prêts à intervenir pour chasser les dirigeants récalcitrants afin de les remplacer par des individus plus dociles.
   
Dans ce livre, on découvre que la France détient un monopole sur toutes les matières premières de l’Afrique francophone. On apprend comment la France a pris des mesures pour s’assurer qu’elle conserverait toutes ses prérogatives coloniales après avoir accordé «l’indépendance» aux pays africains.
   
Par le biais de ce pacte colonial, la France est demeurée omniprésente en Afrique francophone et a conservé les avantages d’hier. Paris a confisqué la véritable indépendance des pays d’Afrique francophone.
   
Nous nous devons de dénoncer collectivement ce pacte colonial. Lors de sa visite au Sénégal en juillet 2007, le fraîchement élu président français Nicolas Sarkozy a reconnu que la colonisation était un crime contre l’humanité, mais a refusé de se repentir. Les Africains doivent dénoncer tous les accords et systèmes qui éloignent l’Afrique des marchés. Le pacte colonial constitue une violation du droit de propriété africain.
   
    Etes-vous parvenu à transmettre ce message à travers ce livre ?
   
    MK: Je pense que oui. Je voulais partager mes convictions avec un grand nombre d’Africains. Et d’amis de l’Afrique, afin qu’ils soient dans une meilleure position pour mesurer les dangers du pacte colonial, du contrôle de l’Etat, et surtout de prendre conscience que la gestion de l’économie sous l’emprise du pacte colonial est une source de pauvreté dans nos pays. Nous ne voulons pas l’aumône ; notre problème n’est pas le manque d’argent. Je suis convaincu que nous devons avant tout revendiquer clairement nos droits de propriété sur nos terres et nos ressources, qui ont été aliénées par les colons, et dont le pacte colonial nous dépossède aujourd’hui. Enfin, je voulais dire que l’Afrique a un besoin urgent de libertés individuelles, d’un contrôle de l’Etat limité, de marchés libres, d’une société ouverte et de la paix, qui ne peuvent exister que si la liberté économique et politique est respectée.
   
    In New African, Janvier 2008


 


 

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19 novembre 2007

Les enfants tués par le rallye dakar et Amaury Sport Organisation avaient écrit.

Journée Internationale de l’Enfant 2007

 

La lettre de Djaligué et Zeinabou Guimoké 

 

Petite maman chérie, 

Tout petit frère adoré,
Petit papa aimé,

 

 

Nous allons mourir !

Nous n’irons plus à la petite école d’Ebobolo Fia apprendre à lire dans l’abécédaire Mamadou et Bineta. 

Nous allons mourir ! Le sinistre Rallye Dakar qui en a seul décidé nous l’a promis. C’est la condition pour que Amaury Sport Organisation réalise ses gigantesques profits financiers en distrayant ses riches délinquants racistes.

 

Ce que nous vous demandons, toi, en particulier petite maman, c’est d’être courageuse. Nous le sommes et nous voulons l’être autant que ceux qui y sont passé avant nous.

Certes, nous aurions voulu vivre. Mais notre droit à la vie et à la protection n’intéresse pas Mme Ramatoulaye Yade-Zimet, Secrétaire d’Etat française chargée des Droits de l’Homme. Le gouvernement français ne veut pas interdire à cet escadron de la mort rallye Dakar qui est français de fondre sur nos pistes africaines comme la pauvreté sur le monde…tout en protégeant ses chères têtes blondes et en annulant les rallyes qui les tuent en France ! 

Mais ce que nous souhaitons de tout notre cœur, c’est que notre mort serve enfin à quelque chose.

 

Nous vous appelons donc à la résistance. 

Vous nous avez appris la patience et la tolérance mais si cela continue, il n’y aura bientôt plus personne au village. Si vous ne faites rien, ces démons blancs continueront à venir chaque année tuer nos frères et nos sœurs.

 

Depuis 30 ans, les lois et le droit qu’ils ont exporté ne s’appliquent pas quand ces bandits occidentaux commettent des crimes sur nous ou chez nous.

Appelez au secours nos résistants sub-sahariens qui sont rentrés en rébellion contre la colonisation où qu’ils soient. 

Qu’ils viennent à notre secours avec tous leurs moyens que nous n’avons pas puisque notre gouvernement lui, ne nous protégera pas des criminels étrangers mais sablera le champagne avec eux.

 

Les assassins du rallye Dakar sont impunis depuis 30 ans, forts du soutien indéfectible et de la protection de leurs gouvernements respectifs. Ils savent, le président de la France l’a rappelé il y a quelques jours encore, qu’ils seront protégés quoi qu’ils nous fassent.

 Faites chauffer les tambours de village à village. Passez le message.

Dès que les tueurs sont pressentis, truffez les pistes de ces épines acérées que vous nous avez appris à éviter. Elles crèveront utilement quelques roues.

 

Quand vous serez réquisitionnés pour le bivouac, le suc de nos plantes saura les envoyer durablement aux feuillées. Toujours ça de pris comme engrais organique.

Quémandez servilement des morceaux de sucre que vous introduirez subrepticement dans les réservoirs de leurs engins. 

Le caramel est bon pour tout.

 

A la nuit tombée organisez un discret lâcher de serpents, détournez le parcours des fourmis magnans est chose facile : construisez-leur un tracé terrestre ou aérien qui les mènera droit aux tentes et aux cases.

Ils disent que nous sommes de grands enfants qui ont la fête et la danse dans le sang. Dansez et hurlez s’il vous plaît toute la nuit pour eux, dans un grand fracas de casseroles et autres ustensiles.  

Rien ne doit empêcher Kongolo d’exprimer son supposé talent de chanteur : quelques bières frelatées sauront lui rendre cette voix de goret coincé dans les sissongos qui nous a si souvent fait fuir.

 

Il faut absolument leur garantir de longues nuits de bruyante et inconfortable quiétude.

Bref, nuisez avec de grands sourires niais. 

Quand ces individus sans âme approcheront nos sœurs à peine nubiles (ils le font toujours) pour des rapprochements humanitaires non consentis, circoncisez-les à vif nuitamment, il paraît que cela évite le sida. Ce sera une oeuvre de salubrité publique pour nous qui ne disposons pas du moindre médicament mais qui leur servons de cobayes pour les recherches qui sauvent leurs vies occidentales.

 

Quand un villageois perdra la vie, puisque la justice ne lui sera jamais rendue, appliquez la loi du talion. Œil pour œil, dent pour dent. C’est la Bible qu’ils nous ont imposée avec leurs prêtres et évangélistes pédophiles qui le dit.

D’autres appliquent même 2 yeux pour un œil sans que la cour internationale de justice ne se manifeste. 

N’oubliez surtout pas de pleurer bruyamment la mort inopinée de ces criminels qui vous désolera forcément plus que votre deuil à vous.

 

Evitez comme la peste leur hôpital volant ultra sophistiqué où ils vont vous attirer sous le prétexte de soigner les malades. Leur appât du gain est tel qu’ils sont capables de vous délester en quelques minutes d’organes utiles qu’ils revendront très cher puisqu’il n’y a pas pour ces gens-là de petits profits.

Nous n’avons pas eu le temps d’embrasser Lamine. Nous avons embrassé nos deux frères Mor Lame et Konaté (1). Quant au véritable nous ne pouvons le faire hélas ! 

(pas trop compris mais c’est dans la lettre originale)

 

Nous espérons que toutes nos affaires te seront renvoyées, si elles n’ont pas trop souffert du choc des imposants 4X4, des motos ou des camions, même et surtout d’assistance. Elles pourront servir à Soumaoro et à Fatou, qui nous l’escomptons seront fiers de les porter un jour.

   


À toi petit papa, si nous vous avons fait ainsi qu’à petite maman, bien des peines, nous te saluons une dernière fois. Sache que nous avons fait de notre mieux pour suivre la voie que tu nous as tracée.  

Un dernier adieu à tous nos amis, à notre frère que nous aimons beaucoup. Qu’il étudie bien pour être plus tard un homme qui ne se laissera plus asservir.

10 et 11 ans, notre vie aura été courte ! Nous n’avons aucun regret, si ce n’est de vous quitter tous prématurément et de ne pas pourrir avec vous les prochains rallyes Dakar. 

Nous allons mourir comme Mohamed et Boubacar. Quand nous les retrouverons, nous aurons le plaisir de leur conter les péripéties de la Résistance.

 

Maman, ce que nous te demandons, ce que nous voulons que tu nous promettes, c’est d’être courageuse et de surmonter ta peine. Nous ne pouvons en mettre davantage. Les rabatteurs et les soit disant commissaires hurlent dans les porte-voix…

Nous vous quittons tous, toutes, toi maman, Soumaoro et Fatou, papa, en vous embrassant de tout notre cœur d’enfants. Courage !  

Vos Djaligué et Zeinabou qui vous aiment.

 

Djaligué et Zeinabou.

 

Dernière pensée : Vous qui restez, soyez dignes de nous, les innombrables qui allons encore mourir sous les roues du Rallye Dakar. Résistez par tous les moyens et boutez-le hors d’Afrique.

 

Collectif Actions pour les Victimes Anonymes du Dakar

 

http://www.stop-rallyedakar.com

 

Assassiner des enfants n’est pas un sport !

 

To assassinate children is not a sport !

 

Hymne “Stoppez le Dakar” chanté par Sheraze et les Minots:

 

http://www.dailymotion.com/Balkys/video/xrcw3_sheraze-et-les-minots-stoppez-le-da_music

 

Diaporama sur : http://www.dailymotion.com/Balkys/video/xta9m_stoppez-le-dakar-2_sport

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05 novembre 2007

PATRICK POIVRE D'ARVOR: La subliminale Négrophobie

" Bonsoir Marc, nous sommes heureux de vous retrouver sain et sauf " C'est en ces termes que Poivre Arvor Patrick dit PPDA,  le journaliste vedette de TF1 a accueilli son homologue et compatriote Marc Garmirian qui accompagnait le convoi voleur d'enfants l'Arche de Zoé à Abéché en esquissant un sourire qui en dit long sur le message qu'il diffuse.
Voilà le genre de phrase subliminale dont les journalistes ont le secret, pour faire passer leurs idées nauséabondes et négrophobes dans un climat aussi tendu. Laisser croire qu'être enfermé dans une geôle tchadienne dans des conditions, de l'aveu même du concerné (Marc Garmirian), de confort supérieur à celles qui sévissent, participent de la volonté d'extraire cette bande de dealers d'organes d'enfants et accessoirement de pédophilie (?) de la justice tchadienne. Les images parlent d'elles mêmes, les Français n'ont jamais été emprisonnés comme il se doit jusqu'à ce moment.

Mais l'homme vedette de TF1 comme le commun des français, a la mémoire qui flanche dès lors qu'il lui faut faire un exercice d'honnêteté vis à vis de l'africain ou du Noir. C'est pourtant cette France où les geôles sont un paradis qui est constamment épinglée pour le taux de mortalité assez élevé qui sévit dans l'univers carcéral et l'état d'insalubrité qui n'envie rien aux geôles tchadiennes. C'est pourtant dans ce pays développé que Lamine Dieng, ce jeune garçon en pleine santé est retrouvé mort dans un car de police et dont les conditions ne sont jusqu'aujourd'hui encore pas élucidées.  Je ne ferai pas une liste exhaustive des morts africains dans les geôles françaises. Monsieur Poivre Arvor, face à un tel bilan, vous devriez observer un peu d'humilité et  réviser vos fondamentaux journalistiques; je sais que c'est trop vous demander ainsi qu'à vos collègues, mais là vous démontrez une fois de plus que les médias français dont vous êtes la star, baignent dans une brillante médiocrité.

Les éternels Accords: 24 octobre 1976

Par tous les moyens, la France voudrait extraire ses bandits des mains de la justice. Après avoir mis la pression sur le valet Idriss Déby, voilà qu'elle déterre les accords de coopération. En invoquant l'accord, "l'équipée assez lamentable" pour reprendre l'expression minimaliste de Nicolas Sarkozy, ne sera qu'un fait divers que l'on aura sitôt oubliée. C'est de cette façon que les morts du Rallye Dakar par les mêmes occidentaux sont qualifiés d'incidents malheureux.

Selon ces accords, on devrait extrader les assassins du fils de Déby vers le Tchad, pour qu'ils y soient jugés. A moins que le concerné lui même soit plus soucieux de rester au pouvoir que de connaître les meurtriers de son fils.

Démonstrations farfelues et fantaisistes.

Pour montrer le bien fondé de l'accord de coopération de la justice, on nous sort l'affaire de cette mère meurtrière Véronique Courjault, qui a congelé ses enfants en Corée du Sud. Mais ce que l'on omet volontairement de nous dire, c'est que ce meurtre concerne des français. Véronique Courjault n'a pas tué des enfants sud coréens. Les tenants de cette théorie n'ont qu'à aller perpétrer un meurtre sur un sud coréen pour voir la force des accords.

La démonstration ne s'arrête pas là. On nous parle de l'affaire Bernard Cantat et Marie Trintignant en Lituanie. D'abord, il faut dire qu'il a été jugé en Lituanie et aussi, comme l'autre affaire, il s'agit d'un français qui donne la mort à une française. Donc il est facile que les accords fonctionnent sans ambigüités.

Faire de tels parallèles dans le seul but de nier la compétence des juridictions africaines à juger un "Blanc" relève du comportement colonialiste dont la France a du mal à se débarrasser. Les bandits dont le chef de file est Eric Breteau, ont voulu enlevé des enfants tchadiens au Tchad. Et la pseudo coopération juridique ici, est nulle et sans effet. De plus, a moins de pressions comme ce fut le cas pour la libération des journalistes, le Tchad n'est pas tenu de répondre à cette demande qui est une négation de compétence.

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Posté par MBOA à 22:05 - COLONISATION SOFT - Commentaires [15] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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