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MBOA

"La vérité est comme les fesses, on est obligé de s'asseoir avec"

19 juin 2008

Elouise Cobell et la dette due aux Indiens, par Corine Lesnes

Dans la salle d'audience, sa veste en soie jaune tranche sur les costumes sombres des avocats. Elouise Cobell a le regard combatif. Au nom de la nation Blackfeet du Montana, elle a porté plainte en 1996 contre le gouvernement des Etats-Unis pour spoliation. "Jamais l'argent d'une autre race n'aurait été traité comme cela", déplore-t-elle.

Après 12 ans de procédures, la phase finale du procès vient de commencer devant le tribunal fédéral de Washington. 400 000 plaignants, représentant 300 tribus, demandent des comptes. Ils veulent savoir ce que sont devenus les milliards de dollars de royalties que le gouvernement a négligé de leur verser. L'enquête a fait apparaître un désastre comptable, une sorte de Katrina bureaucratique. Les Indiens réclament 58 milliards de dollars. L'administration conteste ce chiffre, mais elle a égaré les documents qui auraient pu permettre de le réfuter...

Sans Elouise Cobell, le procès n'aurait probablement jamais eu lieu. Petite fille, elle se souvient d'avoir entendu les anciens s'interroger sur le Trust Fund, le fonds créé au XIXe siècle pour gérer les terres des tribus. A l'époque, le Congrès s'était mis en tête de transformer les Indiens en agriculteurs. En 1887, une loi a organisé le découpage des réserves en lots de 160 acres. Comme les Indiens étaient considérés comme "incapables" de gérer leurs biens eux-mêmes, la tâche a été confiée au gouvernement. Aujourd'hui, les terres ont été morcelées par les héritages, mais le système perdure. Le département du Trésor encaisse les revenus. Le ministère de l'intérieur redistribue l'argent.

Du plus loin qu'elle se souvienne, la contradiction a intrigué Elouise Cobell. Pourquoi sa famille était-elle si pauvre, alors que les terres de la tribu étaient exploitées par des ranchers, des compagnies pétrolières ou des forestiers ? Elle est allée à l'université du Montana et elle a étudié la comptabilité. A son retour, elle a été désignée trésorière de sa tribu. Un jour, elle s'est enhardie jusqu'à demander des comptes au Bureau des affaires indiennes. "Mon rêve était d'acheter une nouvelle robe à ma mère", dit-elle. Le fonctionnaire a répondu comme si rien n'avait jamais changé. "Vous devriez apprendre à lire les comptes."

Piquée, Elouise Cobell a commencé à enquêter. Les familles ne recevaient jamais de relevés. Certaines années, elles touchaient un chèque, d'autres, pas, sans aucune raison. La plainte a permis de mettre au jour toutes sortes d'anomalies. Quand un Navajo touchait 9 dollars par tronçon pour le passage d'un pipeline, un non-Indien percevait 140 dollars. Le gouvernement a profité de l'argent indien non redistribué. Il a servi pour aider New York à sortir de la crise financière dans les années 1970, pour réduire la dette nationale...

Le premier juge chargé du dossier, Royce Lamberth, un magistrat nommé par Ronald Reagan, a progressivement perdu patience. Alors qu'il ordonnait à l'Intérieur de reconstituer la comptabilité, et que les fonctionnaires affirmaient chercher énergiquement les documents, il est apparu que 162 cartons de relevés venaient d'être passés au broyeur dans un entrepôt du ministère du Trésor... Le magistrat a condamné deux ministres pour outrage à la Cour et leur a infligé une amende de 625 000 dollars (qui ont été payés par le contribuable). Il a coupé pendant plusieurs années l'accès à l'Internet du Bureau des affaires indiennes... En 2005, il a comparé le ministère de l'intérieur au "sous-produit d'un gouvernement raciste et impérialiste qui aurait dû être enterré il y a un siècle". Là, le gouvernement a demandé - et obtenu - son dessaisissement pour "manque d'objectivité".

Le nouveau juge, James Robertson, a indiqué qu'il entendait mettre fin à cette saga judiciaire. Dans sa première décision, il a pris Charles Dickens comme référence, Dickens et sa Maison désolée, qui retrace la chronique d'un interminable procès. Il a déterminé que le gouvernement était incapable de rapiécer sa comptabilité, sauf à dépenser quelques milliards de plus, et qu'il valait mieux passer à l'étape suivante : le montant de l'indemnisation. Maintenant qu'il n'est plus possible de se fier aux relevés, le procès est entré dans le symbolique. Comment quantifier la dette due aux Indiens ?

Elouise Corbell ne s'est pas attardée sur Dickens. Elle est devenue banquière. Elle a fondé la Native American Bank, qui distribue des prêts dans vingt-trois tribus, et des "mini-banques", pour que les enfants apprennent très jeunes à compter. La Nation Blackfeet lui a décerné un rare honneur pour une femme : le titre de "guerrier". Elle a aussi reçu la bourse des "génies" de la prestigieuse Fondation MacArthur, ce qui l'amuse, elle "l'incapable" d'hier.

Elouise Corbell dit qu'elle trouve son inspiration à Browning, le long de la route 89, sur une colline appelée Ghost Ridge, en mémoire des fantômes. C'est là qu'ont été enterrées les cinq cents victimes de la Grande Famine de l'hiver 1883-1884. Les agents du gouvernement avaient fait venir les Indiens en leur promettant des rations. Les Blackfeet ont attendu patiemment l'arrivée de la nourriture. Ceux qui ont fait confiance au gouvernement sont morts de faim. Elouise Cobell pense qu'il est temps que la justice passe. Quant à ce jaune dont elle s'habille souvent, il lui rappelle son nom, tout simplement : Yellow Bird, arrière-arrière-petite-fille de Mountain Chief.

Source:http://www.lemonde.fr/opinions/article/2008/06/18/elouise-cobell-et-la-dette-due-aux-indiens-par-corine-lesnes_1059764_3232.html#ens_id=629165

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18 novembre 2007

Holocaustes, Nègres et rédemption

J'ai eu l'immense honneur et plaisir de rencontrer Maria POUMIER, cette universitaire dont la discrétion est à la hauteur de son savoir. Une personne d'une "circonspection" intellectuelle  remarquable , d'une écoute avertie et surtout d'une grande ouverture d'esprit. A l'opposé et loin des partouzes intellectuelles d'une certaine "intelligentsia française", de  l'agitation et du blin-blin intellectuels d'un Bernard Henri Lévy ou d'un Finkielkraut pour ne citer que ces deux là, Maria POUMIER cultive le gout de l'analyse profonde des questions qu'elle aborde, comme celle qu'elle nous livre ci-dessous.

 (traitement pédagogique d'une 'intelligentsia progressiste' malade d'un déficit acquis d'humanité vraie)*                          

Maria Poumier

Certains indices peuvent faire penser que l'ère du culte occidental de l'Holocauste touche à sa fin : l'épuisement des munitions scientifiques dans le camp exterminationniste comme dans le camp révisionniste, mais surtout l'investissement du champ de la conscience par d'autres métaphores de l'Apocalypse, à partir d'autres horizons. Il s'agira ici de montrer en quoi le point de vue noir sur l'histoire est indispensable pour vaincre la maladie mentale qui infecte la réflexion dominante encore holococentrée. Le moment est venu de mettre les points sur les i, et de ramener les Occidentaux à un peu de pudeur. Le Grand H judéo-nazi (comme l'écrit James Petras) ne fut qu'une guerre civile fraternelle intra-européenne. N'importe quelle personne de formation chrétienne détient l'épée capable de trancher le nœud gordien « Shoah or not Shoah » à deux niveaux, celui de l'histoire et celui de l'éthique. Après quoi, nous sommes armés pour déjouer les nouveaux cauchemars et rêves de vastes génocides. Il nous faut pour cela retrouver la tradition, qui est africaine, comme on le verra ci-dessous.                          

I Niveau historique

Il y a un H au sens propre, celui de millions de sacrifiés, sous prétexte de dévotion aux plus hautes divinités, Yahweh, Allah, Jésus: celui qui engouffra des millions d'Africains dans la déportation et l'esclavage, parce qu'ils furent considérés comme infra-humains par la totalité du monde blanc des siècles durant. Ce mépris semble remonter à la Grèce Antique. Les Grecs étaient débiteurs de l'Egypte de laquelle procédaient leurs philosophie, religion et mathématiques ; mais l'occultation fut concomitante de l'essor des cités grecques. Les pays ‘blancs' commencèrent à faire basculer la « Nubie » dans l'oubli, en tant que pays mythique, trop éloigné de leur contexte, certainement parce qu'elle ne représentait aucune menace militaire.             

Quand les Européens commencèrent à s'adonner à l'industrie de l'esclavage des Nègres, ce fut encouragé, après avoir été rendu licite par le Pape Nicolas V en 1542**, en tant que privilège des Portugais : (pays refuge, alors, des juifs espagnols qui étaient au Moyen Age les principaux pourvoyeurs d'esclaves principalement à destination du monde arabe.)

Lorsque cette variété d'esclavage déboucha sur un énorme flux commercial d'êtres humains, on n'entendit aucune voix audible protester à partir de l'univers chrétien. Las Casas réussit à convaincre la monarchie espagnole d'interdire la mise en esclavage des Amérindiens ; vers la fin de sa vie, il convint de ses torts, d'avoir suggéré le remplacement des Indiens par des Nègres pour les terribles travaux dans les mines, le bâtiment, les chantiers navals et le défrichage des plantations ; néanmoins, aucun Las Casas ne s'éleva, ne combattit, ni ne réussit à convaincre les rois ni les papes que les ‘Indiens noirs' eux aussi relevaient absolument de l'Humain : on avait le devoir de les baptiser, certes, mais nullement de les affranchir.             

Ainsi, un H de masse prit son essor. L'idée d'abolir l'esclavage ne prit pied que lorsque les révoltes d'esclaves furent trop nombreuses ou que ceux-ci marronnaient en masse. Le mouvement abolitionniste blanc fut arithmétiquement minuscule, et les plus radicales dans le soutien apporté aux Noirs furent les féministes, participant d'une lutte identique pour l'accession à l'égalité et à la plénitude des droits humains pour elles-mêmes.

De nos jours, les revendications provenant des Noirs sont reçues avec une grimace retenue par les Blancs, nous y sommes plus qu'indifférents, avec l'impression que ce n'est pas notre problème, que c'est, définitivement, leurs oignons… Seule la menace physique d'une révolte nous ferait prêter attention à la teneur de leurs réclamations. L'H Nègre se réenacte encore aujourd'hui dans chacun de ces conflits sanglants qui font surface en Afrique. Les pouvoirs néo-coloniaux se battent pour le contrôle des minerais, du pétrole, de la terre, par marionnettes humaines interposées, en encourageant de sanglants nettoyages, qualifiés d'ethniques ou de tribaux. Bush est en ce moment en train de préparer la reconquête du Nigeria et du Soudan, pour rafler leur pétrole, chose qui va entraîner de facto des énièmes grands H uniques en leur genre. Or les génocides Africains ne se produisent que parce que nous continuons à agir comme si les Africains ne nous étaient pas tout à fait aussi frères que les autres.                                       

Israel Shamir, dans un très louable souci de désamorcer l'inflation linguistique, qui va toujours de pair avec l'augmentation des stocks d'armes prêtes à l'emploi, dit qu'il vaudrait mieux éviter le terme génocide, invention récente, et simple sous-produit de l'effort juif pour se faire reconnaître un statut d'exception, à l'issue de la Deuxième Guerre mondiale***. Il conseille de reprendre le vieux concept de massacre, bien plus égalitaire. Mais on peut observer que les Amérindiens avec les Noirs ont eu vite fait de retourner tout le vocabulaire conçu dans un cadre strictement juif : racisme, ghetto, diaspora, déportation, génocide, crime contre l'humanité, holocauste, négationnisme. Ce faisant, ils ont incontestablement donné leur sens plein à ces termes, ils ont rendu réel ce qui, dans la mémoire et la réflexion occidentale, n'avait aucun poids ; ni Hegel, ni Marx, ni Heidegger n'ont conceptualisé l'enfer vécu par les peuples colonisés. Or ils croyaient penser dans l'universel… Shamir pense qu'aucun groupe humain n'a la moindre chance de se faire mieux respecter en brandissant les termes fétiches en question, tant que les Maîtres du discours sont ceux qui définissent les règles du jeu. Effectivement, ils peuvent servir de leurres, et même nous précipiter dans des pièges. Creusons donc au-delà des mots.

Allons d'abord un peu plus loin dans la distinction entre les malheurs des uns et des autres. La qualité entière d'Humanité ne fut jamais déniée aux juifs, ils réussirent à forcer les autres au respect, les papes protégeant leurs juifs comme chaque monarque européen, etc. La question de la ‘compensation', des réparations, est le test infaillible. Les juifs reçoivent des réparations financières comme tous Blancs ayant perdu leurs propriétés lors de guerres ou autres, lorsqu'ils disposent de moyens pour se les faire restituer, ou plus, en faisant un chantage affectif avec l'aide de mots fétiches. Cependant, les blancs rejettent, systématiquement, une quelconque idée de réparation financière qui viserait l'holocauste multimillionnaire des nègres, ceci, quoiqu'ils aient tous les moyens de corréler et d'évaluer leur dette, disposant des registres de commerce et autres rôles fiscaux de toutes les entreprises qui accumulèrent un capital directement issu de la Traite Négrière. Et d'ailleurs, les esclavagistes avaient perçu des indemnités, lorsqu'ils se trouvèrent obligés de lâcher leurs esclaves. Mais on ne peut exiger de réparations financières qu'aux vaincus…

II) Niveau éthique

Chacun connaît l'ancêtre des négateurs d'holocaustes, exemple unique de dépassement de tout H : « l'Agneau de Dieu, qui rachète le péché du monde »; ce que dit la légende chrétienne c'est d'abord qu'en acceptant de subir le martyre, il mettait au centre de la conscience l'indignation face aux massacres des innocents ; puis, en se voulant représentant de tous les innocents sacrifiés, il condensait en son cas tous les crimes contre des populations entières, il les annulait par sublimation  ; ensuite, il refusait d'annoncer la revanche et de demander réparation à son profit; enfin son procès était celui de la parole vraie contre les maîtres du discours, ceux qui veulent garder leur emprise sur les innocents par des démonstrations de cruauté  : pouvoir temporel, Ponce Pilate le Romain, pouvoir spirituel, le Grand Sanhédrin.

Il est possible que Jésus n'ait pas existé, comme l'expriment certains scientistes. Sa légende chrétienne accomplit néanmoins le miracle de déclarer comme une évidence que le meurtre d'innocents est inacceptable, sans référence à aucune échelle quantitative scientifique, de déclarer aussi que la rédemption du criminel est possible, à partir du moment où il reconnaît son crime, c'est-à-dire où il confesse. En outre, « En vérité je vous le dis » est la parole de tous les prophètes contre les sophistes : le domaine de la vérité existe, et il faut accepter de mourir pour elle, c'est là, précisément, le test de vérité. Voilà une légende assez belle pour que des continents entiers s'en réclament, comme référence de leur éthique collective et individuelle, jusqu'à maintenant.             

De fait, que Jésus ne soit qu'un rêve n'empêche pas Judas d'être bien trop réel ; et son nom s'actualise dans le sionisme néo-colonialiste : achetant et vendant d'innombrables innocents pour quelques misérables dollars, tuant pour le pétrole, les diamants etc… Au XXème siècle, les sionistes fourguèrent d'innocentes familles juives à Hitler et des cerveaux aux démocraties occidentales, comme monnaie d'échange garantissant l'achat de la Palestine , et leur donnant le statut de propriétaires de ladite colonie. Et, comme Judas, les traîtres à l'humanité disent professer le culte de l'innocent, en édifiant autant de temples que possible à un H. qui leur sert surtout de feuille de vigne pour ne pas voir leurs propres parties honteuses. Certains ajoutent maintenant à cela la prétention de défendre les victimes noires...

III) Ce que les Noirs nous démontrent

 

La Résurrection et le Pardon sont du domaine des réalités ; ce sont les musiciens et les penseurs noirs qui à l'intérieur même de notre monde font faire sens à celui-ci, en dépit de nos crimes absolument incontestables! Quoique les blancs ne perçoivent quelquefois les noirs que comme des gens bruyants et encombrants, des boucaniers fauteurs de boucan, de dérangements, ils donnent sens et révèlent. Nous le reconnaissons tous dans notre perception de la culture américaine : qu'a-t-elle donné de meilleur que le jazz, tant musique que paroles ? Partout, la revitalisation des folklores locaux ne vient-elle pas d'une injection de créativité noire ?                                       

Nous préférons la musique au pétrole et l'humanité aux schémas de domination des sionistes néo-conservateurs. Dans chaque pays, la bonne nouvelle réside dans le fait que les noirs et les blancs font alliance dans de bons projets, chevillés de réalité, des projets qui enracinent chacun, ceci dans tous les coins du monde, et qu'ils n'ont besoin d'aucune référence ethnique pour cela. Aux Etas-Unis, les jeunes noirs pauvres refusent désormais de s'enrôler dans l'armée, ancrant dans le réel, par leur choix vital, le discours blanc intellectuel de rejet de la guerre d'Irak. N'oublions pas et ne laissons pas les scories et métastases de l'hybris grecque nous aveugler. Nous autres blancs antisionistes ne sommes pas les Meilleurs, la Lumière au bout du tunnel etc… Ce sont les Dénigrés qui portent et font triompher les meilleurs idées, comme le savait Simone Weil, et elle l'a écrit, considérant qu'il fallait lire comme une antiphrase la célèbre malédiction de Cham ; et eux, les sacrifiés de l'histoire probablement bénis de Dieu pour cela même, nous montrent la voie pour sortir des miasmes empoisonnés de l'holococentrisme, au nom duquel Bush et Olmert veulent bombarder l'Iran, « parce que l'Iran prépare un nouvel H ».

Les noirs n'ont-ils pas acquis tout l'Occident à la cause de la lutte contre l'apartheid en Afrique du Sud, après avoir complètement gagné celle de l'abolition de l'esclavage et celle des droits civiques en Amérique ? Cela se passait au loin, cela ne nous coûtait guère d'applaudir. Maintenant que la présence noire se fait plus insistante dans l'Europe, le cœur historique du monde blanc, les noirs gagneront la prochaine bataille pour nous humaniser, et nous y gagnerons tous. Nous, le Nord, sommes toujours, au meilleur de nous-mêmes, les porte-voix inconscients du Sud, de la même manière que l'ont été bien des peuples antiques, sur d'autres plans, en héritant de la civilisation africaine toutes sortes de connaissances (mathématiques, sciences expérimentales, théologie, psychologie etc), et en les répandant à leur tour. Il s'agit maintenant d'un enjeu hautement dramatique, celui de notre survie comme humains.

IV. Pensée noire et pensée blanche

Quelqu'un, proche du Front National, m'oppose qu'il n'y a pas de « pensée noire », pas plus que de « pensée blanche ». Soyons sérieux, ce sont ceux-là mêmes qui ne jurent que par l'identité nationale, censément le plus blanche possible, et applaudissent, comme Renard applaudissait Ysengrin, lorsque Kemi Seba proclame un identitarisme explicitement racial! De fait, les couleurs existent bien dans la nature comme dans les idées. Lorsque la pensée blanche ne sera plus que transparence et lumière éclatante dans sa conception de l'anthropologie, on pourra la qualifier de Pensée tout court. En attendant, elle a besoin, pour chasser ses arrière-pensées, de la pensée noire, en tant que pensée de la profondeur, du fait même que celle-ci fait l'objet de la dénégation instinctive. La pensée blanche a besoin du contrepoids de la pensée de ceux qu'elle évacue comme extérieurs et/ou inférieurs pour que ses prétentions à l'universalité ne sombrent pas dans le ridicule, tout simplement. De Gaulle, en faisant le choix de l'indépendance pour les colonies, avait espéré exorciser la menace d'une France islamisée par l'accession à la citoyenneté française de tous ses Africains. Un pays homogène et sans chocs migratoires n'est pas plus facile à gouverner, en fait, mais la globalisation étant ce qu'elle est, tous les pays ont maintenant à gérer la déstabilisation ethnique et culturelle. Les blancs affolés par la perte de leurs repères, ceux qui se reconnaissent dans le Front National, et ceux qui ont voté Sarkosy, n'invoquent plus l'universel comme au temps de la splendeur européenne, mais plus prosaïquement leurs intérêts de propriétaires qui se sentent lésés par le rétrécissement de leur domaine : comme les bourgeois qui ne veulent pas de logements sociaux dans leur commune, ils croient que des barrières votées par leurs représentants suffiraient à les protéger du monde réel ! Autrefois les blancs se croyaient investis d'un droit divin pour régner sur la terre entière, depuis la conquête de l'Amérique, ils croyaient naïvement être l'universel unique ; nous croyons naufrager, dès lors que nos vieilles nations, comme autant de fleuves puissants, se heurtent à la barre imprévue que de fortes marées ont dressée à l'entrée de notre mer.

Mais la pensée noire nous sort de l'impasse, en nous apprenant à cultiver, comme les noirs le font depuis que leur déportation massive a commencé, à l'aube de la mondialisation, la loyauté au carré envers notre histoire et notre territoire : désormais, par leurs parents ou par leurs enfants, la plupart des gens drainés par la modernité s'enracinent dans deux contrées à la fois : l'une, où l'on réside, l'autre, dont on a la nostalgie ou le désir lancinant, à laquelle on donne la puissance de ses rêves. Certains pays très pauvres reçoivent plus de devises de leur population chassée par la misère que de leurs productions locales. Et leurs émigrés sont plus dynamiques, dans leur pays d'accueil, que les parents restés au pays et que les nouveaux voisins qu'ils bousculent. Ce n'est pas la disparition de l'identité nationale des pays blancs qui est à redouter ; celle-ci nous est donnée par l'esprit des lieux, et elle échoit également aux nouveaux Européens et à ceux qui se sentent les souches. C'est la tentation d'évacuer l'angoisse en édifiant des murs dérisoires contre les « Sub-sahariens » qui constitue le danger, qui rend d'ores et déjà aveugles ceux qui se conçoivent comme les « Sur-sahariens ».

V La lumière au fond du puits

La pensée noire et la pensée blanche se retrouvent sur la définition des besoins de chacun : un pays où s'enraciner activement, un pays qui soit nourricier, et auquel on puisse donner toute son énergie, un pays que l'on aime comme on aime une personne. Chacun a droit à un pays quoique celui-ci nous échoie par pur hasard : soit par la naissance, soit par l'ancrage après une errance généralement hagarde. Reconnaître ce droit à tous les humains suppose pour les riches de partager leur première richesse : leur espace (la surpopulation ne menace sérieusement que les bidonvilles). Cela s'appelle aussi la réparation des torts et crimes dont on hérite (ce qui nous irrite fort, certes), la reconnaissance solidaire des dettes contractées par nos parents, ou encore, tout simplement, la construction de la justice par la charité. Notre pays ne nous appartient pas, c'est nous qui lui appartenons : encore un rétablissement de la pensée traditionnelle, ancestrale, universelle, mais que seuls les plus mendiants, autrement dit les plus proches du pôle noir, parviennent à nous faire reconnaître, par leur insistance. Les mendiants sont à remercier pour leur enseignement. Nous avons bien besoin d'un renouvellement de notre réflexion, au moment où les blancs bardés de science s'aperçoivent qu'ils ont réussi le tour de force de dévaster la planète toute entière, et de susciter une formidable colère des forces de la nature en retour : la pollution des Antilles par le chlordécone et le paraquat donne lieu à des cancers, des malformations et un taux effarant de stérilité ; celui-ci est déjà de 15% dans les pays riches. N'est-ce pas une terrible preuve de la stérilisation de notre pensée, après avoir voulu tout domestiquer, tout castrer, des intelligences amputées du cœur jusqu'aux plantes qui nous nourrissent ? Ce n'est pas par hasard et inadvertance que des propriétaires infatuées de réflexes néocoloniaux ont laissé envahir les Antilles par un toxique puissant : ils n'ont vu que la courbe de leurs profits reposant ostensiblement sur la banane et secrètement sur l'empoisonnement de la principale concentration de population noire de la France. Notre ultrasioniste Kouchner était alors ministre de la santé et il fermait les yeux sur l'emploi systématique d'un produit interdit aux USA depuis 1993 … Notre garde des sceaux Rachida Dati bloque maintenant la constitution d'une commission d'enquête… Les Antillais parlent à juste titre de crime contre l'humanité*****.
                                                                

Il y a une explication simple, dans la cosmogonie traditionnelle, à la symbolique éthique des points cardinaux, comme à l'opposition naturelle entre le noir inquiétant et le blanc aveuglant. Le Nord indique le chemin, l'Est indique la connaissance, l'Ouest l'action et le Sud le cœur. Or les Occidentaux prétendent toujours diriger la barque des autres du fait qu'ils sont plus que tous les autres obsédés par l'action ; ils se prennent donc pour le Nord ; seulement ils construisent généralement sur le sable, dans la mesure où ils sous-estiment les autres dimensions. Au lieu d'être les interprètes des besoins de l'humanité qu'ils prétendent gouverner, ils essaient simplement de faire passer, en contrebande, des privilèges d'ethnie dominante pour l'intérêt de toute l'humanité. La gauche ardente doit retrouver ses racines dans la religiosité traditionnelle, la droite cesser de subordonner la tradition à la logique des propriétaires. L'ennemi qui doit nous unir est l'usurpateur : celui qui détourne à son profit la compassion, comme il détourne toute richesse, intellectuelle et matérielle, dans un but aussi simple qu'inavouable : la domination.

Le racisme est quelque chose de tout à fait réel, en tant que mépris indispensable pour justifier les abus ; c'est valable au niveau structurel, institutionnel, et individuel. Mais il va falloir trouver un terme pour décrire l'imposture de ceux qui prétendent encadrer le refus du racisme. Quand les loups se déclarent opposés au racisme antiovins, il y a de quoi chercher ailleurs que dans les shows de BHL et de SOS racisme des arguments « antiracistes » pour la justice économique et sociale : il est probable que l'empoignade recherchée solidairement par différentes composantes du pouvoir sioniste en France, entre les dits « racistes » et les soi-disant « antiracistes », sert à nous détourner d'un ennemi commun qui n'a pas de nom admis par tous, qui est certainement innommable pour le moment, mais qui ressemble terriblement au bellicisme archisioniste de Bush.

* Sous-titre proposé par Michel Mirin, qui a partiellement traduit de l'anglais ce qui suit. Voir « The real Holocaust is that of Blacks »

*** Dans la Bulle Romanus Pontifex, traduite pour la première fois du latin par Assani Fassassi en 2000 ( Le péché du pape , éditions Al Qalam)             

**** http://www.israelshamir.net/French/Fr29.htm

*****http://www.madinin-art.net/eco-po/pesticides_etat_minimise.htm http://www.bondamanjak.com/content/view/3561/71/

 

            

 http://plumenclume.net/textes/2007/hnegres291007.html

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12 novembre 2007

Mettre à nu tous les traîtres de la communauté

Une erreur de manipulation a fait que le premier message a été supprimé. Nous vous demandons pardon et le reprenons ci-dessous.
Sans me prononcer sur le bien fondé, ni juger qui que ce soit dans cette affaire précise, ( ce qui est le travail de la justice, qui suit son cours), je suis d'avis que les comportements dignes des bandits d'où qu'ils viennent, doivent être fustigés, car contribuent à affaiblir la cause et rendre davantage vulnérable les Noirs.
Je publie donc ce message reçu dans ma messagerie par le sieur OKILI, en laissant à chacun de se faire son opinion. Mon rôle se limite donc à publier ce que je juge publiable, sans y apporter mon jugement personnel dans la dite affaire.

Affaire Mézépo

Il y a quelques jours, j’ai demandé à me désinscrire de la liste de diffusion d’AfricaMaat parce que je ne souhaite plus recevoir des informations de leur part.  Je reçois depuis lors une avalanche de mails de faux-culs. J’ai décidé d’attirer l’attention de tout le monde une fois pour toute sur les inconséquences des uns et des autres.

Depuis 2 ans nous assistons au énième délitement de la communauté noire de France à cause, entre autres, de l’affaire Ménaibuc ou plutôt Salomon Mézépo, tant elle tourne plus autour des pratiques de cet individu (pour la petite histoire, un des anagrammes de Salomon c’est… Monsalo. ça ne s’invente pas !).

Des auteurs reprochent à leur éditeur le non-paiement de leurs droits. Des conciliations ont été tentées, dont une par le Pr Obenga. Elles ont toutes échoué… Notamment parce que le sieur Salomon Mézépo n’a jamais respecté ses engagements. Le respect de la parole donnée est un ovni sans son échelle des valeurs, à ce qu’il paraît.

Devant la fuite en avant des noirs de France, si prompts à donner des leçons au monde entier mais très frileux lorsqu’il s’agit de prendre leurs responsabilités, quatre d’entre eux ont engagé une procédure judicaire contre leur éditeur, Salomon Mézépo. Ils ont gagné en Première Instance. L’éditeur a interjeté appel de cette décision.  Par mesure de représailles il poursuit l’un des quatre auteurs pour diffamation. Ce qui laisse dubitatif lorsqu’on apprend qu’il veut défendre un supposé honneur. Si ce n’était pas aussi sérieux, nous aurions envie d’en rire. La schizophrénie guette au coin de la rue. Mais c’est tout de même son droit.

Ce qui l’est moins, c’est le flou artistique qu’il entretient sur la rémunération des auteurs. Combien de livres a-t-il imprimés ? Combien en a-t-il vendus ? Quelle rémunération a-t-il versé à chaque auteur ? Sur la base de quel contrat ? Toutes ces questions objectives restent sans réponse. Pour ma part, on défend son honneur en portant des valeurs et en respectant la propriété intellectuelle de ses auteurs – tout travail méritant salaire - non pas en réagissant à l’opprobre qui s’abattra bientôt sur les responsables de faits à propos desquels la justice a déjà statué et persistera. Lorsqu’on a un honneur à défendre on ne se comporte pas comme une « petite frappe ». On respecte la femme noire !

Crime de lèse délinquant ! « Le linge sale doit se laver en famille », crient en cœur les hypocrites et autres bouseux, tapis comme toujours dans les arrière-cours de combinaisons pour mieux flouer leur petit monde. Qu’ont-ils fait pour régler ce différend depuis qu’il gangrène notre communauté ? Et puis de quelle famille parle-t-on ? La communauté noire est transparente en France (un ersatz  d’opportunistes, d’affairistes, prêts à vendre père et mère pour une place à la droite du négrier), infiltrée de toutes parts par ceux qui nous dénient le droit à une quelconque humanité. Souvent même, leurs sbires sont ceux qui tiennent le haut du pavé dans la communauté. Nous devons plutôt militer pour un déballage public, parce que dans le public, seuls les noirs sont les plus mal informés. Les autres en face ont l’information à la seconde près par l’entremise de leurs féaux qui pullulent parmi nous.

Cette énième vanité du sieur Salomon Mézépo aura au moins le mérite de clarifier les choses et de mettre à nu les incohérences d’un certain nombre d’énergumènes, les médiocres en tout et en chaque chose, cooptés pour cette compétence-là, et qui ont fait de la misère de leur propre communauté leur vache à lait ou leur ascenseur social. C’est selon... Ils crieront au loup. Les faits leur rétorqueront que se servir de la misère de sa communauté pour défendre des intérêts strictement égoïstes, c’est très préjudiciable à sa « famille ».

son de cloche : « Ce qui nous unit est plus fort que ce qui nous divise », ont coutume de dire certains. Cette assertion est irrecevable dans le cas d’espèce, parce qu’elle profite principalement aux malfrats qui comptent sur le silence de leurs victimes pour escroquer en toute quiétude et en toute impunité. Lorsqu’on n’a rien à se reprocher on ne doit pas craindre la transparence. Sauf si celle-ci peut être préjudiciable à nos vices, à nos petites vertus ou aux casseroles que nous trimballons. La vérité n’a peur de rien. Seul le voyou la craint.

Il est curieux de constater que quelques individus dans la communauté entreprennent des activités délictueuses sans être pour autant inquiétés, alors que d’autres passent le clair de leur temps devant les tribunaux pour moins que ça. Ce sont des interrogations qu’il est légitime d’avoir. Il faut démasquer tous ces imposteurs mandatés pour nous empêcher d’avoir toute velléité de prise en mains de nos destins.

Tant que nous ne bannirons pas de nos rangs les brebis galeuses, toute tentative d’organisation est vaine. C’est un principe de réalité qui s’impose à nous comme à tout groupe d’intérêts. Nous ne sommes pas en reste. Refuser d’aborder cette question c’est cautionner par le fait la délinquance des crève-la-faim qui nous retardent dans notre émancipation.

Nous pouvons commencer par exemple par un travail de recension des associations et de personnalités noires de France. Ensuite, faire un bilan de toutes leurs actions depuis 5, 10, 15 ans. Qu’ont-elles apporté pour l’amélioration de nos conditions d’existence. Qu’ont-elles tiré de leur semblant engagement ? Ce simple travail nous éclairera sur les réelles intentions des uns et des autres. Devant leur échec nous sommes en droit de leur demander : qui vous a fait rois ou princes ?

 Ceux qui veulent intimider Pierre Nillon en seront pour leurs frais. Ils nous donnent l’opportunité de faire le procès d’une certaine nébuleuse noire aux soubassements d’une secte dont elle s’inspire pour se reproduire ou à défaut, excommunier. Cette action aura le mérite de lever toutes les zones d’ombre qui entourent cette affaire. Chaque noir devra se déterminer en son âme et conscience. Fini la politique de l’autruche. Pour ma part je soutiendrai Nillon. Il faut donner un coup de pied dans la fourmilière. Puis « écraser » ces bestioles. De là naîtra peut-être enfin quelque chose de viable.

Sur ce, je leur adresse mon profond mépris et beaucoup de courage… pour le calvaire qui sera le leur dès maintenant.

A bientôt devant les prétoires !

Okili

 

Posté par MBOA à 15:10 - Lecture d'ailleurs - Commentaires [9] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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