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La vérité est comme les fesses, on est obligé de s'asseoir avec

02 décembre 2008

MERCI Mme la JUGE, Merci Monsieur FILIPPIS

D'un côté, un journaliste, un directeur de publication, un homme d'affaires et peut-être encore d'autres étiquettes que possède monsieur Vittorio FILIPPIS et aussi accessoirement, homme humilié, bafoué dans sa dignité, chosifié. De l'autre, une juge. Muriel José pour ne pas la citer, que certains qualifient de zélée, atrabilaire, autoritaire, imbue de sa personne, despote et se croyant au dessus des lois. En toile de fonds une police que l'affaire "Filippis" vient une fois de plus mettre sous les feux des projecteurs les méthodes de plus en plus décriées et ainsi confirmer les traitements inhumains dont se plaignent les citoyens qui, n'ayant pas la même caisse de résonance que monsieur FILIPPIS, sont obligés de vivre leur calvaire dans l'indifférence totale.

Une affaire qui, subitement fait prendre conscience à la France bien pensante et respectueuse des valeurs républicaines du danger qu'elle pourrait ainsi courir si elle ne se décide pas à regarder de près les agissements de ses propres créations. Ainsi l'affirme Jean François Copé: "Il faut réexaminer les conditions d'interpellation, voire de garde à vue". Une affaire tellement grave au point de susciter un émoi national et bien plus encore, la compréhension du premier magistrat et policier des français, Nicolas Sarkozy en personne. Le mérite de cette affaire est d'avoir touché un maillon du même système qui produit cette violence pour les autres.

Le français "basique" et les autres citoyens (si tenté que cette citoyenneté leur soit reconnue) devraient plutôt dire un grand "Merci" à Monsieur FILIPPIS et à la juge Muriel José d'avoir permis de mettre au grand jour, les atrocités qu'un système s'est toujours refusé à voir parce que ne se sentant pas sous la menace et surtout atrocités pensées pour être appliquées à et sur d'autres. Des atrocités qui pourtant sont le quotidien de nombreux individus et ceci d'autant plus lorsqu'ils ont le malheur d'être noirs ou arabes. Ces habitués des agissements  qui aujourd'hui émeuvent toute la bienpensance doivent être sous l'emprise d'une griserie indescriptible en lisant le "Calvaire" de monsieur FILIPPIS. Une banalité qui, parce qu'un nanti du système y s'est frotté, devient un drame, un calvaire au point de devenir une affaire d'état.

Un banalité vécue par Eunice Barber et qui n'a suscité aucun émoi national, encore moins la compréhension du premier sportif des français ce, malgré les états de service de la championne et une vidéo montrant qu'elle était plus une victime qu'autre chose dans l'affaire qui la condamne aujourd'hui. Une banalité qu'elle continue à vivre encore ce matin par la condamnation à 5000 euros d'amendes pour rébellion et outrage par le tribunal correctionnel de Bobigny. Comme le souligne Claude Ribbe à juste titre, Eunice Barber est noire et ne peut donc que être agressive. Comment pouvait-il en être autrement ? Comme tous les noirs, Eunice ne peut être que outrageante, rebelle, délinquante c'est une nature chez ces gens comme pense le système. Les mots n'ont décidément pas le même sens, ni la même définition selon que vous êtes "Noir ou Blanc". Inutile de mentionner la pusillanimité, la couardise, le larbinisme, l'attitude putassière des associations comme le CRAN, des sportifs en général et de certains sportifs noirs de nationalité française en particulier.  Rappelons tout de même cette citation de Aminata Traoré : "Les mêmes mains qui vous applaudissent quand vous montez sur le trône, sont celles-là qui applaudissent également quand vous chutez " et modestement on pourrait rajouter à cette citation: "sont celles qui vous aident à chuter". Aujourd'hui c'est Barber, hier ce fut Marie-Jo Perec et demain ?

L'une parmi tant d'autres leçons que l'on pourrait tirer du "calvaire" de monsieur FILIPPIS est de nous montrer qu'une société qui crée des monstres pour s'attaquer à une frange de sa population, risque elle même être exposée à ses propres démons.

Posté par MBOA à 16:14 - COMME JE LE PENSE - Commentaires [3] - Permalien [#]

Commentaires

    Conditions de garde à vue

    j'espère que Monsieur FILIPPIS qui a pris conscience de ce qu'est une garde à vue un peu musclée défendra dorénavant ceux qui, Noirs, Arabes, chômeurs ou sans papiers, savent ce qui les attend lorsqu'ils arrêtés ou simplement contrôlés.

    Posté par Ginette Hess Ska, 02 décembre 2008 à 19:52
  • J'ai écouté M. de Filippis et il a lui-même souligné à juste titre que ce qu'il a vécu des milliers d'individus le vivent chaque jour notamment les sans-papiers en France et que lui a la chance de bénéficier d'une carte de presse...et il a même sous-entendu que l'émoi que Sarkozy a affirmé éprouvé face à cette affaire il n'en été pas dupe puisqu'il le tient pour responsable d'un certain climat qui s'est installé depuis son arrivée en 2002.

    Très bon article!

    Posté par Johari, 03 décembre 2008 à 03:10
  • cette "histoire" me fait bien marrer car si m. fillipis souligne la maltraitante dont est victime des milliers de gens pauvres, il se met aussi au même niveau que ses amis journalistes "harcelés" dans leur travail dont PHILIPPE VAL le sioniste que même sa tête trahit!!!

    mettez lui un costumes nazi à philippe...c'est fait je crois par Plantu????

    Et ça dit QUOI...Yes we can et en ^profondeur" le CAN!!!!

    Posté par mimi, 03 décembre 2008 à 11:25

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