04 septembre 2008
CÔTE-D'IVOIRE, Le Lycée Blaise-pascal: LA REGRESSION EN MARCHE
Au moment où l'Europe fait le choix de se constituer en un grand ensemble pour des raisons économiques, démographiques, stratégiques et aussi surtout culturelles, l'Afrique fait le choix de continuer dans l'amoncellement, l'isolement par dislocation dans lequel elle a été assignée depuis 1884 par les politiques de prédation des européens. Pendant que l'Europe s'enracine dans son rejet de l'autre par le renouvellement de ses recettes d'hier, qui font de l'Afrique son paillasson pour emprunter l'expression et toutes ses allusions et connotations à la secrétaire d'état aux droits de l'homme en France, l'Afrique persiste à ne pas comprendre qu'elle est en guerre, et continue consciemment à se livrer à ses bourreaux.
C'est dans cet esprit que l'on pourrait classer la ré-ouverture en Côte-d'ivoire du lycée français Blaise Pascal et que la presse française (Gratuit N° 308 Direct-Matin du mercredi 3 septembre, page 07) reprend en ces termes bien ciblés: " Totalement détruit lors des violences anti-françaises de novembre 2004, le lycée français Blaise-Pascal d'Abidjan, en côte d'ivoire, a rouvert ses portes hier. Il accueille pour cette première rentrée 950 élèves de la sixième en terminale".
Les mots ayant un sens, chaque lecteur à travers le monde qui aura accès à ce journal, lira, comprendra et retiendra que: parce que haineux, nourrissant des sentiments anti-français, les ivoiriens s'étaient livrés à la destruction gratuite d'un lycée français (somme toute sur un territoire "indépendant" ivoirien). Minimisant, ignorant, crachant sur près de la centaine d'ivoiriens morts sous les balles des militaires français et la destruction de l'aviation et autres infrastructures, celui qui rapporte les faits met en exergue la violence mais bien plus, la haine gratuite des ivoiriens à l'endroit des français. Le contexte qui a conduit à cette violence n'est qu'un vulgaire détail et les morts ivoiriens avec; seul compte l'œuvre de civilisation de la France en terre africaine. Cette attitude ne surprendra plus que celui ou celle qui n'a pas compris les enjeux et continue à se nourrir, comme le disait Thomas Sankara: " ...des illusions sur la condescendance suspecte d’un maître qui prétend l’affranchir. Seule la lutte libère... ".
En plus d'une présence militaire dont on nous dit être le résultat des accords ???, qui lui assure la mainmise sur les richesses et leur pillage pour le bénéfice de sa population au détriment des ayants-droits, la France continue l'autre versant de sa politique de destruction du continent par la voie de la culture bien évidemment avec ses complicités africaines directes et indirectes (ici ceux et celles qui par ignorance, s'émerveillent devant la culture occidentale). En maintenant ses barbouzes africains au pouvoir par tous les moyens mêmes les plus scandaleux et antidémocratiques, l'hexagone continue sa colonisation en terre francophone pendant que l'Italie indemnise les libyens.
Les centres dits "culturels français", les établissements français sont ces moyens de pérennisation de cette mort programmée et acceptée par les africains. Qu'est ce qui justifie ce statut de privilégié de ces immigrés français en terre ivoirienne et africaine tout simplement ? Ne se pose t-il pas la question de leur intégration au même titre que la France la pose à ses immigrés sur son territoire ? Sont-ils tous en règle dans ces pays, où ils se font du fric comme me l'avouait un immigré français au Gabon incapable de dire un seul mot dans la langue de la localité où il se fait du pognon ?
Le vrai scandale vient du fait que, ce que la France ne permet pas aux africains sur son territoire, les africains avalisent, autorisent, cautionnement chez eux ces comportements perçus comme tares et concèdent à la France des libertés qu'ils ne concéderaient même pas aux leurs, sachant pourtant qu'ils sont méprisés et interdits de rester eux-même c'est-à-dire d'exprimer leur culture en terre hexagonale. La soumission à cette colonisation atteint le comble, lorsque ces établissements (Dominique Savio, Fustel Coulanges, Lycée Blaise-Pascal etc.) sont perçus par les africains comme des lieux de l'excellence poussant au snobisme et au mépris, ceux des compatriotes ayant fait le choix d'envoyer leurs progénitures dans les établissements locaux. Au poids des programmes scolaires déjà inadaptés et destructeurs de toute prise de conscience, s'ajoute celui de la glorification des héros venus d'ailleurs dans les frontons des établissements. Quelle galère !
Quel est l'intérêt de ce lycée Blaise-Pascal comme de biens d'autres en terre africaine, si ce n'est la pérennisation de la colonisation, de l'oubli des langues africaines, de la négation des héros africains, de négation de la culture africaine. Si ce n'est l' expression d'une culture hexagonale qui a résolumment décidé d'en finir avec une autre depuis l'expédition militaire de Napoleon Bonaparte en Egypte en 1798 et qui continue donc son travail de sape par des insituts et autres centres dits de "Savoir". Si ce n'est enfin l'aveu de faiblesse de l'Afrique incapable de défendre sa culture.
21 août 2008
DES HONNEURS OU DESHONNEUR NATIONAL ?
Jamais
un hommage, même national, n'a rendu la vie à quiconque. Jamais un hommage national ne
rendra aux parents un enfant tué quelles que soient les raisons. Tout comme jamais
un hommage national ne ramènera à sa progéniture un père mort et ne comblera le
vide laissé auprès de ces orphelins prématurés. Paraphrasant Dalida, nous dirons, malgré toute la solennelité et le caractère national, ce ne sont que :"paroles,
paroles, paroles".Une décoration reçue de son vivant est toujours plus
gratifiante qu'une décoration accordée de manière opportuniste à titre
posthume, puisque le récipiendaire n'en bénéficiera pas.
Ah que c'est vrai ! Comment pourrait-on passer à côté ? La leçon, on nous l'a
distillée et on continue à la propager comme à l'époque, on proclamait la barbarie,
la sauvagerie des peuples lointains pour ainsi faciliter leur massacre.
L'histoire n'est-elle pas finalement que répétition ? Aujourd'hui ce sont
l'extrémisme, le terrorisme, l'horreur que sont et représentent ces Afghans qui rythment notre quotidien, sont enseignés aux populations comme dans des offices religieux
pour les habituer à cautionner l’inacceptable sans opposer de résistance, pour les attendrir à la mort que
l'on exporte chez les autres parce que pas comme nous, pour les enrôler dans le
commerce de l’esclavage et de la soumission des autres par la force. C'est pour
aller combattre ces barbares, ces fanatiques, ces extrémistes, ces horribles, ces terroristes afghans que les soldats français sont morts. Ils sont morts
pour la France mais loin de la France pourtant.Mais
nous devons apprendre à retenir et à intégrer que c’est pour le BIEN, qu’ils sont morts. Voila ce qu’une certaine histoire voudra faire
admettre et faire retenir.
Défendre
son territoire, sa patrie est aujourd'hui synonyme de terrorisme, de barbarie.
Défendre ses valeurs, sa culture face à l'invasion
démocratique à coups de canon n’est plus un signe d’honneur, plutôt un acte
de terreur, de barbarie, d'obscurantisme qui vaut à ceux qui l’engagent tous les châtiments en commençant par
ceux de l’injure gratuite, de l’humiliation perpétuelle pour aboutir à la mort. L’Irak et la Palestine en sont des illustrations parfaites de cette exportation massive de mort démocratique.
Pourtant
quelques années auparavant, les mêmes actes étaient valorisés et leurs auteurs
érigés au rang de héros nationaux. Ils étaient couverts d'honneurs et l'opprobre étaient très loin de les approcher même lorsque l'analyse profonde de leurs actes donnerait une autre lecture. C'est ainsi que untel ou untel autre est présenté en
hexagone comme résistant, pour avoir nous dit-on, résisté face aux allemands. Même
Guy Môquet n’y a pas échappé. N'est-ce pas ce résistant que nos enfants
devraient par cœur connaître et chanter les louanges ce depuis les berceaux ? Des irakiens aux afghans
en passant par les palestiniens, lorsqu'ils opposent la résistance aux fils de
résistants d'hier, sont par contre des terroristes; pénurie de mots ou simple volonté de détruire?. Résistance en Occident,
terrorisme ailleurs telle est la devise.Ce n'est qu'une question de référentiel et seul celui de l'occident est la norme. Pour coloniser les autres, on commence par coloniser nos pensées, empêchant toute réflexion critique.
Sous
le couvert d'une lutte pour une certaine idée de la liberté, Afghans, Irakiens,
Palestiniens et bien d'autres peuples, doivent accepter l'occupation, l’invasion,
l’annexion de leur territoire, l’extermination de leur culture par des commerçants
de la démocratie à coups de bombes et se faire esclaves pour que vive cette
liberté universelle tant louée par l’Occident. Au
nom de quel principe les Afghans doivent-ils accepter ce que les Français ont
refusé face aux Allemands ? Tout le monde se refuse à cette
interrogation comme à tant d’autres.
Par couardise ou par manque d'honnêteté, l'unanimité est faite sur
l'exportation de cette mort sure et certaine que l'on distribue aux autres et dont
l’Occident est le chantre et roi absolu. Nous acceptons et colportons des
étiquettes abusives et erronées qu'on leur colle à tort parce qu’ils résistent.
Pas une seule voix pour s'opposer à ce que l’on n’acceptera pas chez soi. La violence va même jusqu'à travestir les termes, le sens des actes. Une résistance afghane, palestinienne ou irakienne est qualifiée terroriste, barbare.
Et
si les Afghans ne faisaient qu'appliquer les refrains de "liberté" tant clamée dans
l'hymne national de la France
Voir le Texte de Alternative Democrate ici
29 mai 2008
L'HUMANITAIRE NE FERA PAS SOUFFRIR LA BIRMANIE UNE SECONDE FOIS
Comme à leur habitude nos grandes âmes humanitaires occidentales s'offusquent, sont scandalisées, elles sont outrées face à l' intransigeance birmane de ne pas accepter sur son sol, des prébendiers, des déstabilisateurs, des cyniques , des pontes du misérabilisme qui, sous le couvert de l'aide, profiteront de cette "manne" naturelle pour s'introduire et instaurer le chaos et sans vergogne, se feront de l'argent sur le dos des victimes.
Il faut être naïf pour ne comprendre la position birmane et savoir que, sous le sceau de l'humanitaire, les puissances occidentales se sont spécialisées dans l'introduction des armes , exactions en tous genres, chaos dans les pays rongés par la détresse.
Si concept il y a aujourd'hui, qui couve, qui dissimule l'horreur de ce que les politiques occidentales créent à travers le monde, c'est bien celui de l'humanitaire. L'humanitaire est le meilleur endroit où l'on peut expérimenter le double langage, la perfidie, la fourberie et l'hypocrisie des puissances colonialistes occidentales. Bernard Kouchner l'a bien compris, si bien assimilé qu'au Biafra, le "French doctor" s'était transformé en "French Dealer". Au point de mettre un concept imparable qui éviterait tout soupçon: l'ingérence humanitaire.
De Médecins sans frontières en passant par l'arche de Zoé, l'idée est la même: pénétrer les pays en détresse pour y faire des expérimentations macabres, des campagnes de déstabilisation des régimes qui ne sont pas en odeur de sainteté ou pas assez "dociles" et par dessus tout des opérations commerciales en tout genre dont la vente d'armes. Et lorsque la détresse survient par les conditions naturelles, alors c'est du pain béni pour nos humanitaires qui ne courent pas ainsi le risque d'être accusés de chacals.
Contrairement à la Birmanie, la Chine peut aujourd'hui se permettre de laisser rentrer sur son territoire, ces pseudo humanitaires, car à ce jour, elle a les moyens de contrôle et même de mater quelconques velléités des pompiers pyromanes de l'humanitaire; ce qui n'est pas le cas de la Birmanie. Le citoyen X français, anglais et même la victime birmane s'offusque, ne comprend pas un tel "entêtement " du pouvoir à refuser l'aide humanitaire, l'élan de générosité des uns et des autres. Mais c'est que l'aide dont il est ici question, est un cadeau hautement empoisonné et le pouvoir birman en place l'a compris pendant que les politiques occidentales le dissimulent à leurs populations.
Dans une discrétion, non pas celle à l'origine des grandes œuvres, mais celle qui accompagne les actes pervers, une discrétion assassine qui laisse derrière elle des morts, les vendeurs de l'humanitaire créent toutes les conditions du désastre, préparent et injectent le poison pour ensuite, à grands renforts de médias venir se positionner en "Sauveurs". Cela, les pouvoirs birman et chinois l'ont compris au grand dam des vendeurs d'illusions. On peut dire qu'en résistant à cette "aide" que voudraient lui imposer par tous les moyens les tenants de l'ingérence humanitaire, le pouvoir birman évite ainsi un second chaos à son pays; celui-là, pas aussi facile à percevoir, car insidieux.
11 février 2008
"La France exploite l'Afrique par le biais du franc CFA"

Mamadou Koulibaly, président de l’Assemblée Nationale de Côte d’Ivoire
et professeur d’économie, fait la lumière sur les dégâts causés dans
les Etats membres de la zone franc en raison de l’indexation de leur
monnaie sur le franc français, aujourd’hui sur l’euro. Dans cet
entretien réalisé par Ruth Tete et Soh Tadhieu de New African, Mamadou
Koulibaly ne mâche pas ses mots et appelle à la création d’une monnaie
indépendante, sans lien avec le passé colonial.
Pourriez-vous expliquez à nos lecteurs quels sont les principaux mécanismes de la zone Franc ?
MK:
La zone du franc CFA est une union de coopération monétaire dont les
leviers de contrôle se situent à Paris où priment les intérêts de la
France. Les Etats satellites, membres de cette zone, sont des pays
d’Afrique occidentale et centrale. La logique qui sous-tend le
fonctionnement de cette zone rappelle la manière dont les Etats de
l’Europe de l’Est étaient liés à l’ex-Union soviétique par le biais du
Pacte de Varsovie à l’époque de la Guerre froide.
Les principes de la coopération monétaire entre la France et les Etats
membres de la zone franc ont été énoncés dès les années 1960 dans le
cadre d’un pacte colonial. Ce pacte a été modifié par la convention de
coopération monétaire du 23 novembre 1972 entre les Etats membres de la
Banque des Etats de l'Afrique Centrale (BEAC) et la France d’une part,
et par l'accord de coopération du 4 décembre 1973 entre les pays
membres de l'Union Monétaire Ouest-africaine (UMOA) et la République
française d’autre part.
Juste avant que la France n’accède aux demandes d’indépendance des pays
africains dans les années 1960, elle a obligé ces Etats à placer 65%
leurs réserves de change sur un compte du Trésor français, après avoir
défini un taux de change fixe du franc CFA.
Bien que la gestion de cette monnaie ait été confiée à des banques
centrales communes [BEAC et BCEAO, ndlr], ces banques n’ont d’africain
que le nom. En réalité, elles n’ont aucun pouvoir et ne sont rien de
plus que de gigantesques institutions bureaucratiques qui ne décident
pas des politiques monétaires. Elles sont là pour faire croire aux pays
de la zone franc qu’ils sont maîtres de leur destinée.
Les pays de la zone franc continuent de perpétuer un système mis en place par l’ancien bourreau colonial.
Comment décririez-vous la situation financière des pays de la zone franc depuis qu’ils font partie de cette union monétaire ?
MK:
La zone franc a engendré un long débat. D’une manière générale, il ne
faut pas oublier que cette union a apporté à la France d’immenses
avantages en termes de marchés pour ses biens et services. La situation
monétaire des pays de la zone franc est une longue histoire de secrets
jalousement gardés par la France, dont la seule préoccupation est de
préserver ses intérêts.
Par exemple, les réserves de change des
Etats de la zone franc sont placées sur un compte commun du Trésor
français, mais aucun pays africain n’est capable de dire quelle partie
de cet argent durement gagné lui appartient. Seule la France a le
privilège d’accéder à ces informations.
Et pourtant ces fonds, placés sur des «comptes d’opérations», génèrent
des intérêts à chaque fois que leur montant est supérieur aux besoins
d’importation des pays africains concernés.
Ces comptes d’opérations, en vertu des accords de coopération
monétaires signés par la France et les pays de la zone franc, sont en
théorie assortis du principe de découvert illimité. Cependant, les
autorités françaises ont inclus, dans les statuts des banques centrales
africaines, des mesures, parfois préventives, destinées à éviter que
les comptes d'opérations deviennent constamment débiteurs.
Les opérations liées au franc CFA sont
secrètes et seul le Trésor français connaît montant des fonds
appartenant aux pays de la zone franc placés sur les comptes
d’opérations. Seul le Trésor français peut indiquer le niveau de
rémunération ainsi que les frais de gestion de compte. Le système est
donc opaque et autoritaire.
Les économies de la zone Franc sont très vulnérables. Les effets
provoqués par le mécanisme de fonctionnement du franc CFA sont
asymétriques. Les pays les plus dépensiers de la zone franc peuvent
utiliser les réserves de change des pays qui ont une gestion plus
prudente. De fait, l’unité monétaire profite aux pays les plus riches
et encourage l’exploitation des pays les plus pauvres. L'existence d'un
système monétaire stable et unifié n'a pas conduit à l'émergence d'un
système bancaire et financier efficace dans les pays africains de la
zone franc. Sur les 107 banques que comptent ces pays, 42 avaient fait
faillite en 1990. Les réseaux bancaires, qui se sont constitués par la
suite, dépendent fortement des banques françaises.
La France encourage les pays de la zone franc à vivre largement
au-dessus de leurs moyens. Quelle différence y a-t-il entre le Gabon
dont les réserves de change sont placées en France et le Ghana, qui
possède sa propre monnaie? Ou entre le Cameroun et le Kenya ? Le Bénin
et la Tunisie ? Ces questions suscitent des questions légitimes sur le
bien-fondé de la zone franc.
La
zone franc existe depuis plus de soixante ans. Comment expliquez-vous
qu’elle perdure malgré les effets négatifs qu'elle continue de produire
dans pays africains ?
MK:
A mon avis, cela est dû à l’influence que la France exerce sur les pays
d’Afrique francophone, même si les partisans utilisent les arguments
suivants pour défendre leur position : garantie monétaire, qui génère
un afflux de capitaux, mesures d’austérité limitant le risque
d'inflation et permettant de maintenir l'équilibre de la balance
extérieure, et crédibilité de la monnaie.
Les partisans du franc CFA font
semblant de ne pas voir la répression politique et financière qu’ont
exercée les présidents français successifs sur les pays africains qui
ont tenté de se retirer de la zone franc. Nous avons été témoins de
mesures répressives visant à couper court à toute velléité
d’émancipation du système: la protection des intérêts français a
engendré récemment des crises au sujet de l’uranium au Niger, de l’or
au Mali, du pétrole au Tchad, des matières premières et du transfert
des actions d’entreprises du service public en Côte d’Ivoire,
auxquelles sont à ajouter d’autres crises au Rwanda, en République
démocratique du Congo et au Sénégal.
Quand le Sénégal a annoncé récemment qu’il avait découvert du pétrole à
Saint Louis, le pays a demandé au Vénézuela de l’aider dans son
exploitation, et non à la France. Paris a perçu ce geste comme une
trahison et une violation des accords de coopération liant la France
aux pays de la zone franc et à leurs ressources.
Par ailleurs, les élites et la classe politique africaines n’ont fait
qu’empirer la situation en prétendant qu’elles ne possédaient pas les
compétences nécessaires pour gérer leur propre monnaie de manière
responsable et efficace, à l’inverse des pays occidentaux ou
asiatiques.
Elles se satisfont de voir Etats africains être réduits l’état de
contribuables au profit de la France, avec les 65% de réserves de
change qu’ils déposent chaque année auprès du Trésor français ! Et
pourtant, nos citoyens n’ont pas la nationalité française, et non pas
non plus accès aux services publics dont bénéficient les autres
contribuables français. Cela conduit à une situation qu’on ne peut que
qualifier d’asservissement volontaire, et qui a incité la population et
les acteurs économiques à croire qu’ils ne pouvaient se passer de la
France.
C’est bien dommage car cette idée est totalement fausse. Le monde est
vaste : il suffit de vouloir s’y intégrer de façon libre et responsable
par le biais du commerce et non de l’aide étrangère qui réduit les gens
à la situation de mendiants. Chaque jour, la mondialisation crée des
milliers d’opportunités dont nous ne tirons pas profit, parce que nous
sommes piégés dans un système inefficace.
Une
réunion des ministres des Finances des pays de la zone franc s’est
tenue à Paris le 14 octobre 2007. Cette précède traditionnellement la
conférence d'automne de la Banque Mondiale et du FMI. Vous avez été
ministre des Finances de Côte d'Ivoire, et peut-être avez-vous eu
l’occasion de participer à ces réunions. Beaucoup d’Africains que rien
de positif pour le peuple africain ne ressort de ces réunions. Est-ce
vrai ?
MK:
Je n’ai jamais participé à ce type de réunion quand j’étais Ministre
des Finances. Mais la plupart des pays de la zone franc sont faible.
Avec des économies sous perfusion, ils n’ont aucun poids dans les
décisions prises dans le cadre de ces réunions. On peut donc se
demander pourquoi ils continuent de se rendre à ces réunions dans
lesquelles ils n’ont aucune voix. En agissant ainsi, ces pays montrent
qu’ils sont convaincus que la France peut tout faire pour eux. Nos pays
préfèrent choisir la solution de la facilité même si elle met en danger
l’emploi, les revenus, l’épargne et les investissements privés. Nous
nous rendons complices du piège de la pauvreté dans lequel nous avons
été poussés.
Pourriez-vous citer au moins trois raisons pour lesquelles les Etats africains devraient se libérer du franc CFA?
MK:
En premier lieu, le franc CFA est coercitif, injuste et moralement
indéfendable. Il a favorisé la corruption de l’Etat. Au moment des
élections françaises, les pays de la zone franc sont sans cesse
sollicités pour donner des dons aux hommes politiques français, une
obligation qui ne peut se justifier. Ces «cadeaux» ont été à l’origine
de nombreux conflits et ouvrent la voie à de nombreuses autres formes
de corruption.
Ce sont ces relations qui perpétuent le monopole français dans les pays
de la zone franc, malgré la mondialisation. Sous prétexte d’aider les
pays pauvres avec l’argent du contribuable français, c’est la classe
politique française et africaine qui s’enrichit de manière illicite.
Cette réalité justifie à elle seule l’abandon de la zone franc.
La libéralisation économique et financière ne peut se produire avec un
taux de change fixe et une zone d’influence économique créée
artificiellement.
En fait, l’émergence de tensions apparues au sein du système monétaire
international et les crises financières de ces dernières années portent
à croire que le choix du régime de taux de change dépend du système
d’engagements pris auprès des autorités monétaires. Et pourtant, la
restriction de la liberté des pays de la zone franc dans le domaine de
la politique monétaire ne protège pas du risque de dévaluation du franc
CFA. Ainsi, dans les années 90, faisant fi de la clause de découvert
illimité, la France a ordonné la dévaluation du franc CFA. Avant la
dévaluation, 1 franc français s’échangeait contre 50 francs CFA. En
1994, après la dévaluation, 1 FF s’échangera contre 100 FCFA. Les
autorités françaises sont pourtant arrivées à faire croire que le taux
de dévaluation était de 50%, alors que nous venions de subir une
dévaluation de 100% !
Après l’abandon du système, quel avenir monétaire proposez-vous aux pays africains du point de vue monétaire ?
MK:
Etant donné les enjeux, il est nécessaire d’entreprendre des réformes
financières et monétaires. La monnaie doit être au service de
l’économie. Elle doit s’adapter au contexte économique actuel. A cet
effet, il faut permettre aux pays de se prémunir contre les chocs
asymétriques, d’améliorer la convergence et l’ajustement
macroéconomiques et de financer le développement.
Il est vital aujourd’hui que le
franc CFA acquière une autonomie, qu’il se libère du joug colonial. Il
est grand temps que les pays africains assument les conséquences d’une
politique macroéconomique librement choisie. Il n’y a pas de secret. Il
suffit que nous décidions de nous choisir nos politiques et d’en
assumer la responsabilité. La liberté n’a de sens que si elle est
assortie de responsabilité.
Une fois la rupture
accomplie, les pays de l’ex-zone franc devront créer leur propre
système basé sur des principes simples : accès direct aux marchés
internationaux sans tuteur, c'est-à-dire la France, mise en place d’un
système fiscal simple sans règles d’imposition incompréhensibles, taux
de changes flexible par rapport aux principales monnaies. Pour
atteindre cet objectif, les pays concernés ont deux possibilités. La
première consisterait à créer des monnaies nationales indépendantes,
avec une parité flexible comme les monnaies de l’Union Européenne avant
l’introduction de l’euro. Cette solution peut fonctionner uniquement si
les banques sont privées et indépendantes et que les banques centrales
ont la liberté de mettre en œuvre des politiques monétaires crédibles.
La deuxième option, c’est que les pays
africains s’unissent et créer une monnaie commune, mais cela suppose un
gouvernement unique, contrôlée par une banque centrale unique et
indépendante du pouvoir politique, ainsi qu’une politique économique
monétaire et budgétaire uniques.
Quelle que soit la solution adoptée, les Etats doivent être
démocratiques. Ils doivent indiquer clairement à leurs citoyens leurs
droits de propriété et leur accorder la liberté de décider s’ils
veulent hypothéquer ces droits. Tout commence avec l’attribution du
droit de propriété aux citoyens, un droit qui les fera émerger de la
pauvreté. Le libre échange fera le reste.
En
2005, vous avez publié un livre intitulé «Les servitudes du pacte
colonial». Pourriez-vous expliquer brièvement le sujet de cet ouvrage
et le message qu’il transmet ?
MK:
L’objectif de ce livre était de faire connaître au public le «pacte
colonial», fondement des accords de coopération franco-africains. Il
s’agit d’un modèle institué par la France sous De Gaulle à la veille de
l’indépendance des Etats d’Afrique francophones, destiné à contrôler
indirectement les affaires de ces pays de manière subtile, sans
apparaître en première ligne comme pendant la longue période coloniale.
Le livre publie les textes utilisés pour organiser les interventions de
l’Etat français, malgré la fin de l’époque coloniale dans les années
1960. Selon ce pacte colonial, les présidents des Etats d’Afrique
francophone doivent diriger leurs pays en fonction des intérêts de
Paris.
L’indépendance s’est donc résumée au transfert de compétences de
l’Elysée aux chefs d’Etat africains, qui doivent faire acte
d’allégeance à la France, et non aux peuples qu’ils gouvernent.
Paris se charge de leur dicter les
politiques à adopter. Ce livre révèle comment les accords de Défense
sont en réalité que des accords commerciaux obligeant les Etats
d’Afrique francophone à conserver des bases militaires françaises sur
leur sol, avec des soldats prêts à intervenir pour chasser les
dirigeants récalcitrants afin de les remplacer par des individus plus
dociles.
Dans ce livre, on découvre que la France
détient un monopole sur toutes les matières premières de l’Afrique
francophone. On apprend comment la France a pris des mesures pour
s’assurer qu’elle conserverait toutes ses prérogatives coloniales après
avoir accordé «l’indépendance» aux pays africains.
Par le biais de ce pacte colonial, la France est demeurée omniprésente
en Afrique francophone et a conservé les avantages d’hier. Paris a
confisqué la véritable indépendance des pays d’Afrique francophone.
Nous nous devons de dénoncer
collectivement ce pacte colonial. Lors de sa visite au Sénégal en
juillet 2007, le fraîchement élu président français Nicolas Sarkozy a
reconnu que la colonisation était un crime contre l’humanité, mais a
refusé de se repentir. Les Africains doivent dénoncer tous les accords
et systèmes qui éloignent l’Afrique des marchés. Le pacte colonial
constitue une violation du droit de propriété africain.
Etes-vous parvenu à transmettre ce message à travers ce livre ?
MK:
Je pense que oui. Je voulais partager mes convictions avec un grand
nombre d’Africains. Et d’amis de l’Afrique, afin qu’ils soient dans une
meilleure position pour mesurer les dangers du pacte colonial, du
contrôle de l’Etat, et surtout de prendre conscience que la gestion de
l’économie sous l’emprise du pacte colonial est une source de pauvreté
dans nos pays. Nous ne voulons pas l’aumône ; notre problème n’est pas
le manque d’argent. Je suis convaincu que nous devons avant tout
revendiquer clairement nos droits de propriété sur nos terres et nos
ressources, qui ont été aliénées par les colons, et dont le pacte
colonial nous dépossède aujourd’hui. Enfin, je voulais dire que
l’Afrique a un besoin urgent de libertés individuelles, d’un contrôle
de l’Etat limité, de marchés libres, d’une société ouverte et de la
paix, qui ne peuvent exister que si la liberté économique et politique
est respectée.
In New African, Janvier 2008
19 novembre 2007
Les enfants tués par le rallye dakar et Amaury Sport Organisation avaient écrit.
Journée Internationale de l’Enfant 2007
La lettre de Djaligué et Zeinabou Guimoké
Petite maman chérie,
Tout petit frère adoré,
Petit papa aimé,
Nous allons mourir !
Nous n’irons plus à la petite école d’Ebobolo Fia apprendre à lire dans l’abécédaire Mamadou et Bineta.
Nous allons mourir ! Le sinistre Rallye Dakar qui en a seul décidé nous l’a promis. C’est la condition pour que Amaury Sport Organisation réalise ses gigantesques profits financiers en distrayant ses riches délinquants racistes.
Ce que nous vous demandons, toi, en particulier petite maman, c’est d’être courageuse. Nous le sommes et nous voulons l’être autant que ceux qui y sont passé avant nous.
Certes, nous aurions voulu vivre. Mais notre droit à la vie et à la protection n’intéresse pas Mme Ramatoulaye Yade-Zimet, Secrétaire d’Etat française chargée des Droits de l’Homme. Le gouvernement français ne veut pas interdire à cet escadron de la mort rallye Dakar qui est français de fondre sur nos pistes africaines comme la pauvreté sur le monde…tout en protégeant ses chères têtes blondes et en annulant les rallyes qui les tuent en France !
Mais ce que nous souhaitons de tout notre cœur, c’est que notre mort serve enfin à quelque chose.
Nous vous appelons donc à la résistance.
Vous nous avez appris la patience et la tolérance mais si cela continue, il n’y aura bientôt plus personne au village. Si vous ne faites rien, ces démons blancs continueront à venir chaque année tuer nos frères et nos sœurs.
Depuis 30 ans, les lois et le droit qu’ils ont exporté ne s’appliquent pas quand ces bandits occidentaux commettent des crimes sur nous ou chez nous.
Appelez au secours nos résistants sub-sahariens qui sont rentrés en rébellion contre la colonisation où qu’ils soient.
Qu’ils viennent à notre secours avec tous leurs moyens que nous n’avons pas puisque notre gouvernement lui, ne nous protégera pas des criminels étrangers mais sablera le champagne avec eux.
Les assassins du rallye Dakar sont impunis depuis 30 ans, forts du soutien indéfectible et de la protection de leurs gouvernements respectifs. Ils savent, le président de la France l’a rappelé il y a quelques jours encore, qu’ils seront protégés quoi qu’ils nous fassent.
Faites chauffer les tambours de village à village. Passez le message.
Dès que les tueurs sont pressentis, truffez les pistes de ces épines acérées que vous nous avez appris à éviter. Elles crèveront utilement quelques roues.
Quand vous serez réquisitionnés pour le bivouac, le suc de nos plantes saura les envoyer durablement aux feuillées. Toujours ça de pris comme engrais organique.
Quémandez servilement des morceaux de sucre que vous introduirez subrepticement dans les réservoirs de leurs engins.
Le caramel est bon pour tout.
A la nuit tombée organisez un discret lâcher de serpents, détournez le parcours des fourmis magnans est chose facile : construisez-leur un tracé terrestre ou aérien qui les mènera droit aux tentes et aux cases.
Ils disent que nous sommes de grands enfants qui ont la fête et la danse dans le sang. Dansez et hurlez s’il vous plaît toute la nuit pour eux, dans un grand fracas de casseroles et autres ustensiles.
Rien ne doit empêcher Kongolo d’exprimer son supposé talent de chanteur : quelques bières frelatées sauront lui rendre cette voix de goret coincé dans les sissongos qui nous a si souvent fait fuir.
Il faut absolument leur garantir de longues nuits de bruyante et inconfortable quiétude.
Bref, nuisez avec de grands sourires niais.
Quand ces individus sans âme approcheront nos sœurs à peine nubiles (ils le font toujours) pour des rapprochements humanitaires non consentis, circoncisez-les à vif nuitamment, il paraît que cela évite le sida. Ce sera une oeuvre de salubrité publique pour nous qui ne disposons pas du moindre médicament mais qui leur servons de cobayes pour les recherches qui sauvent leurs vies occidentales.
Quand un villageois perdra la vie, puisque la justice ne lui sera jamais rendue, appliquez la loi du talion. Œil pour œil, dent pour dent. C’est la Bible qu’ils nous ont imposée avec leurs prêtres et évangélistes pédophiles qui le dit.
D’autres appliquent même 2 yeux pour un œil sans que la cour internationale de justice ne se manifeste.
N’oubliez surtout pas de pleurer bruyamment la mort inopinée de ces criminels qui vous désolera forcément plus que votre deuil à vous.
Evitez comme la peste leur hôpital volant ultra sophistiqué où ils vont vous attirer sous le prétexte de soigner les malades. Leur appât du gain est tel qu’ils sont capables de vous délester en quelques minutes d’organes utiles qu’ils revendront très cher puisqu’il n’y a pas pour ces gens-là de petits profits.
Nous n’avons pas eu le temps d’embrasser Lamine. Nous avons embrassé nos deux frères Mor Lame et Konaté (1). Quant au véritable nous ne pouvons le faire hélas !
(pas trop compris mais c’est dans la lettre originale)
Nous espérons que toutes nos affaires te seront renvoyées, si elles n’ont pas trop souffert du choc des imposants 4X4, des motos ou des camions, même et surtout d’assistance. Elles pourront servir à Soumaoro et à Fatou, qui nous l’escomptons seront fiers de les porter un jour.
À
toi petit papa, si nous vous avons fait ainsi qu’à petite maman, bien
des peines, nous te saluons une dernière fois. Sache que nous avons
fait de notre mieux pour suivre la voie que tu nous as tracée.
Un dernier adieu à tous nos amis, à notre frère que nous aimons beaucoup. Qu’il étudie bien pour être plus tard un homme qui ne se laissera plus asservir.
10 et 11 ans, notre vie aura été courte ! Nous n’avons aucun regret, si ce n’est de vous quitter tous prématurément et de ne pas pourrir avec vous les prochains rallyes Dakar.
Nous allons mourir comme Mohamed et Boubacar. Quand nous les retrouverons, nous aurons le plaisir de leur conter les péripéties de la Résistance.
Maman, ce que nous te demandons, ce que nous voulons que tu nous promettes, c’est d’être courageuse et de surmonter ta peine. Nous ne pouvons en mettre davantage. Les rabatteurs et les soit disant commissaires hurlent dans les porte-voix…
Nous vous quittons tous, toutes, toi maman, Soumaoro et Fatou, papa, en vous embrassant de tout notre cœur d’enfants. Courage !
Vos Djaligué et Zeinabou qui vous aiment.
Djaligué et Zeinabou.
Dernière pensée : Vous qui restez, soyez dignes de nous, les innombrables qui allons encore mourir sous les roues du Rallye Dakar. Résistez par tous les moyens et boutez-le hors d’Afrique.
Collectif Actions pour les Victimes Anonymes du Dakar
http://www.stop-rallyedakar.com
Assassiner des enfants n’est pas un sport !
To assassinate children is not a sport !
Hymne “Stoppez le Dakar” chanté par Sheraze et les Minots:
http://www.dailymotion.com/Balkys/video/xrcw3_sheraze-et-les-minots-stoppez-le-da_music
Diaporama sur : http://www.dailymotion.com/Balkys/video/xta9m_stoppez-le-dakar-2_sport
05 novembre 2007
PATRICK POIVRE D'ARVOR: La subliminale Négrophobie
" Bonsoir Marc, nous sommes heureux de vous retrouver sain et sauf " C'est en ces termes que Poivre Arvor Patrick dit PPDA, le journaliste vedette de TF1 a accueilli son homologue et compatriote Marc Garmirian qui accompagnait le convoi voleur d'enfants l'Arche de Zoé à Abéché en esquissant un sourire qui en dit long sur le message qu'il diffuse.
Voilà le genre de phrase subliminale dont les journalistes ont le secret, pour faire passer leurs idées nauséabondes et négrophobes dans un climat aussi tendu. Laisser croire qu'être enfermé dans une geôle tchadienne dans des conditions, de l'aveu même du concerné (Marc Garmirian), de confort supérieur à celles qui sévissent, participent de la volonté d'extraire cette bande de dealers d'organes d'enfants et accessoirement de pédophilie (?) de la justice tchadienne. Les images parlent d'elles mêmes, les Français n'ont jamais été emprisonnés comme il se doit jusqu'à ce moment.
Mais l'homme vedette de TF1 comme le commun des français, a la mémoire qui flanche dès lors qu'il lui faut faire un exercice d'honnêteté vis à vis de l'africain ou du Noir. C'est pourtant cette France où les geôles sont un paradis qui est constamment épinglée pour le taux de mortalité assez élevé qui sévit dans l'univers carcéral et l'état d'insalubrité qui n'envie rien aux geôles tchadiennes. C'est pourtant dans ce pays développé que Lamine Dieng, ce jeune garçon en pleine santé est retrouvé mort dans un car de police et dont les conditions ne sont jusqu'aujourd'hui encore pas élucidées. Je ne ferai pas une liste exhaustive des morts africains dans les geôles françaises. Monsieur Poivre Arvor, face à un tel bilan, vous devriez observer un peu d'humilité et réviser vos fondamentaux journalistiques; je sais que c'est trop vous demander ainsi qu'à vos collègues, mais là vous démontrez une fois de plus que les médias français dont vous êtes la star, baignent dans une brillante médiocrité.
Les éternels Accords: 24 octobre 1976
Par tous les moyens, la France voudrait extraire ses bandits des mains de la justice. Après avoir mis la pression sur le valet Idriss Déby, voilà qu'elle déterre les accords de coopération. En invoquant l'accord, "l'équipée assez lamentable" pour reprendre l'expression minimaliste de Nicolas Sarkozy, ne sera qu'un fait divers que l'on aura sitôt oubliée. C'est de cette façon que les morts du Rallye Dakar par les mêmes occidentaux sont qualifiés d'incidents malheureux.
Selon ces accords, on devrait extrader les assassins du fils de Déby vers le Tchad, pour qu'ils y soient jugés. A moins que le concerné lui même soit plus soucieux de rester au pouvoir que de connaître les meurtriers de son fils.
Démonstrations farfelues et fantaisistes.
Pour montrer le bien fondé de l'accord de coopération de la justice, on nous sort l'affaire de cette mère meurtrière Véronique Courjault, qui a congelé ses enfants en Corée du Sud. Mais ce que l'on omet volontairement de nous dire, c'est que ce meurtre concerne des français. Véronique Courjault n'a pas tué des enfants sud coréens. Les tenants de cette théorie n'ont qu'à aller perpétrer un meurtre sur un sud coréen pour voir la force des accords.
La démonstration ne s'arrête pas là. On nous parle de l'affaire Bernard Cantat et Marie Trintignant en Lituanie. D'abord, il faut dire qu'il a été jugé en Lituanie et aussi, comme l'autre affaire, il s'agit d'un français qui donne la mort à une française. Donc il est facile que les accords fonctionnent sans ambigüités.
Faire de tels parallèles dans le seul but de nier la compétence des juridictions africaines à juger un "Blanc" relève du comportement colonialiste dont la France a du mal à se débarrasser. Les bandits dont le chef de file est Eric Breteau, ont voulu enlevé des enfants tchadiens au Tchad. Et la pseudo coopération juridique ici, est nulle et sans effet. De plus, a moins de pressions comme ce fut le cas pour la libération des journalistes, le Tchad n'est pas tenu de répondre à cette demande qui est une négation de compétence.
Signer la pétition ici
