07 mars 2008
LE NEGRE DE LA GARE DE LYON
Fort attroupement devant les écrans qui ornent la gare de Lyon et indiquent les mouvements de trains. Quoi de plus normal me dis je alors; la période est propice à cela. Rentrant de mon long périple, je rejoins la capitale française passant donc par la gare de Lyon.
Pour nourrir ma curiosité, je me rapproche de la foule en très grande majorité composée de leucodermes et toute hilare, savourant les exploits du clown de la circonstance.
Je ne sais quel a été le critère de sélection pour les hommes-renseignements de la SNCF, mais notre bonhomme a dû montrer des qualités hautement "nègres" pour occuper ce poste et ainsi agrémenter, égayer l'attente des badauds et voyageurs et du blanc en général.
L'individu en question est un "nègre" dans le sens européen du terme et jouait à merveille son rôle de nègre. C'est-à-dire amuser le blanc. Vociférant, grimaçant, racontant des histoires sans queue ni tête, notre "nègre" amusait vraiment la troupe rappelant la belle époque aux plus anciens qui voyaient défiler des images de ces "nègres-objets". Les potentiels voyageurs peuvent ainsi tuer le temps en regardant gesticuler le "babouin" noir. Quel régal pour les jeunes enfants blancs qui étaient à côté de moi.
Voulant me convaincre que tous les "hommes-renseignements" dans cette gare sont obligés de jouer les pitres, je me décide de parcourir celle-ci de fonds en comble. Ma déception confirmait ce que je pensais à la vue des autres agents. Des leucodermes cette fois-ci, plutôt "normaux" et qui n'avaient pas besoin d'être extravagants pour accomplir ce pour quoi ils sont embauchés.
Je me rends compte de ce que Aimé Césaire décrivait à l'époque, parlant du nègre: " Il était COMIQUE ET LAID,
COMIQUE ET LAID pour sûr.
J'arborai un grand sourire complice...
Ma lâcheté retrouvée !
Pour la circonstance, je n'ai pas arboré de
sourire, mais plutôt un regard de rejet de ce nègre, de ce comique qui s'inscrivait
dans la définition que le blanc fait de lui. Sans aller jusqu'à le
haïr, je n'ai eu que du mépris pour lui, ce nègre de la gare Lyon et non de l'agent de la SNCF qu'il est aussi. Pour le prix d'un agent, la SNCF avait également son bouffon nègre de service.
L'éternelle question demeure: Pourquoi le Noir est-il, se sent-il obligé de trop en faire pour tellement plaire à l'autre ? On ne rappellera jamais assez ceci "Nous ne connaissons pas avec certitude la clé du succès. Mais la clé de
l'échec est d'essayer de plaire à l'oppresseur."
24 février 2008
L'HONNEUR NE SE QUEMANDE PAS.
La négrophobie pourra t-elle jamais être combattue en France au même titre que l'antisémitisme ? Le Noir recevra t-il le respect qu'il attend de la France ? Non ! Ce, pour au moins 3 raisons.
Si les deux premières raisons sont du fait du système, la troisième raison est du fait du Noir hélas, et semble entériner les deux autres et conforter ceux et celles pour qui la pratique de la négrophobie est aussi naturelle que respirer.
Mais Si toutefois le Noir veut se faire respecter, la réussite de son combat, n'est tributaire que de la perception qu'il a de lui.
La culpabilité des Européens vis à vis des Juifs
Il faut d'emblée dire que l'antisémitisme a eu le "mérite" de faire prendre conscience (?) aux européens de leur propre laideur, qu'ils ont longtemps refusée de voir lorsqu'ils s'adonnaient à cœur joie à l'extermination d'autres peuples.
Ce que nombreux pensent être l'oppression de la mémoire de la shoah sur le continent européen et en dehors, n'est en réalité que la réponse aux scénaris et idées dont le tort est d'avoir été appliqués sur d'autres européens. Cette réponse ne souffrirait pas de cette accusation, si elle ne paraissait pas aujourd'hui indisposer d'autres mémoires aussi douloureuses, par certains dont le but avoué est la hiérarchisation des crimes donc des victimes.
Donc c'est une affaire européo-européenne qui rappelle à la prétentieuse Europe, qu'elle n'a jamais été lumière que pour elle même et non pour l'humanité.
Les monstres que l'Europe a engendrés lui auraient-ils appris l'humilité ? Rien n'est trop sûr. Toujours est-il que cette culpabilité que les Européens ont, d'avoir exterminés les leurs avec les mêmes arguments qui pourtant avaient été réservés aux autres, est un argument de poids qui les hante, et les contraint à considérer les crimes qu'ils ont perpétrés sur d'autres comme des événements mineurs si ce n'est des non événements, et à ne pas leur accorder une importance. Cette considération est d'autant plus palpable et visible en France lorsque l'on conçoit et observe la place du "Noir" dans la société française.
La concurrence victimaire
Pour ne pas à avoir à traiter avec la même acuité, la même énergie et surtout avec le même sérieux le problème de négrophobie en France et faire admettre la normalité de ce comportement, le système a mis en place des instruments plus ou moins fantaisistes de lutte, histoire d'avoir la conscience tranquille et le sentiment de combattre. Un des premiers indices qui montre le caractère "détail" associé à la négrophobie, c'est de ne pas la nommer comme telle en la noyant dans le fourre-tout du racisme, lorsque l'on sait que la notion de race n'existe pas scientifiquement.
Conséquence logique de la vacuité et de la nocivité de ces pseudo instruments c'est de desservir ce pour quoi ils ont été construits. Face à l'inefficacité et à la dangérosité de ces instruments et surtout de la bonne santé des thèses négrophobes, certains Noirs décident de porter le combat, les revendications à leur manière et de ne plus rester dans l'attentisme dans lequel les différentes politiques du système contre la négrophobie les assignent.
C'était sans compter avec les tenants d'une certaine idéologie de la mémoire et surtout de la qualité de la victime. Cette revendication "de plus" des Afro descendants est perçue comme une "Concurrence" voire une offense par ces censeurs. Alain Finkielkraut, chef de file de cette escadron portait l'estocade en parlant de "chacun veut sa shoah" et Elisabeth Lévy vient confirmer cette posture " excluante et accaparante" de la mémoire et de la victime dans son "La Victimocratie en action". Ultime (?) coup de griffes pour définitivement empêcher toute expression de mémoire autre que celle issue de la shoah et assigner le Noir dans ce que Jean Baptiste ONANA, dans le titre de son livre intitule " Sois Nègre et Tais-toi !"? Et l'acharnement sur l'humoriste Dieudonné et Kémi Seba vise à punir cette outrecuidance: celle qui a consisté à se "rebeller" et pointer du doigt les sources et auteurs du mal être du Noir dans la société française.
Aliénation et auto-censure.
Bernard Dadié disait : "Elles sont lourdes, lourdes les chaînes que le Nègre met au cou du Nègre pour complaire aux maîtres du jour ". Le comportement de certains africains et afro-descendants en hexagone est bien résumé dans cette citation de l'écrivain ivoirien, et participe à la bonne santé de la négrophobie et du mépris du Nègre. C'est ainsi que certaines associations, certains individus s'autoproclamant "leader des Noirs" ne font l'économie d'aucune bassesse, d'aucune vilité dans le but de se retrouver assis aux côtés de celui qui n'hésitera pas la seconde d'après, de les descendre ainsi le rappelait Aminata Traoré en citant l'adage africain "Les mêmes mains qui vous applaudissent quand vous montez sur le trône, sont celles-là qui applaudissent également quand vous chutez ". Rappelons également ceci à ces larbins: "Nous ne connaissons pas avec certitude la clé du succès. Mais la clé de
l'échec est d'essayer de plaire à l'oppresseur."
L'autre attitude, est l'auto-censure que s'inflige le Noir face à l'agression dont il est victime. En mémoire, l'image du footballeur Abdeslam Ouaddou qui, deux jours après avoir été demandé des explications à son agresseur, s'excusait devant les caméras de télévision pour son geste. Tout comme Boubacar Kébé qui s'est excusé, d'avoir fait un doigt d'honneur à la tribune bondée d'idiots qui l'agressaient copieusement. Rappelons que pour s'être exprimés à leur façon, les arbitres des matchs respectifs n'ont pas hésité à les sanctionner. Tout le contraire d'un grand Zidane qui a compris que l'honneur ne se négocie et ne se marchande pas.
Les attitudes de ces joueurs mettent en exergue la peur du Nègre de revendiquer le respect parce que le système le lui reprochera, le lui fera payer, exige de lui la docilité à toutes les situations. Il n'est pas inutile de rappeler cette citation de Thomas Sankara: "L'esclave qui n'est pas capable d'assumer sa révolte ne mérite pas que l'on s'apitoie sur son sort. Cet esclave répondra seul de son malheur s'il se fait des illusions sur la condescendance suspecte d'un maître qui prétend l'affranchir. Seule la lutte libère..."
19 février 2008
LE JOURNALISME Français peut-il faire autrement ?
Le journalisme français a t-il les moyens de faire autrement ? Peut-il faire autrement que ce qu'il ne fait ? Ce sont là quelques questions qui peuvent encore tarauder le téléspectateur non averti, l'auditeur téméraire et masochiste qui s'inflige sans le savoir, le supplice, dans la noble intention d'assouvir son besoin d'information.
Ces interrogations prennent davantage leur signification dès lors qu'il faut, pour nos nobles informateurs, se confronter à toute question, à tout sujet qui touche à l'individu à la peau foncée. Là leur capacité à sublimer la subjectivité est incommensurable. Quelques mois de cela, Patrick Poivre d'Arvor recevant Marc Garmirian de retour du Tchad, introduisait son propos par: " Bonsoir Marc, nous sommes heureux de vous retrouver sain et sauf " *. PPDA nourrissait gracieusement le trop plein de préjugés sur l'Afrique et les Noirs dont des Français et l'occident ne se rassasient jamais.
La présence aux élections américaines ont permis de voir à quel point la couleur hante, obnubile le journalisme français pour ne pas dire le français en général. Des les premières semaines de celles-ci, j'ai essayé une lecture croisée des journaux français et allemands; la couleur de la peau du candidat OBAMA occupait l'essentiel de l'information du journaliste français, là où l'allemand parlait de l'essentiel c'est-à-dire le programme ou les idées. Et jusqu'à ce jour, le disque préféré des journalistes français n'a pris aucune ride.
Le dernier événement en date, les insultes négrophobes et racistes essuyées par le joueur Abdeslam Ouaddou, ce qui lui a valu en prime un carton jaune, parce que allant donc demander des explications à son bourreau encore plus couard que méchant.
Lorsque France 3 fait le reportage, le journaliste qui commente, pointant la caméra sur le joueur , dit que ce dernier est allé, je cite : "s'en prendre" au spectateur. "S'en prendre" à son bourreau qui a passé 45 minutes à l'affubler de tous les noms.
Deux comportement qui montrent bel et bien ce qu'est être français, cette question qui préoccupe nos sociologues, anthropologues, politiques, journalistes et bien d'autres qui se disent mourir de la présence du Noir.
Prendre un carton jaune alors que l'on a été la victime, la cible du racisme. Exactement ce que l'on reproche au Noir en France, c'est-à-dire subir toutes les exactions et se taire. Le procès aujourd'hui de Kemi Seba est l'exemple de ce comportement. Susciter la peur chez l'individu Noir, pour l'amener à ne pas être capable de défendre sa dignité.
Ces attitudes, disais-je, montrent, donnent la réponse aux questions que le "vrai" français se pose à la vue du Noir: "qui suis-je ? Suis-je encore chez moi ? etc... ".
Car en réalité, être français c'est être fondamentalement, viscéralement, génétiquement (?) négrophobe. Est-ce par hasard si c'est la France qui a crée le code Noir ? Si Napoléon Bonaparte est considéré comme un grand "homme" pour ses services rendus à la France à la lumière de ses actions en Égypte ou en Martinique ?
*: L'article sur PPDA ici
15 février 2008
LES VRP/VIP DE LA SHOAH BUSINESS
Pendant que des intellectuels sérieux, des citoyens dignes qui ont souffert de cette atrocité tels Finkelstein G. Norman , se soucient des deviances, de l'exploitation abusive, nauséabonde, hideuse de la Shoah, une autre catégorie d' individus peu scrupuleux s'emploient, au nom de la sacrée sainte mémoire, à peaufiner toutes les techniques possibles de maintien de ce qui est devenu et que certains spécialistes sérieux nomment: "la Shoah business", en usant des revendications farfelues les unes comme les autres le tout dans une rhétorique mémorielle.
Le clientélisme politique est une réalité que l'on ne saurait nier et qui a pris le nom de "Real Politique", histoire de masquer les horreurs qui lui sont inhérentes. Mais se servir de l'histoire en travestissant les faits ou s'en servir pour faire marcher le business ou comme arme n'est plus seulement une escroquerie intellectuelle mais relève tout simplement d'une pathologie dans un diagnostique des plus optimistes. L'utilisation barbare et violente de la mémoire des victimes de la Shoah comme cela est pratiqué aujourd'hui, ne représente en rien un travail sur ce crime, mais répond à un besoin d'oppression de la pensée et de l'expression libres et surtout au souci et à la préoccupation présents chez tous ces VIP et VRP de la Shoah d' hiérarchiser les crimes. La prédiction de Jacob Neusner ne serait pas de trop et éclaire sur ces comportements: " L’holocauste mal unique n’a pas seulement pour conséquence de donner aux juifs un statut à part, il leur donne "un droit sur les autres ". *
Au delà de la charge psychologique que comporte l'apprentissage pour des enfants dont l'âge varie entre 8 voire 11 ans, c'est le viol de leur innocence qui sera perpétré et organisé par ceux qui veulent les soumettre à retenir des noms d'enfants juifs français morts pendant la guerre. Aller s'attaquer ainsi à des mômes en les soumettant à une telle violence psychologique devient plus criminel que l'acte pour lequel les uns et les autres s'activent à défendre. L'obstination et l'aveuglement des nouveaux marchands de la défense de la mémoire les poussent à des décisions peu réfléchies et du moins fantaisistes que folles.
L' exercice hautement intellectuel ainsi proposé aux mômes de 8 ans montre à juste titre les dérives des thérapies clientélistes et politiciennes lorsque l'on souhaite les appliquer dans le champ purement historique, fussent-elles pour panser les plaies de l'histoire.
Les enfants morts de cette époque, juifs et/ou français ou l'inverse, ne sont ni au-dessus ni au dessous des milliers d'autres enfants morts en cette même période précise et ne le sont pas non plus pour d'autres morts avant et qui continuent encore aujourd'hui de mourir ailleurs à travers le monde. Même si, comme le souligne le premier secrétaire de parti socialiste, je cite " Chaque fois qu'on peut faire transmettre les exigences du devoir de mémoire, il faut le faire ". *
Dans ce cas, ce que oublie (?) d'ajouter le premier secrétaire du parti socialiste, il faut cette exigence pour tous les crimes et génocides, pour tous les enfants, car chaque crime/génocide a une mémoire qui doit être transmise avec les mêmes exigences, mais en épargnant les enfants et en dépouillant les solutions des considérations clientélistes et politiciennes.
C'est d'ailleurs à se demander si ce n'est pas faire de l'antisémitisme que d'utiliser la mémoire de l'holocauste pour des fins de politique clientéliste.
* (1) Jacob Neusner "A Holocaust primer" Page 178
* François Hollande sur France Info
14 février 2008
DIFFICILE D'ÊTRE REPUBLICAIN DANS: B-Land
C'est l'histoire d'un haut dignitaire d'un pays que l'on appelle
Bananaland qui, pour avoir manqué à une invitation annuelle d'une
association dont l'influence est sans commune mesure, au point d'être
au dessus de la constitution, s'est vu menacer par son collègue. Car
l'association en question "Choix2dieu" ressemble étrangement à une
secte ethnico-religieuse et il vaut mieux lui faire allégeance , lui
vouer une adoration de peur de se couvrir de l'opprobre d'être
"antichoix2dieu". Participer à ses réunions est un impératif, bon gré,
mal gré il faut y aller, un peu à l'image de ce que Jean Robin, parlant
de la France et du CRIF disait: " C'est
donc bien par crainte d'être vue comme antisémite que les politiques
français sont judéomanes, pour ne pas être soupçonnables, ils doivent
"se montrer
". A Bananaland, on est choix2dieumane ou alors on s'attend à subir
toutes les humiliations, les intimidations, les persécutions possibles.
La particularité du récent diner tient au fait que Malédiction2cham,
l'ersatz et non moins insignifiant sosie de Choix2dieu prend part à la
soirée.
Le lendemain du diner offert à la gloire de la république donc de Choix2dieu, J.M rencontre son collègue Marco représentant de l'état de Bananaland avant une réunion de travail.
- - Salut Marco, comment vas-ti ce matin ?
- --- Ma foi, j'ai connu meilleure forme que celle-ci, mais çà va et toi alors ?
- - Moi, je pète la forme et surtout après l'excellent diner citoyen, républicain et de certification d'hier.
- --- Dîner républicain et citoyen, certification ! De quoi parles-tu ? La république a organisé un dîner hier ?
- - Arrête un peu Marco ! Je sais que t'es fatigué, mais tu ne vas quand même pas dire que tu as perdu la mémoire depuis la soirée d'hier soir.
- --- Je ne te suis pas J.M de quelle soirée républicaine parles-tu ?
- - Tu es ridicule Marco, je sais que la salle était grande et "noire" de monde et que je n'ai pas pu apercevoir tout ce beau monde acquis à notre gloire, mais feindre d'ignorer la soirée alors que tu y a été et surtout avec les moyens de communication mis à contribution.
- --- Je ne comprends toujours pas.
- - Moi j'ai compris ! Oui j'ai compris que tu es comme les autres. Je vais te le dire, tu es un antichoix2dieuiste primaire. Tu as volontairement refusé de participer au diner républicain et citoyen de Choix2dedieu par antichoix2dieuisme
- --- Mais qu'est-ce que tu me sors là comme inepties ? D'abord pour commencer le diner de Choix2dieu n'est en rien républicain et citoyen. Quant à la certification je ne vois pas de quoi tu causes.
- - C'est exactement ce que je disais. Tu es un antichoix2dieuiste. Contester la républicanité et la citoyenneté de ce repas est un acte ségrégationniste mais surtout antichoix2dieuiste. Mais je te le dis par avance, Choix2dieu est l'organe supérieur de notre état, c'est lui qui certifie la citoyenneté de telle ou telle autre communauté sur notre territoire. L'offenser comme tu viens de le faire en ne participant pas au diner est impardonnable.
- --- J.M je ne te comprends pas. Si tout le monde se mettait à organiser des diners obligatoires, impératifs voire d'adoration, on ne s'en sortira plus. Les Cathos, les Protestants, les Boudhistes, les Musulmans, les Orthodoxes , les etc etc.... Mais c'est hallucinant !
- - Tu t'enfonces davantage. Tu oses mettre sur un même pied
d'égalité les cathos, les musulmans et le Choix2dieu ? C'est
tout simplement offensant et criminel ! C'est un péché, un blasphème. Choix2dieu ce n'est
pas les autres, encore moins tout le monde; il est unique parce que le seigneur l'a voulu ainsi. Il
faut que tu le comprennes.
Choix2dieu est le représentant de dieu sur Bananaland.
- --- Comme tu veux, mais je ne suis pas d'accord et je pense malgré tout que je suis encore en république (du moins je le pense) et que j'ai la liberté d'aller ou pas à un diner fut-il celui de Choix2dieu.
- - Tu persistes dans ton injure envers Choix2dieu. Mon cher, lorsqu'on est dans le gouvernement, on est tenu, obligé, contraint de participer à ce diner de certification et de notation. Même l'ersatz de Chois2dieu, la Malédiction2cham, était présent; à plus forte raison toi qui est des nôtres c'est à dire du gouvernement même si tu n'es pas Choix2dieu de naissance. Dans tous les cas, j'ai compris aujourd'hui ta position, tu es contre nous et en ce sens, je ne veux plus rien à voir avec toi. Et tu entendras parler de Choix2dieu, car tu oublies qu'aucun gouvernement de Bananaland ne saurait faire le choix d'une politique quelconque qui ne soit en accord avec les idées de Choix2dieu.
- ---Tu me menaces là. Je n'ai commis aucun acte répréhensible par la loi pour que je me sente si menacé.
- - La loi c'est Choix2dieu et çà tu ne l'as malheureusement pas compris; tu n'es qu'un vulgaire Antichoix2dieuiste.
- --- Mais c'est ridicule J.M ! Mais si c'est comme cela, je ne veux plus discuter avec toi.
Les deux collègues se séparent, comme vous l'aurez compris, l'un croyant aux valeurs de la république de Bananaland et l'autre postulant celles de Choix2dieu au-dessus de la république. L'histoire nous dit cependant que Banaland est devenu pire que n'était Sodome et Gomorrhe, car le chaos avait été érigé en système de gouvernance.
13 février 2008
LE TCHAD: LA PARADE DE L'EMPIRE
Les Africains sont-ils réellement conscients de ce que se passe aujourd'hui sur leur continent ? Ce que l'on appelle "la diaspora" fait-elle son travail d'éclaireur, de résistance contre les idéologies qui asphyxient le continent, ou se contente t-elle pour certains, de se complaire dans l'apparent "confort matériel" qui hante leur existence.
Le faux calme qui n'est rien d'autre qu'une indifférence voire une couardise comme seuls certains africains savent faire montre, tend à prouver que cette prise de conscience du danger que court l'Afrique dite francophone est loin d'être la préoccupation des uns et des autres; plus grave, la prise de conscience semble se dresser comme un obstacle à leur quête du "bonheur" éphémère que l'occident leur offre; pour combien de temps encore ?
A juste titre, Gilbert Léonard cite, dans un excellent billet sur l'affaire de Zoé, le très humaniste poète Victor Hugo qui, dans un élan de grande générosité, disait ceci : " Allez, Peuples ! emparez-vous de cette terre. Prenez
là. A qui ? à personne. Prenez cette terre à Dieu.
Dieu donne la terre aux hommes, Dieu offre l’Afrique à
l’Europe. Prenez-la ", parlant de l'Afrique.
Dans un billet intitulé, "Disons non au vampirisme colonial", Hubert Vedrine alors ancien ministre des affaires étrangères et qui a d'ailleurs conseillé l'actuel président sur certaines questions de la politique étrangère de la France disait ceci: " Il faudrait actualiser, rendre légitimes les formes modernes de
protection ou de tutelle sous mandat du conseil de sécurité réformé " ce qui signifie rien d'autre que, le travail de colonisation doit se faire maintenant avec l'aval de l'ONU. Et la récente intervention de la France au Tchad n'a fait que confirmer, le propos de l'ancien occupant du quai d'Orsay et accessoirement conseiller du président Sarkozy.
Le discours sur l'africain qui n'est pas entré dans la civilisation de Nicolas Sarkozy et les mots de Victor Hugo, je cite "Refaire une Afrique nouvelle, rendre la vieille
Afrique maniable à la civilisation, tel est le
problème. L’Europe le résoudra. ", ainsi que le rôle d'entrave, d'obstacle à l'épanouissement de l'Afrique dans lequel la France s'est inscrite sont autant d'indicateurs qui ne devraient plus laisser place à quelconque doute sur les intentions malveillantes de l'occident, chez les Africains. L'indépendance, l'épanouissement de l'Afrique signifient la fin du mythe, de la légende d'un occident bienveillant et bienfaiteur; la mort d'une coopération qui ne l'est que de nom, car la réalité est que c'est une vaste machine de destruction du continent.
D'aucuns semblent sous-estimer la capacité de nuisance de la politique étrangère de la France en Afrique, mais ils n'ont qu'à aller faire un tour pour constater l'ampleur des dégâts, le tout sous le doux nom de: "coopération". La présence française dans les pays africains est un réel déni d'identité offert aux populations, un suicide général de la conscience de se reconnaître et s'accepter comme tel, c'est à dire: Africain. En d'autres termes, la France tue l'Afrique comme le disait Aimé Césaire, " Le malheur de l'Afrique c'est d'avoir croisé la route de l'Europe ".
Ceux des Africains qui vivent dans l'éphémère confort qui consiste à ne pas se poser des questions sur le devenir de leur continent, semblent oublier que l'actuel président français a, entre autre mission également, de leur mener la vie dure. L'ancien ministre de l'intérieur n'avait t-il pas déclaré que les Noirs étaient plus violents que les Arabes ? Et les thèses dites lépénistes qui, véhiculées par Nicolas Sarkozy et ses acolytes, curieusement ne vont plus jaser les plus ardents défenseurs des droits de l'homme parmi les intellectuels et politiques français prouvent que "casser du Noir" est mis au même rang que "retrouver du pouvoir d'achat" c'est à dire priorité des priorités.
Plus que jamais, il est temps de voir ce qui se passe au Tchad [pour ne citer que celui-là], pour comprendre que si l'africain ne prend pas le parti de se défendre, il périra, et compter sur les bons sentiments de la politique de Nicolas Sarkozy est déjà un pas grandiose vers cette fin. Car la colonisation nouvelle de l'Afrique est entrain de se faire cette fois avec l'accord tacite des africains bien plus préoccupés à s'occidentaliser.
DISONS NON AU VAMPIRISME COLONIAL, ici.
LE DISCOURS DE Victor Hugo, ici
LA FRANCE PILLE L'AFRIQUE PAR LE FRANC CFA ici
11 février 2008
"La France exploite l'Afrique par le biais du franc CFA"

Mamadou Koulibaly, président de l’Assemblée Nationale de Côte d’Ivoire
et professeur d’économie, fait la lumière sur les dégâts causés dans
les Etats membres de la zone franc en raison de l’indexation de leur
monnaie sur le franc français, aujourd’hui sur l’euro. Dans cet
entretien réalisé par Ruth Tete et Soh Tadhieu de New African, Mamadou
Koulibaly ne mâche pas ses mots et appelle à la création d’une monnaie
indépendante, sans lien avec le passé colonial.
Pourriez-vous expliquez à nos lecteurs quels sont les principaux mécanismes de la zone Franc ?
MK:
La zone du franc CFA est une union de coopération monétaire dont les
leviers de contrôle se situent à Paris où priment les intérêts de la
France. Les Etats satellites, membres de cette zone, sont des pays
d’Afrique occidentale et centrale. La logique qui sous-tend le
fonctionnement de cette zone rappelle la manière dont les Etats de
l’Europe de l’Est étaient liés à l’ex-Union soviétique par le biais du
Pacte de Varsovie à l’époque de la Guerre froide.
Les principes de la coopération monétaire entre la France et les Etats
membres de la zone franc ont été énoncés dès les années 1960 dans le
cadre d’un pacte colonial. Ce pacte a été modifié par la convention de
coopération monétaire du 23 novembre 1972 entre les Etats membres de la
Banque des Etats de l'Afrique Centrale (BEAC) et la France d’une part,
et par l'accord de coopération du 4 décembre 1973 entre les pays
membres de l'Union Monétaire Ouest-africaine (UMOA) et la République
française d’autre part.
Juste avant que la France n’accède aux demandes d’indépendance des pays
africains dans les années 1960, elle a obligé ces Etats à placer 65%
leurs réserves de change sur un compte du Trésor français, après avoir
défini un taux de change fixe du franc CFA.
Bien que la gestion de cette monnaie ait été confiée à des banques
centrales communes [BEAC et BCEAO, ndlr], ces banques n’ont d’africain
que le nom. En réalité, elles n’ont aucun pouvoir et ne sont rien de
plus que de gigantesques institutions bureaucratiques qui ne décident
pas des politiques monétaires. Elles sont là pour faire croire aux pays
de la zone franc qu’ils sont maîtres de leur destinée.
Les pays de la zone franc continuent de perpétuer un système mis en place par l’ancien bourreau colonial.
Comment décririez-vous la situation financière des pays de la zone franc depuis qu’ils font partie de cette union monétaire ?
MK:
La zone franc a engendré un long débat. D’une manière générale, il ne
faut pas oublier que cette union a apporté à la France d’immenses
avantages en termes de marchés pour ses biens et services. La situation
monétaire des pays de la zone franc est une longue histoire de secrets
jalousement gardés par la France, dont la seule préoccupation est de
préserver ses intérêts.
Par exemple, les réserves de change des
Etats de la zone franc sont placées sur un compte commun du Trésor
français, mais aucun pays africain n’est capable de dire quelle partie
de cet argent durement gagné lui appartient. Seule la France a le
privilège d’accéder à ces informations.
Et pourtant ces fonds, placés sur des «comptes d’opérations», génèrent
des intérêts à chaque fois que leur montant est supérieur aux besoins
d’importation des pays africains concernés.
Ces comptes d’opérations, en vertu des accords de coopération
monétaires signés par la France et les pays de la zone franc, sont en
théorie assortis du principe de découvert illimité. Cependant, les
autorités françaises ont inclus, dans les statuts des banques centrales
africaines, des mesures, parfois préventives, destinées à éviter que
les comptes d'opérations deviennent constamment débiteurs.
Les opérations liées au franc CFA sont
secrètes et seul le Trésor français connaît montant des fonds
appartenant aux pays de la zone franc placés sur les comptes
d’opérations. Seul le Trésor français peut indiquer le niveau de
rémunération ainsi que les frais de gestion de compte. Le système est
donc opaque et autoritaire.
Les économies de la zone Franc sont très vulnérables. Les effets
provoqués par le mécanisme de fonctionnement du franc CFA sont
asymétriques. Les pays les plus dépensiers de la zone franc peuvent
utiliser les réserves de change des pays qui ont une gestion plus
prudente. De fait, l’unité monétaire profite aux pays les plus riches
et encourage l’exploitation des pays les plus pauvres. L'existence d'un
système monétaire stable et unifié n'a pas conduit à l'émergence d'un
système bancaire et financier efficace dans les pays africains de la
zone franc. Sur les 107 banques que comptent ces pays, 42 avaient fait
faillite en 1990. Les réseaux bancaires, qui se sont constitués par la
suite, dépendent fortement des banques françaises.
La France encourage les pays de la zone franc à vivre largement
au-dessus de leurs moyens. Quelle différence y a-t-il entre le Gabon
dont les réserves de change sont placées en France et le Ghana, qui
possède sa propre monnaie? Ou entre le Cameroun et le Kenya ? Le Bénin
et la Tunisie ? Ces questions suscitent des questions légitimes sur le
bien-fondé de la zone franc.
La
zone franc existe depuis plus de soixante ans. Comment expliquez-vous
qu’elle perdure malgré les effets négatifs qu'elle continue de produire
dans pays africains ?
MK:
A mon avis, cela est dû à l’influence que la France exerce sur les pays
d’Afrique francophone, même si les partisans utilisent les arguments
suivants pour défendre leur position : garantie monétaire, qui génère
un afflux de capitaux, mesures d’austérité limitant le risque
d'inflation et permettant de maintenir l'équilibre de la balance
extérieure, et crédibilité de la monnaie.
Les partisans du franc CFA font
semblant de ne pas voir la répression politique et financière qu’ont
exercée les présidents français successifs sur les pays africains qui
ont tenté de se retirer de la zone franc. Nous avons été témoins de
mesures répressives visant à couper court à toute velléité
d’émancipation du système: la protection des intérêts français a
engendré récemment des crises au sujet de l’uranium au Niger, de l’or
au Mali, du pétrole au Tchad, des matières premières et du transfert
des actions d’entreprises du service public en Côte d’Ivoire,
auxquelles sont à ajouter d’autres crises au Rwanda, en République
démocratique du Congo et au Sénégal.
Quand le Sénégal a annoncé récemment qu’il avait découvert du pétrole à
Saint Louis, le pays a demandé au Vénézuela de l’aider dans son
exploitation, et non à la France. Paris a perçu ce geste comme une
trahison et une violation des accords de coopération liant la France
aux pays de la zone franc et à leurs ressources.
Par ailleurs, les élites et la classe politique africaines n’ont fait
qu’empirer la situation en prétendant qu’elles ne possédaient pas les
compétences nécessaires pour gérer leur propre monnaie de manière
responsable et efficace, à l’inverse des pays occidentaux ou
asiatiques.
Elles se satisfont de voir Etats africains être réduits l’état de
contribuables au profit de la France, avec les 65% de réserves de
change qu’ils déposent chaque année auprès du Trésor français ! Et
pourtant, nos citoyens n’ont pas la nationalité française, et non pas
non plus accès aux services publics dont bénéficient les autres
contribuables français. Cela conduit à une situation qu’on ne peut que
qualifier d’asservissement volontaire, et qui a incité la population et
les acteurs économiques à croire qu’ils ne pouvaient se passer de la
France.
C’est bien dommage car cette idée est totalement fausse. Le monde est
vaste : il suffit de vouloir s’y intégrer de façon libre et responsable
par le biais du commerce et non de l’aide étrangère qui réduit les gens
à la situation de mendiants. Chaque jour, la mondialisation crée des
milliers d’opportunités dont nous ne tirons pas profit, parce que nous
sommes piégés dans un système inefficace.
Une
réunion des ministres des Finances des pays de la zone franc s’est
tenue à Paris le 14 octobre 2007. Cette précède traditionnellement la
conférence d'automne de la Banque Mondiale et du FMI. Vous avez été
ministre des Finances de Côte d'Ivoire, et peut-être avez-vous eu
l’occasion de participer à ces réunions. Beaucoup d’Africains que rien
de positif pour le peuple africain ne ressort de ces réunions. Est-ce
vrai ?
MK:
Je n’ai jamais participé à ce type de réunion quand j’étais Ministre
des Finances. Mais la plupart des pays de la zone franc sont faible.
Avec des économies sous perfusion, ils n’ont aucun poids dans les
décisions prises dans le cadre de ces réunions. On peut donc se
demander pourquoi ils continuent de se rendre à ces réunions dans
lesquelles ils n’ont aucune voix. En agissant ainsi, ces pays montrent
qu’ils sont convaincus que la France peut tout faire pour eux. Nos pays
préfèrent choisir la solution de la facilité même si elle met en danger
l’emploi, les revenus, l’épargne et les investissements privés. Nous
nous rendons complices du piège de la pauvreté dans lequel nous avons
été poussés.
Pourriez-vous citer au moins trois raisons pour lesquelles les Etats africains devraient se libérer du franc CFA?
MK:
En premier lieu, le franc CFA est coercitif, injuste et moralement
indéfendable. Il a favorisé la corruption de l’Etat. Au moment des
élections françaises, les pays de la zone franc sont sans cesse
sollicités pour donner des dons aux hommes politiques français, une
obligation qui ne peut se justifier. Ces «cadeaux» ont été à l’origine
de nombreux conflits et ouvrent la voie à de nombreuses autres formes
de corruption.
Ce sont ces relations qui perpétuent le monopole français dans les pays
de la zone franc, malgré la mondialisation. Sous prétexte d’aider les
pays pauvres avec l’argent du contribuable français, c’est la classe
politique française et africaine qui s’enrichit de manière illicite.
Cette réalité justifie à elle seule l’abandon de la zone franc.
La libéralisation économique et financière ne peut se produire avec un
taux de change fixe et une zone d’influence économique créée
artificiellement.
En fait, l’émergence de tensions apparues au sein du système monétaire
international et les crises financières de ces dernières années portent
à croire que le choix du régime de taux de change dépend du système
d’engagements pris auprès des autorités monétaires. Et pourtant, la
restriction de la liberté des pays de la zone franc dans le domaine de
la politique monétaire ne protège pas du risque de dévaluation du franc
CFA. Ainsi, dans les années 90, faisant fi de la clause de découvert
illimité, la France a ordonné la dévaluation du franc CFA. Avant la
dévaluation, 1 franc français s’échangeait contre 50 francs CFA. En
1994, après la dévaluation, 1 FF s’échangera contre 100 FCFA. Les
autorités françaises sont pourtant arrivées à faire croire que le taux
de dévaluation était de 50%, alors que nous venions de subir une
dévaluation de 100% !
Après l’abandon du système, quel avenir monétaire proposez-vous aux pays africains du point de vue monétaire ?
MK:
Etant donné les enjeux, il est nécessaire d’entreprendre des réformes
financières et monétaires. La monnaie doit être au service de
l’économie. Elle doit s’adapter au contexte économique actuel. A cet
effet, il faut permettre aux pays de se prémunir contre les chocs
asymétriques, d’améliorer la convergence et l’ajustement
macroéconomiques et de financer le développement.
Il est vital aujourd’hui que le
franc CFA acquière une autonomie, qu’il se libère du joug colonial. Il
est grand temps que les pays africains assument les conséquences d’une
politique macroéconomique librement choisie. Il n’y a pas de secret. Il
suffit que nous décidions de nous choisir nos politiques et d’en
assumer la responsabilité. La liberté n’a de sens que si elle est
assortie de responsabilité.
Une fois la rupture
accomplie, les pays de l’ex-zone franc devront créer leur propre
système basé sur des principes simples : accès direct aux marchés
internationaux sans tuteur, c'est-à-dire la France, mise en place d’un
système fiscal simple sans règles d’imposition incompréhensibles, taux
de changes flexible par rapport aux principales monnaies. Pour
atteindre cet objectif, les pays concernés ont deux possibilités. La
première consisterait à créer des monnaies nationales indépendantes,
avec une parité flexible comme les monnaies de l’Union Européenne avant
l’introduction de l’euro. Cette solution peut fonctionner uniquement si
les banques sont privées et indépendantes et que les banques centrales
ont la liberté de mettre en œuvre des politiques monétaires crédibles.
La deuxième option, c’est que les pays
africains s’unissent et créer une monnaie commune, mais cela suppose un
gouvernement unique, contrôlée par une banque centrale unique et
indépendante du pouvoir politique, ainsi qu’une politique économique
monétaire et budgétaire uniques.
Quelle que soit la solution adoptée, les Etats doivent être
démocratiques. Ils doivent indiquer clairement à leurs citoyens leurs
droits de propriété et leur accorder la liberté de décider s’ils
veulent hypothéquer ces droits. Tout commence avec l’attribution du
droit de propriété aux citoyens, un droit qui les fera émerger de la
pauvreté. Le libre échange fera le reste.
En
2005, vous avez publié un livre intitulé «Les servitudes du pacte
colonial». Pourriez-vous expliquer brièvement le sujet de cet ouvrage
et le message qu’il transmet ?
MK:
L’objectif de ce livre était de faire connaître au public le «pacte
colonial», fondement des accords de coopération franco-africains. Il
s’agit d’un modèle institué par la France sous De Gaulle à la veille de
l’indépendance des Etats d’Afrique francophones, destiné à contrôler
indirectement les affaires de ces pays de manière subtile, sans
apparaître en première ligne comme pendant la longue période coloniale.
Le livre publie les textes utilisés pour organiser les interventions de
l’Etat français, malgré la fin de l’époque coloniale dans les années
1960. Selon ce pacte colonial, les présidents des Etats d’Afrique
francophone doivent diriger leurs pays en fonction des intérêts de
Paris.
L’indépendance s’est donc résumée au transfert de compétences de
l’Elysée aux chefs d’Etat africains, qui doivent faire acte
d’allégeance à la France, et non aux peuples qu’ils gouvernent.
Paris se charge de leur dicter les
politiques à adopter. Ce livre révèle comment les accords de Défense
sont en réalité que des accords commerciaux obligeant les Etats
d’Afrique francophone à conserver des bases militaires françaises sur
leur sol, avec des soldats prêts à intervenir pour chasser les
dirigeants récalcitrants afin de les remplacer par des individus plus
dociles.
Dans ce livre, on découvre que la France
détient un monopole sur toutes les matières premières de l’Afrique
francophone. On apprend comment la France a pris des mesures pour
s’assurer qu’elle conserverait toutes ses prérogatives coloniales après
avoir accordé «l’indépendance» aux pays africains.
Par le biais de ce pacte colonial, la France est demeurée omniprésente
en Afrique francophone et a conservé les avantages d’hier. Paris a
confisqué la véritable indépendance des pays d’Afrique francophone.
Nous nous devons de dénoncer
collectivement ce pacte colonial. Lors de sa visite au Sénégal en
juillet 2007, le fraîchement élu président français Nicolas Sarkozy a
reconnu que la colonisation était un crime contre l’humanité, mais a
refusé de se repentir. Les Africains doivent dénoncer tous les accords
et systèmes qui éloignent l’Afrique des marchés. Le pacte colonial
constitue une violation du droit de propriété africain.
Etes-vous parvenu à transmettre ce message à travers ce livre ?
MK:
Je pense que oui. Je voulais partager mes convictions avec un grand
nombre d’Africains. Et d’amis de l’Afrique, afin qu’ils soient dans une
meilleure position pour mesurer les dangers du pacte colonial, du
contrôle de l’Etat, et surtout de prendre conscience que la gestion de
l’économie sous l’emprise du pacte colonial est une source de pauvreté
dans nos pays. Nous ne voulons pas l’aumône ; notre problème n’est pas
le manque d’argent. Je suis convaincu que nous devons avant tout
revendiquer clairement nos droits de propriété sur nos terres et nos
ressources, qui ont été aliénées par les colons, et dont le pacte
colonial nous dépossède aujourd’hui. Enfin, je voulais dire que
l’Afrique a un besoin urgent de libertés individuelles, d’un contrôle
de l’Etat limité, de marchés libres, d’une société ouverte et de la
paix, qui ne peuvent exister que si la liberté économique et politique
est respectée.
In New African, Janvier 2008
08 février 2008
JEAN-MARIE BOCKEL: CAS PRATIQUE
Le tournant que prend l'affaire Zoé ne pouvait pas mieux tomber, pour qui se propose de lutter contre les affres d'une politique jugée et reconnue comme un frein, un obstacle à l' épanouissement de l'Afrique dite francophone.
Quelques semaines seulement après avoir déclaré son intention de rompre avec les habitudes néfastes qui se sont installées entre Paris et certaines capitales africaines, le secrétaire d'état chargé de la coopération n'avait surement pas compté avec un cas pratique qui s'offrirait à lui de sitôt.
En implorant, la France de se presser de demander une clémence pour les malfrats de l'arche de Zoé, le président Déby, comme nous le pressentions et prévenions dans un précédent billet, venait d'achever le plan mafieux qu'il avait conçu pour se maintenir au pouvoir par tous les moyens en assurant à la France les réserves de pétrole, l'objet de toutes les convoitises des puissances industrielles.
Confronté à une opinion publique qui lui est de plus en plus défavorable et hostile, le président Déby aurait-il orchestré l'affaire Zoé [ébruité une pratique qui avait longtemps cours comme le laissait entendre le député YORONGAR, aujourd'hui incarcéré par les soins de Déby]pour faire un chantage à la France afin de lui assurer le maintien au pouvoir ? Tout semble aujourd'hui conforter cette thèse.
Les Français sont étonnés du sentiment anti-français qui se développe dans toute l'Afrique, mais ils ne semblent pas s'offusquer des comportements de leurs responsables sur le territoire africain. Lorsque le président français déclare avec toute l'arrogance qui le caractérise, qu'il irait chercher les malfrats de l'arche de Zoé quoi qu'ils aient fait, n'est-ce pas une excitation au mépris de l'Afrique dont la France se fait aujourd'hui encore le chantre en assurant le maintien de Idriss Déby au pouvoir tout en favorisant l'oppression des opposants à ce système de mise à mort du peuple devenu généralisé ?
Dans tous les cas, Jean-Marie Bockel vient de recevoir un cas pratique et son silence laisse pantois tous ceux qui ont cru à ses nobles propos. Mais si le communiqué gabonais qui réagissait aux propos du secrétaire d'état chargé de la coopération en expliquant, que ceux-ci relevaient de, je cite : " l’ignorance des réalités de la coopération franco-africaine " prennent tout leur sens par cette non réaction ?
On reconnait le maçon au pied du mur.
06 février 2008
AVLINE AVA et le Bikutsi According to JAZZ à la Conquête de la Suisse.



Pendant deux jours, Avline Ava et son groupe ont fait vibrer la ville de Renens au rythme du bikutsi version jazz dans l'enceinte du "GRIOT" en Suisse. Il est difficile de dire, qui du biktsi according to jazz ou d'Avline Ava a marqué le cœur des spectateurs venus nombreux découvrir ce nouveau rythme, tellement les deux font corps ensemble.
Avline Ava, comme à la grande époque des "têtes brulées", le mythique groupe qui a donné ses lettres de noblesse au bikutsi, est entrée dans la cour des grands avec son "Bikutsi according to Jazz" comme me confiait un élu de la ville de Renens, qui m'a fait l'honneur d'être son invité.
Lorsque mon hôte lance cette remarque : "Je ne sais pas si c'est cette dame et son groupe qui sont bons ou c'est le rythme lui même qui porte cet envoutement en lui et pousse à une telle performance , mais c'est du solide et du lourd". J'ai compris que la diva venait de conquérir le cœur des helvètes venus nombreux l'applaudir, pendant que les autres spectateurs se trémoussent et découvrent les effets de la "bestiole". Une chose est aujourd'hui acquise, le bikutsi dans sa version "jazzy" tient son étoile pour la joie des mélomanes que nous sommes; la question est de savoir jusqu'où ce concept musical va t-il s'arrêter ?
Comme le public, pendant deux jours [1 et 2 février ], j'ai été subjugué par la maestria et la maitrise du sextet qui nous a gratifié d'un spectacle époustouflant comme il fait plaisir d'en voir très souvent et de pouvoir dire un jour "j'y ai été aussi". Celle qui a donné naissance au "Bikutsi according to jazz" a fait la démonstration d'une maitrise de la scène et de son sujet, certes entourée par de musiciens de bonne facture sous la houlette d'un Noël Ekwabi plus aguéri que jamais. Il faut désormais compter avec la voix et le savoir-faire de Avline.
Comme si le destin avait décidé qu'il en sera ainsi, comme si rendez-vous avait été donné pour le passage de témoin dans cette salle dont le nom est, à plus d'un titre révélateur, un fait d'une intense émotion s'est produit. Dans un élan de générosité et de reconnaissance surtout, Noël Ekwabi fait monter sur scène, le groupe légendaire "Les Têtes Brulées", lui aussi en tournée en pays helvétique. Ce groupe qui a permis et favorisé l'éclosion du bikutsi et que la diva Avline décline aujourd'hui sous sa forme Jazzy. L'émotion est à son paroxysme et la salle retient son souffle comme pour laisser s'accomplir le destin qui se jouait sous le regard hagard, mais ému de l'assistance.
Après une brève présentation du groupe, et un clin d'œil à son illustre guitariste* qui nous a prématurément quitté comme très souvent c'est le cas des étoiles, la musique reprend ses droits. Les membres du mythique groupe venus donner leurs bénédictions à Avline, lui rendent également un vibrant hommage en s'emparant des instruments et nous gratifiant d'un bon tour de chants et de belles mélodies. Le passage de témoin venait ainsi de se faire.
Du jeune Jerry Léonide pour qui le piano, à le voir jouer n'a plus de secret et dont l'élégance du jeu rappelle celle de son illustre ainé Mario Canonge à Laurent Clipet, qui semble avoir plongé dans une marre aux percussions, le "blanc camerounais" comme le présente Avline, est un petit bijou; en passant par le génial Yvon Rosillette à la guitare, l'étincelant Carlos Gbaguidi à la batterie dont l'aisance du jeu suscite une fascination lorsqu'on connait les exigences du Bikutsi en la matière et à la baguette l'incontournable Noël Ekwabi à la basse, Avline est apparue sereine, gracieuse, belle et douce avec en prime sa bonne humeur et son joli sourire.
Nous attendons connaitre les prochaines dates et lieux où se produira le sextet pour aller le voir et l'encourager dans son envol. Je ne saurai que trop vous conseiller de rester vigilants et de vous précipiter au prochain concert de Avline pour vivre des instants de grâce, de bonheur et découvrir ce qu'est " bikutsi according to jazz " le concept qui monte.
*: zanzibar est le nom du guitariste des têtes brulés, qui nous a quitté prématurément hélas.
Site internet de Avline Ava ici et d'autres photos de la diva ici
05 février 2008
QUELLE CREDIBILITE A ENCORE L'O.N.U pour LES AFRICAINS ?
"Et quand nous entendons un chef d'Etat européen déclarer, la main sur le coeur, qu'il lui faut venir en aide aux malheureux peuples sous-développés, nous ne tremblons pas de reconnaissance". Frantz FANON
Aujourd'hui, les Africains et particulièrement les Tchadiens, doivent ne pas trembler de reconnaissance face à l'injure que vient de lui asséner l'O.N.U par le biais de l'omniprésente France. La main dans le cœur, et avec toute la sincérité qu'on lui connait, la France introduit une résolution au conseil de sécurité de l'O.N.U pour sauver le régime ô combien démocratique du président Déby. L'homme issu des urnes, selon la formule du président Sarkozy. On s'étonne qu'elle ne soit pas si active pour faire adopter une résolution pour sauver le "Hamas", en d'autres termes, pour faire condamner le gouvernement israélien de ne pas respecter un gouvernement issu lui aussi des urnes.
Dans un précédent billet, on soulignait le rôle prépondérant du pétrole dans les troubles qui sévissent aujourd'hui au Tchad. Comme ce qui se passe en Irak, les vies africaines ne représentent rien à côté des réserves de pétrole dont la mainmise française n'épargnera aucune vie, quitte à déclarer Déby démocratique. Qu'est-ce qui peut bien justifier une telle mansuétude de l'O.N.U et de la France à l'endroit de celui qui a vendu un bien dont il n'est pas le propriétaire et qui pour se faire éliminent des vies humaines sans que cela n'émeuvent les tenants des droits de l'homme ? Car le Tchad a été depuis belle lurette, vendu à la France, c'est cela la triste réalité.
La liberté décidemment n'est bonne que pour les français et non pour les tchadiens tels sont le sens et la signification de la résolution introduite par la France à l'O.N.U pour protéger Idriss Déby.
Lorsque Déby comme ses pairs dictateurs du Cameroun, du Togo et d'ailleurs en Afrique francophone déciment des populations, comme les élèves tués au Cameroun par la police, on ne voit aucune résolution de la France pour faire condamner ces personnes, mais lorsque la population décide de se séparer de ses bourreaux, notre chère France se souvient des valeurs démocratiques. Les mots n'ont décidemment plus de sens.
Si l'O.N.U vient à adopter cette résolution, ce qui n'est qu'une formalité selon Nicolas Sarkzy, elle fera la preuve qu'elle n'est qu'un instrument, une cachette pour les nations colonialistes, de commettre leurs exactions sous le couvert d'un processus démocratique.

