13 avril 2008
VICTIME DES NATURES
Que de zèle ! Que de montée d'adrénaline ! Que de haine ! Mais qu'avons-nous fait pour attiser tant la haine de ces gens ?
Des exclamations qui se terminent toujours par la même interrogation,
lorsqu'on a été victime de la violence policière française. Violence
qui s'illustre parfaitement lorsqu'elle est en face d'un individu
"Noir", parce que de fait, cible privilégiée de la politique du chiffre qui sévit en ce moment et
ensuite parce que pour certains de ces éléments de la police, "casser
du noir" est une chose partagée depuis le cocon familial et franchir le
rubicon si fragile d'aller pratiquer cette négrophobie au sein des
institutions n'est que naturel. Certaines indications vont même à préciser que l'institution policière cacherait plus de négrophobes que l'on ne croit.
Ce quotidien
malsain, obscur et triste de nombreux individus "noirs", Reine M.N
vient de l'expérimenter à ses dépends. Insultée, humiliée dans son
corps non pas de femme mais de "Noire", Reine M.N dit ne jamais se
remettre d'une telle mésaventure. Des injures aux sévices corporels,
elle a tout connu en moins d'une heure. Elle qui se croyait à l'abri
parce que française et peut-être parce que femme ? Elle a eu la
faiblesse, comme de nombreux individus "noirs" de ce pays, de croire
qu'elle était citoyenne comme les autres.
Si la
négrophobie est admise en France, il faut rappeler qu'elle est
inhérente, intimement liée à la nature des institutions de ce pays. On
l'a noie dans un contexte "bateau" appelé Racisme alors que toutes les
autres discriminations sont désignées. Curieuse façon de vouloir
combattre un mal dont on ignore jusqu'au nom.
La notion de
race n'est pas admise en France, mais pourquoi combat on le racisme ?
Pourquoi vote-on des lois anti-racistes, puisque de fait il n'existe
pas ?Pourquoi ne nomme t-on pas la Négrophobie au même titre que l'antisémitisme, l'islamophobie etc.... si ce n'est dans le but de ne jamais guérir d'un mal dont on sait profondément enraciné, un sport national pratiqué quelque part sur le territoire à chaque seconde.
Tous ceux qui se
sont aventurés sur le terrain de l'humiliation du "noir" sont sortis
grandis et récompensés. De Michel Leeb avec des blagues qui devraient
susciter la même indignation comme on s'en est pris à Dieudonné pour
avoir caricaturé une vérité, en passant par le président actuel de la
Halde etc... Les exemples sont légion. On le voit encore aujourd'hui
avec les supporters des clubs de foot, qui jouissent d'une impunité
totale lorsqu'ils s'en prennent aux joueurs "Noirs".
La France n'a
jamais eu la volonté de combattre sa négrophobie et pour cause; peut-on
se battre contre sa nature ? Comment combattre un mal que l'on ne
connait pas pour ne pas dire que l'on feint ne pas connaître ?Et comme
disait quelqu'un, la police comme les institutions sont à l'image de la
société. Il faut se rendre à l'évidence, la France est un pays
négrophobe et l'ignorer comme c'est le cas de nombreux "noirs", c'est
faire preuve de naïveté, car les informations à ce sujet sont
nombreuses.
Le cas de Reine M.N n'est décidemment pas un cas isolé ou exceptionnel, c'est une norme dans la société. Elle est, à l'image de nombreux autres "noirs", victime de deux natures, la sienne et celle d'un pays auquel elle croit appartenir.
Relire aussi ce qu'est être français ici
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Cinéma: Le métier du doublage a un problème avec la couleur ici
19 février 2008
LE JOURNALISME Français peut-il faire autrement ?
Le journalisme français a t-il les moyens de faire autrement ? Peut-il faire autrement que ce qu'il ne fait ? Ce sont là quelques questions qui peuvent encore tarauder le téléspectateur non averti, l'auditeur téméraire et masochiste qui s'inflige sans le savoir, le supplice, dans la noble intention d'assouvir son besoin d'information.
Ces interrogations prennent davantage leur signification dès lors qu'il faut, pour nos nobles informateurs, se confronter à toute question, à tout sujet qui touche à l'individu à la peau foncée. Là leur capacité à sublimer la subjectivité est incommensurable. Quelques mois de cela, Patrick Poivre d'Arvor recevant Marc Garmirian de retour du Tchad, introduisait son propos par: " Bonsoir Marc, nous sommes heureux de vous retrouver sain et sauf " *. PPDA nourrissait gracieusement le trop plein de préjugés sur l'Afrique et les Noirs dont des Français et l'occident ne se rassasient jamais.
La présence aux élections américaines ont permis de voir à quel point la couleur hante, obnubile le journalisme français pour ne pas dire le français en général. Des les premières semaines de celles-ci, j'ai essayé une lecture croisée des journaux français et allemands; la couleur de la peau du candidat OBAMA occupait l'essentiel de l'information du journaliste français, là où l'allemand parlait de l'essentiel c'est-à-dire le programme ou les idées. Et jusqu'à ce jour, le disque préféré des journalistes français n'a pris aucune ride.
Le dernier événement en date, les insultes négrophobes et racistes essuyées par le joueur Abdeslam Ouaddou, ce qui lui a valu en prime un carton jaune, parce que allant donc demander des explications à son bourreau encore plus couard que méchant.
Lorsque France 3 fait le reportage, le journaliste qui commente, pointant la caméra sur le joueur , dit que ce dernier est allé, je cite : "s'en prendre" au spectateur. "S'en prendre" à son bourreau qui a passé 45 minutes à l'affubler de tous les noms.
Deux comportement qui montrent bel et bien ce qu'est être français, cette question qui préoccupe nos sociologues, anthropologues, politiques, journalistes et bien d'autres qui se disent mourir de la présence du Noir.
Prendre un carton jaune alors que l'on a été la victime, la cible du racisme. Exactement ce que l'on reproche au Noir en France, c'est-à-dire subir toutes les exactions et se taire. Le procès aujourd'hui de Kemi Seba est l'exemple de ce comportement. Susciter la peur chez l'individu Noir, pour l'amener à ne pas être capable de défendre sa dignité.
Ces attitudes, disais-je, montrent, donnent la réponse aux questions que le "vrai" français se pose à la vue du Noir: "qui suis-je ? Suis-je encore chez moi ? etc... ".
Car en réalité, être français c'est être fondamentalement, viscéralement, génétiquement (?) négrophobe. Est-ce par hasard si c'est la France qui a crée le code Noir ? Si Napoléon Bonaparte est considéré comme un grand "homme" pour ses services rendus à la France à la lumière de ses actions en Égypte ou en Martinique ?
*: L'article sur PPDA ici

