Esprits Libres: votre Magazine QUE SIGNIFIE DONC LA STATUE DU GENERAL LECLERC ? - MBOA

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La vérité est comme les fesses, on est obligé de s'asseoir avec

26 avril 2008

QUE SIGNIFIE DONC LA STATUE DU GENERAL LECLERC ?

En 2006, le monde occidental assassinait Saddam Hussein en expliquant à l'humanité entière que cet acte est commis au nom des droits de l'homme et de la libération du peuple irakien. On voit aujourd'hui les conséquences de cette libération. Cet assassinat n'étant que la fin d'un procéssus qui a débuté avec la destruction de la statue imposante de l'homme fort de Bagdad. Chacun jugera de la crédibilité de l'argumentaire au regard de la situation de ce pays en proie au chaos.
Mais au nom de quoi les camerounais continuent-ils de subir la statue du général Leclerc ? Est-ce au nom de la liberté ou d'une idéologie colonialiste que la France orchestre savamment en finançant des pseudos programmes de culture? Et qu'en est-il si on construisait une statue de Hitler devant la mairie de Paris au nom de cette même liberté ? Car le général Leclerc est pour les Camerounais, ce que Hitler est pour les Français.

La statue du général Leclerc au Cameroun comme toutes les statues de ces colons qui continuent d'agresser l'imaginaire et le réel des populations africaines sont, à l'heure où Paris dit: " défendre les droits de l'homme dans le monde" à combattre et à détruire car contrairement à celle de Saddam Hussein, elles sont le symbole de l'occupation et de l'oppression de la France sur les peuples africains et de l'occupation.

Lire: Détruire les symboles de l'occupation est un impératif de survie ici
ou alors ici

Posté par MBOA à 19:49 - LIBERTE - Commentaires [4] - Permalien [#]

Commentaires

    il faut détruire tous les symboles car ils protègent le mensonge que représente la guerre faite dans le seul but d'enrichir les puissants!!

    plus de statue, plus de repères qui montre la suffisance des forts avec les faibles!

    Posté par mimi, 26 avril 2008 à 20:55
  • esclavage, colonisation, françafrique et ensuite . . . .

    Il est évident que le jour où le Cameroun et les camerounais seront véritablement libres ces symboles s'écrouleront tout seul! Nous avons été et nous encore aujourd'hui beaucoup plus dominés par l'ignorance que par la forçe !

    Posté par n'dikitolè, 26 avril 2008 à 21:14
  • esclavage, colonisation, françafrique et ensuite . . . .

    Il est évident que le jour où le Cameroun et les camerounais seront véritablement libres ces symboles s'écrouleront tout seul! Nous avons été et nous sommes encore aujourd'hui beaucoup plus dominés par l'ignorance que par la forçe

    Posté par n'dikitolè, 26 avril 2008 à 21:22
  • main basse sur L'Afrique

    L’AFRIQUE ET LA MONDIALISATION ECONOMIQUE













    Auteur : A N E F . Avril 2007

    SOMMAIRE

    INTRODUCTION :

    I) GLOBALISATION ET MARGINALISATION DE L’AFRIQUE :
    I.1) LE CONTEXTE HISTORIQUE :

    I.2) L’ECONOMIE NAISSANTE DES PAYS AFRICAINS POST COLONIAUX :

    I.3) PLACE DE L’AFRIQUE DANS LES ECHANGES INTERNATIONAUX AUJOURD’HUI :

    II) L’IMPOSTURE DE LA MONDIALISATION EN AFRIQUE :

    II.1) LES RAPPORTS D’ECHANGES INEGALITAIRES :

    II.2) LE MONOPOLE DES ECONOMIES AFRICAINES PAR LES MULTINATIONALES :
    II.2.a) cas de la filière bois :
    II.2.b) Le monopole des secteurs économiques clés :
    II.2.c) Le rôle ambigu des organismes internationaux :
    II.2.d) impact socio-économique sur les économies locales :




    III) LE PARADOXE DE L’ADHESION DES PAYS AFRICAINS AUX TRAITES DE L’O.M.C ET SES REPERCUSSIONS :

    IV) LE POIDS DE LA DETTE EXTERIEURE DANS LE SOUS DEVELOPPEMENT DE L’AFRIQUE :
    V) LES CONDITIONS D’UNE ECONOMIE AFRICAINE VIABLE :
    V.1) UNE GESTION DES RESSOURCES HUMAINES DESASTREUSE POUR L’AFRIQUE :
    V.2) LES ORIENTATIONS ECONOMIQUES INADAPTEES :
    V.3) LA NECESSAIRE REMISE EN QUESTION :


    VI) EBAUCHE D’UN CONCEPT ECONOMIQUE VIABLE POUR L’AFRIQUE :
    VI.1) LES REFORMES SOCIO-ECONOMIQUES INDISPENSABLES :
    V.1.a) la suppression effective de la dette des pays africains :
    VI.1.b) Autonomie des orientations économiques :
    VI.1.c) Contrôle réel de sa monnaie :
    VI.1.d) L’état doit se réapproprier son rôle social :
    VI.1.e) Maitrise de son environnement :
    VI.1.f) Lutter efficacement contre la corruption :

    VI.2) LA NOUVELLE DONNE POLITIQUE DE DEMAIN :

    CONCLUSIONS :

    REFERENCES :


    INTRODUCTION
    Les racines de la mondialisation ou de la globalisation qui culmine aujourd’hui comme pensée économique unique remontent aussi loin que les origines même du capitalisme en Europe. La dynamique de ce processus en réalité continu s’est accélérée avec l’effondrement du bloc de l’Est et l’éclosion du capitalisme triomphant qui domine aujourd’hui les rapports économiques au niveau mondial. Le leitmotiv de cette vision économique peut se résumer en quatre mots, libéralisation, déréglementation, privatisation, et démantèlement des états.
    Dès le 16ème siècle et surtout au 17ème et 18ème siècle, les échanges intercontinentaux vont se mettre en route, le plus connu de ces mécanismes d’échanges se rapportant à l’Afrique est le commerce triangulaire. Les capitaux amassés par Les pays européennes leurs permettront par la suite de financer la révolution industrielle et la dynamique expansionniste qui en découle. Cette évolution va se poursuivre tout au long du 20ème siècle parallèlement aux progrès réalisés dans les domaines des sciences et technologies ainsi que des transports (bateaux à vapeur, développement de l’aviation). Elle va même s’accélérer après la première guerre mondiale et surtout après deuxième guerre mondiale grâce au plan Marshall Américain (de 1948 à 1952) visant à relancer l’économie des pays Européens. Le F.M.I en 1944 puis la banque mondiale en 1945 (ancienne société des nations) auront essentiellement les mêmes objectifs de relance économique. Les économies du monde occidentale (USA, Japon, CEE) vont effectivement se redressez permettant aux entrepreneurs de ces zones d’engranger de conséquent bénéfices.
    Une seconde révolution importante pour la globalisation se produira à la fin des années 80 et surtout au début des années 90 avec la chute du mur de Berlin et la mort économique du communisme. Cette période verra également se profiler la révolution des nouvelles technologies que nous connaissons aujourd’hui. C’est en fait le début de l’âge d’or de la globalisation avec les pays de l’ancien bloc de l’est qui ne rêve que de capitalisme, les pays de l’Afrique de démocratisation et de libéralisme, des économies occidentales riches en capitaux et avides de nouveaux marchés. Certains pays du sud notamment d’Asie vont dans le sillage de cette seconde révolution tirer d’une certaine façon leur épingle du jeu grâce aux nouvelles technologies.
    Le continent Africain malgré ses efforts et sa volonté est resté ou a été tenu à l’écart de toutes ces évolutions. La situation est telle qu’aujourd’hui, l'Afrique ne compte presque pas dans les échanges internationaux et se retrouve dans le même temps surendetté. Sa population croupit dans la misère Les gouvernements impuissants laissent le destin de leurs pays entre les mains des bailleurs de fonds. Cette situation inquiétante ravive les tentions et les guerres fratricides dans la région en jetant au passage des milliers d’hommes et de femmes sur les voies de l’immigration.
    Toutes ces raisons m’ont donc amenées à une réflexion profonde sur les causes réelles de cet échec des politiques économiques pilotées par les organismes internationaux sur le continent Africain, les responsabilités des uns et des autres dans cet échec et enfin d’ouvrir une petite fenêtre d’espoir sur les voies alternatives pour sortir le continent de ce marasme.
    Issu du Cameroun, mon travail se référera assez souvent à la situation économique de ce pays qui résume assez bien celle de bien d’autres pays francophones de l’Afrique subsaharienne.
    I) GLOBALISATION ET MARGINALISATION DE L’AFRIQUE :

    I.1) LE CONTEXTE HISTORIQUE :
    La situation économique de l’Afrique aujourd’hui ne peut être abordée ni comprise si l’on ne dispose pas d’un minimum de connaissances historiques sur l’évolution de ce continent.
    En effet, dès le 16ème siècle et jusqu’au 18ème siècle, le commerce « triangulaire » entre l’Europe, l’Afrique et l’Amérique va participer à l’enrichissement d’un certains nombreux de pays Européens impliqués dans ces échanges odieux tel que la France, le Portugal, La Hollande, l’Angleterre et l’Espagne pour ne citer que ceux là. Des bateaux affrétés des côtes Européennes chargés d’étoffes d’armes et d’alcool qui seront échangé contre des esclaves africains parfois avec la complicité de quelques chefs locaux et la stigmatisation des rivalités ethniques entre les peuples. Plus souvent ces ventes odieuses se faisaient à la force des canons Européens. Les esclaves étaient ensuite revendus en Amérique où ils serviront dans les plantations du nouveau monde. Les bateaux revenaient du nouveau monde chargé de sucre et de rhum revendus sur les marchés Européens (6).La fin progressive de l’esclavage vers le 19ème siècle correspondant assez curieusement avec la révolution industrielle Européenne et l’arrivée des machines outils sur le nouveau monde, n’allait pour autant pas constituer la fin du calvaire de ce continent ; que le contraire
    La fin de l’esclavage pour les pays Africains se traduira par le début d’un nouveau cycle au vocable assez trompeur de « colonisation ». Cette phase sera formalisée par les accords de Berlin en 1885 (1). Ces accords officialisent en réalité la main mise des pays européens sur l’Afrique et notamment sur ses nombreuses matières premières indispensables à l’industrie Européenne naissante.
    Cette ruée vers les matières premières Africaines sera marquée par une violence inouïe envers les populations africaines. Elles y payeront un lourd tribu pour l’industrialisation de l’Europe. Le travail forcé sera instauré, des frontières fictives ne respectant aucunement les us et coutumes africaines seront créées pour le partage des parcelles entre les pays européens. Des terres seront arrachées aux autochtones d’ailleurs transformés en ouvriers au service des industries européennes. Des répressions aveugles et sanglantes ainsi que la torture seront pratiquées pour asseoir l’hégémonie européenne et faire taire toute forme de résistance. Rien que dans le cas du Congo (ancien Zaïre), la population de ce pays serait passée de 20.millions d’âmes à 10 millions à la fin de la colonisation (1).
    Les pseudos indépendances accordées à ces pays à la fin des années 50 et au début des années 60 se caractériserons notamment par un contrôle plus que serré des anciens colonisateurs sur les choix politique et économique. Ils n’hésiteront pas à fomenter des coups d’états pour imposer des dictateurs au pouvoir. Ils s’assureront notamment du contrôle de la monnaie de ces zones. Dans le cas des anciennes colonies Françaises une monnaie commune appelée « franc CFA » (CFA pour anciennes colonies françaises) sera crée en 1967. La convertibilité de cette monnaie étant liée à la banque de France et garantie par elle moyennant le dépôt de 2/3 des réserves des banques centrales Africaines à la Banque de France. En réalité une autre forme de colonisation économique et financière (6,11). Ce système odieux persiste encore aujourd’hui, le franc CFA ayant été rattaché à l’Euro.
    Ce petit rappel historique permettra alors de comprendre un peu plus le désastre annoncé que vont vivre les pays Africains.
    I.2) L’ECONOMIE NAISSANTE DES PAYS AFRICAINS POST COLONIAUX:
    Les indépendances des pays africains acquises le plus souvent au prix de nombreuses vies humaines vont systématiquement être sabotées de l’intérieur par la main cachée des anciennes puissances dominatrices. Ainsi les grandes figures indépendantistes symboles du dynamisme Africain seront éliminés les uns après les autres ce sera le cas de LUMUMBA (ex Zaïre), OLYMPIO (Togo), LEON M’BA (Gabon), BEN BERKA (Maroc), NABYE puis MOUMIE au Cameroun. Elles seront remplacées par des dirigeants locaux à la solde armés et protégés par les anciennes puissances dominantes. C’est le cas de MOBUTU (Zaïre) et SAVIMBI (Angola), dont il a été plus tard établi qu’ils étaient des agents de la CIA américaine ainsi que de BONGO (Gabon), EYADEMA (Togo), HOUPHOUET et BEDIE (Côte d’Ivoire), TAYLOR (Libéria), SENGHOR puis DIOUF(Sénégal) ou CAMPAORE (Burkina Faso) qui sont reconnus être des agents du réseau Françafrique (6, 11).
    Ces pays (du moins tout au début) vont malgré tout connaître une certaine croissance économique grâce aux produits de l’agriculture. Le Cameroun par exemple était parmi les premiers pays producteurs de cacao au monde. Les ressources économiques de ces pays reposaient essentiellement sur la vente de matières premières notamment issues de l’agriculture. Cette euphorie ne sera que de courte durée les anciennes puissances dominatrices reprenant assez rapidement le contrôle de ces régions par le biais de nombreux leviers économiques.
    En effet la spéculation installée sur le prix des matières premières va faire fondre comme neige au soleil les revenus de ces pays pour la plupart non industrialisés et dépendant à 80% des revenus provenant de la vente des produits agricoles. Les effets de cette spéculation seront renforcés par la mise en concurrence des producteurs Africains avec les néo-producteurs d’Amérique latine entrainant une dé-régularisation définitive du marché des matières premières. Désormais les prix seront contrôlés par l’acheteur occidental au désarroi des économies Africaines. En outre les anciens colonisateurs comme la France vont mettre méthodiquement sur pied en Afrique des réseaux chargés de pilonner les économies Africaine de l’intérieur afin de conserver la main mise sur les matières premières. C’est le cas par exemple du réseau dit « FrancAfrique » (11).
    Selon les chiffres 2006 de l’OMC (voir tableau 1), la part des produits agricoles dans les exportations mondiales de marchandises a régulièrement chuté entre les années 50 ou ils représentaient 37.6% des exportations et les années 2000-2005 ou cette part n’est plus que de 9% ; on comprend alors un peu mieux le marasme dans lequel se trouvent ces économies agricoles.

    Tableau 1
    Ne disposant pas de ressources économiques alternatives, tous ces pays vont se retrouver rapidement en banque route et obligés de se tourner les uns après les autres vers les bailleurs de fonds internationaux que sont principalement le FMI et la Banque mondiale contrôlés pour la plupart par les anciennes puissances coloniales.(via des droits de votes inégaux) (7).
    Ces organismes vont donc s’atteler méthodiquement et systématiquement par un dirigisme économique à jeter les économies Africaines peu structurées dans les sables mouvant de la mondialisation au seul profit des sociétés occidentales. Elles seront aidées en cela par la passivité voir la collaboration servile des dictateurs Africains pour la plupart à la solde (11).

    I.3) PLACE DE L’AFRIQUE DANS LES ECHANGES INTERNATIONAUX AUJOURD’HUI :
    Pour illustrer la place de l’Afrique dans le commerce mondial, il nous faut passer en revue certaines statistiques de L’OMC (organisation mondiale du commerce) (2)
    Selon cet organisme, le commerce mondial des marchandises représentait en valeur absolue pour l’année 2000, l’équivalent de 6186 milliards dollars. Ce chiffre prend toute sa signification lorsqu’on le compare avec la part des échanges de marchandises en 1948, qui n’était que de 58milliards de dollars et en 1983 de seulement 1835milliars. L’On peut aisément constater que de 1948 à1983 la valeur absolue du commerce international a au moins été multiplié par 30.
    Si dans le même temps nous comparons les échanges entre les différentes parties du monde, nous constatons que les échanges entre l’Asie, le pacifique, et l’Amérique du Nord s’élèvent à 652milliars de dollars, les échanges transatlantiques à 45milliars de dollars, les échanges internes à l’Europe à 1624milliars de dollars et les échanges entre l’Europe occidentale et l’Asie à 477milliars de dollars.
    Concernant les exportations, les Etats-Unis arrivent en tête avec 13,6% des exportations mondiales. Suivent l’Allemagne avec 9% des exportations, puis le Japon avec 7,4%. Singapour est quinzième avec 2% des exportations mondiales.
    La part de L’Afrique toute entière dans les exportations en 2000 n’est que de 2,3% soit à peine plus importante que Singapour.
    Si l’on regarde maintenant l’évolution du commerce mondiale dans différentes régions du monde, l’on constate que l’Amérique du Nord est passée de27, 3% en 1948 à 17,1% en 2000, l’Europe occidentale est passée de 31à 39% dans la même période et l’Afrique quant à elle est passée de 7,3 à 2,3%. Soit la plus grande baisse de ses parts de marchés sur cette période.
    Concernant la part des produits manufacturés (donc à forte valeur marchande par rapport aux matières premières) sur le volume total des échanges mondiaux, ils représentaient 74% de ces échanges en 2000, avec des disparités flagrantes d’une région à l’autre du globe. L’Europe par exemple exporte 80,3% de sa production manufacturées contre 75,4% d’importation de produits manufacturés. L’Amérique du Nord consacre 78% de sa production manufacturée à l’exportation et importe 80% de produits manufacturés. Pour la région Amérique Latine, la part respective des exportations et des importations est de 60,5 et 76,9%, pour l’Asie de 84,2 et 70,5% respectivement et, enfin pour l’Afrique ce rapport largement défavorable est de 21, 7% de production manufacturée exportée contre 74, 6% de produits manufacturés importés.
    Ces chiffres éloquent bien que datant de l’année 2000, nous permettent d’avoir une meilleurs lecture du déséquilibre des échanges entre l’Afrique et le reste du monde, déséquilibre qui annule presque la contribution de l’Afrique au marché mondial. En d’autre terme l’Afrique du fait de sa sous industrialisation n’existe presque pas dans les échanges mondiaux. Elle cumule dans le même temps du fait de ces échanges asymétriques, une balance économique chroniquement déficitaire.
    Le rapport 2006(voir tableau 2) de l’OMC sur les échanges internationaux n’est pas en soit si différent que ça du rapport 2000 pour le continent Africain (3). Selon ce rapport qui reprend les échanges pour l’année 2005, les exportations Africaines occuperaient seulement 2.92% du total des échanges mondiaux soit une légère augmentation de 0.62% en réalité du à une augmentation de la demande énergétique par les pays industrialisés plutôt qu’à une production industrielle Africaine concurrentielle.

    Tableau 2
    Se pose alors deux grandes questions :
    • Pourquoi i malgré une richesse importante en matières premières, malgré des potentialités économiques certaines, malgré la participation au commerce mondial l’Afrique reste sous développée ?
    • Qui tire réellement les bénéfices de cette marginalisation du continent africain sur le marché mondial ?
    Les paragraphes qui vont suivre essayeront d’apporter une réponse à ces interrogations légitimes.




















    II) L’IMPOSTURE DE LA MONDIALISATION EN AFRIQUE :

    II.1) LES RAPPORTS D’ECHANGES INEGALITAIRES
    Bien que prônant le libre échange, l‘Union .Européenne (U.E) par des mécanismes détournés protège son marché. C’est le cas par de la politique tarifaire européenne à géométrie variable. En effet, en dehors des tarifs fixes sur les taxes douanières, elle applique aussi une grille tarifaire parallèle dite « tarif de NPF » (4). Cette pratique favorise par des taux douaniers plus bas, l’accès au marché européen des produits provenant des pays avec lesquels l’UE a signé des accords de tarifs préférentiels (NPF). C’est le cas notamment des pays de l’ex bloc de l’est candidats à l’UE et de certains pays du Maghreb.
    Cette pratique illégale puis-ce-que interdite par les accords du GATT puis par l’OMC qui remplace le GATT en 1994 (négociations de Marrakech), est défavorable aux autres exportateurs ne disposant pas de convention similaires avec l’UE. Ce qui entraine de facto une baisse importante des marges bénéficiaires pour ces pays et une perte de compétitivité sur le marché.
    Malgré tout, l’Europe reste le premier continent importateur des produits en provenance des pays en voie de développements. Les chiffres disponibles (réf.) parlent de 89 milliards de dollars de revenus générés en 1999 par ces échanges. Des chiffres qui pourraient laisser croire à une certaine ouverture du marché européen pour les produits des pays du sud. Seulement à bien y regarder, cette ouverture apparente du marché n’est pas faite selon les règles de bases de l’économie de marché. Il n’est en effet pas facile pour un exportateurs potentiels des pays Africains de pénétrer le marché européen. L’analyse des tarifs appliqués aux produits provenant de différents pays nous révèle notamment l’existence d’une politique de discrimination tarifaire en défaveur des exportateurs Africains, en effet les taxes appliquées aux produits issus de ces zones sont beaucoup plus élevées (4, 6). Suffisamment en tout cas pour freiner toute envie d’exportation sur le marché de l’U.E par les investisseurs africains généralement moins fortunés que la plupart des multinationales Européenne. L’inverse n’est par contre pas vrai, le marché Africain étant entièrement livré (sous la pression des bailleurs de fonds occidentaux) aux exportations européennes subventionnées. Entrainant au passage la disparition d’un certain nombre d’opérateurs économiques locaux. Les opérateurs économiques du secteur agricole occidental reçoivent selon les chiffres 2005 l’équivalent de 1 milliard de dollars de subvention par jour (7).
    A cette politique de barrières douanières dissuasives, s’ajoute une autre barrière dite « technologique ». En effet plutôt que de laisser au consommateur le droit et la liberté de juger de la qualité des produits, le politique Européen s’octroi le droit de postuler que les produits issus de certains pays serraient moins sûrs et de mauvaise qualité. Ce qui en réalité n’est qu’une mesure protectionniste de plus, contraire aux règles du marché libre. Cette barrière est renforcée par une autre toute aussi discriminatoire vis-à-vis des producteurs Africains, à savoir la barrière « sanitaire ». Sous le prétexte que les produits issus des pays Africains ne respecteraient pas les normes sanitaires internationales ils sont écartés des voies classiques de distribution sur les marchés européens. En effet, il suffit de parcourir quelques magasins de la grande distribution à Bruxelles pour s’en rendre compte.
    Le paradoxe est que dans la même ville, ces produits catalogués officiellement comme risque sanitaire pour le consommateur Européen, sont vendus dans de nombreux petits commerces pour « produits Africains » et destinés également au consommateur Européen avec la particularité qu’ici il sera plus souvent d’origine Africaine. Il se crée donc un véritable ghetto commercial comme on peut l’observer tous les jours au quartier dit « MATONGUE » à Bruxelles. En effet, si ces produits étaient réellement impropres à la consommation, alors ils devraient également l’être pour toute la population Européenne sans distinction. Il devient donc clair que ce pseudo risque sanitaire n’est qu’un argument de plus pour marginaliser les produits africains sur les marché de l’U.E.
    Ainsi, la cumulation des barrières douanières, de la dévalorisation psychologique des produits dits « Africains » auprès des consommateurs Européens potentiels par des sous entendus péjoratifs qui en font des produits un peu à part de la norme ; fini par décourager l’exportateur Africain potentiel car le produit qui malgré toutes les barrières arrive à accéder au consommateur Européen ne génère finalement qu’un bénéfice minime par rapport à l’investissement consenti ou à consentir.
    Une exportation qui ne génère pas de dividendes conséquentes condamne l’entreprise africaine à rester familiale ou tout au plus artisanale. Il en résulte que les entreprises africaines dans la plupart des cas seront peu compétitives sur le marché international par rapport à leurs homologues européennes, américaines ou asiatiques qui en outre ont bien souvent déjà amorties leurs outils de productions. Cette combinaisons de faiblesse du capital national et d’ouverture à la concurrence mondiale fini par livrer les économies africaines aux mains des multinationales occidentales plus soucieuses des bénéfices de leurs actionnaires que du bien être des populations ainsi spoliées.

    II.2) LE MONOPOLE DES ECONOMIES AFRICAINES PAR LES MULTINATIONALES :

    II.2.a) cas de la filière bois :
    Si l’on prend le cas du Cameroun, le visiteur qui s’intéresse à la situation de ce pays sera interloqué par le spectacle auquel il assistera en prenant sa voiture pour se rendre NNANGA-EBOKO à l’est du Cameroun où l’exploitation forestière est des plus dévastatrices. Le nombre de grumiers (photo 1) rencontrés sur les routes Camerounaises est Ahurissant. Sur le plus grand port du Cameroun à savoir le port de Douala, les cargaisons de bois destinées à l’exportation s’étendent à perte de vue (photo 3).

    Photo 1 : Grumiers sur une route camerounaise
    Cette exploitation anarchique de la forêt entraine une destruction irréversible de la faune vivant dans ces forêts, la destruction et la disparition de nombreuses espèces végétales utiles à la survie des populations locales ; sans compter un braconnage massif d’espèces animales parfois protégées. Le phénomène est tel que l’un des peuples les plus anciens d’Afrique à savoir les pygmées (photo 2) vivant de la chasse et de la cueillette est directement menacé de disparition par la destruction de leur écosystème.
    .
    Photo 2 : campement pygmées au Cameroun

    Sur les 225000km² de forêt répertoriée au Cameroun, 175000km² (soit +/- 78% de la forêt Camerounaise) ont été identifié exploitable et donc livré au pillage des multinationales dont la majorité des unités de transformation se trouvent bien sur en occident (5). Ces conglomérats exploitent la forêt pratiquement sans aucun contrôle des autorités. La corruption aidant, Ils n’ont cure du respect de la nature, du respect des volumes et du reboisement ; encore moins de la préservation des écosystèmes.

    Photo 3 : dépôt de bois au port de Douala au Cameroun
    Une bonne partie des sociétés impliquées dans ce commerce sont côtés sur les places boursières Européennes (SAPI, BOLLORE …etc.) et, les bénéfices faramineux réalisés ne sont nullement réinvestis localement mais serviront plutôt à gonfler les comptes déjà bien remplis des spéculateurs occidentaux. D’ailleurs, l’opulence de ces multinationales contraste étrangement avec la misère grandissante des populations locales qui ne voient aucunement leurs conditions de vie s’améliorer du fait de cette exploitation effrénée. La situation décrite ici au Cameroun s’observe également dans d’autre pays de la zone équatoriale et perpétrée par les mêmes groupes financiers généralement (Congo, Gabon, Guinée Equatoriale, Centrafrique…etc.) (5) (19).

    II.2.b) Le monopole des secteurs économiques clés :
    La situation décrite plus haut avec le scandale de la filière "bois" totalement aux mains des capitaux étrangers généralement occidentaux, s’observe également dans d’autres secteurs économiques clés de ces pays. Ainsi, d’autres secteurs clé de l’économie Camerounaise se retrouvent concentrés dans les mains de quelques multinationales qui dictent les règles. Le Groupe BOLLORE, par exemple, du fait de sa position dominante sur le marché Camerounais et dans la sous région en général (anciennes colonies Françaises) constitue en effet le 2ème conglomérat Franco-africain après la société TOTAL-ELF (5) (19). Il contrôle à lui tout seul des pans entier de l’économie Camerounaise et bien d’autres pays de l’Afrique sub-saharienne (Côte d’Ivoire, Congo, Guinée…etc.). Nous retrouvons ce groupe dans le transport maritime et terrestre notamment du Bois d’Afrique vers l’Europe et l’Asie via ses filiales SAGA & SDV (Scac, Delmas, Vieljeux) et bientôt « OT Africa Line ». Nous le retrouvons également dans la gestion portuaire, le contrôle du rail via sa filiale Américaine « BOLMET Inc.», qui est chargée de la gestion des chemins de fers au Cameroun, au Congo et Cote d’Ivoire et Burkina Faso, toutes d’anciennes colonies Françaises. L’agroalimentaire n’est pas en reste dans cette domination via sa filiale RIVAUD active dans l’exploitation de l’huile de palme, le caoutchouc, le café, le cacao, le tabac…etc. Et toujours avec le même objectif qui est la fourniture du marché mondial en matières premières, au détriment d’un développement bénéfique pour les économies locales.
    Sur le plan social, nous retrouvons donc les mêmes similitudes notamment la misère grandissante des populations autochtones. Les cacaoculteurs malgré un travail harassant et permanent, les scarificateurs d’hévéa malgré un marché automobile en pleine expansion croupissent dans une misère indécente. Le contraste entre l’opulence des multinationales opérant en Afrique et la misère des populations vivant autour d’un « pipeline » qui Chari des milliers de barils de pétrole par jour pour l’exportation est assez saisissant. Le groupe « BOLLORE » ne détient évidement pas le monopole de ces pratiques indignes. D’autres sociétés occidentales agissent avec la même voracité, je ne citerais que le cas du groupe pétrolier « TOTAL-ELF » qui a fait mains basses sur le pétrole des pays de l’Afrique centrale.

    II.2.c) Le rôle ambigu des organismes internationaux :
    En effet, il est assez étonnant que la plupart des pays africains se soient engagés vers la mondialisation sans au préalable avoir eu le temps de mettre sur pied une économie locale efficace viable et compétitive. Ce dynamisme aurait alors par la suite permit à ces pays d’affronter à arme égale la concurrence internationale.
    En réalité comme déjà évoqué plus en amont de cette analyse, la décision d’adhésion au marché libre leurs a été imposée par les bailleurs de fond internationaux (FMI et Banque Mondiale pour ne citer que ceux là) contrôlés par les anciennes puissances dominantes. Cette ouverture hasardeuse du marché africain à la cooccurrence s’est apparentée à un lâché de « loups dans la bergerie ». Les financements des projets économiques par les bailleurs de fond étant conditionnées par une ouverture du marché à la concurrence des multinationales dont on sait d’avance être plus nanties et plus compétitives (le cas BOLLORE et le contrôle du financement du rail Camerounais par la Banque mondial) (5). De plus, ces organismes par un mécanisme de connivence à peine voilé avec les multinationales s’arrangent à ne financer en Afrique que des projet initiés ou réalisés par les multinationales occidentales dans la plupart des cas issues des anciennes puissances coloniales.
    L’orientation de la politique énergétique de ces pays vers l’hydroélectricité est un exemple de ce paradoxe. En effet, alors que ces zones croupissent sous un soleil gratuit favorable au développement d’une énergie solaire propre, plus abordable et facilement accessible à l’ensemble des populations. Les organisations internationales évidement choisiront comme ce fût le cas dans l’ancien Zaïre de MOBUTU (barrage d’Inga) (6,7) de financer des barrages pharaoniques aux coûts exorbitants pour les pays africains. Ces œuvre si on peut ainsi le dire ont l’avantage d’être largement profitable aux entreprises occidentales réalisatrices de ces projets inadaptés à souhait et surfacturés dans la plupart des cas.
    Une autre illustration de ce rôle ambigu des bailleurs de fonds internationaux dans la paralysie se traduit souvent par le refus de financement de projets autochtones économiquement viables. Le cas de la transformation du manioc en farine pâtissière est éclairant dans ce sens. En effet, malgré une demande existante (lutte contre famine) ( aussi bien sur le marché local qu’international ; alors que les pays africains sont parmi les plus grand producteurs de cette tubercule au monde et que les coûts de la mise sur pied d’une telle unité de transformation ne sont pas exorbitant. Que le procédé de transformation de ce tubercule (et aussi du mil) en farine pour la pâtisserie a été mis au point par des chercheurs locaux (15). Ce projet dont la matière première est disponible localement, qui contribuerait à diminuer largement le prix de la farine sur le marché local et générera dans le même temps du travail pour les populations locales et permettra de lutter indirectement contre la faim dans le monde ne verra malheureusement pas le jour à l’échelle industrielle ; ne disposant pas du soutien des bailleurs de fonds internationaux. Tout embryon d’industrialisation viable de ces pays est ainsi tué dans l’œuf dès sa mise en œuvre. Les économies Africaines étant ainsi réduites à une dépendance chronique aux produits d’importation.

    La production de manioc en Afrique progresse plus rapidement que dans les autres régions. Cet accroissement de la production a réduit la faim, en particulier dans les pays d'Afrique de l'Ouest, comme le Ghana. (Source: FAO)
    Tableau 3
    ________________________________________

    N’importe quel décideur politique sensé aurait choisi pour son pays la solution la moins coûteuse, la plus valorisante, la plus rentable pour son économie et ses populations et la plus adaptée à son environnement. Assez étonnement et depuis plus de 30ans, les décideurs Africains choisissent ou sont plutôt contraints par les bailleurs de fonds internationaux (FMI, Banque Mondiale) à maintenir leurs économies sous la dépendance et la domination des multinationales internationales dont le seul but est de générer des bénéfices qui ne profitent pour la plupart du temps pas aux populations locales. En Afrique selon les chiffres disponibles en 2000, à peu près 39% de la population vivait avec moins d’un dollar par jour. A titre comparatif, les sept plus grosses fortunes du monde en 2002, possédaient ensemble plus que le PIB total du groupe des 49 pays dits les moins avancés et où vivent 650 millions d’individus (7). Nous assistons alors à un véritable holdup organisés des économies africaines par les multinationales avec la complicité des bailleurs de fonds internationaux. Ceux là même qui ont poussés les pays africains vers une ouverture de leurs marchés à la concurrence en sachant bien qu’ils n’auraient aucune chance face à la puissance financière des multinationales.

    Tableau 4 : évolution de la misère en Afrique

    II.2.d) impact socio-économique sur les économies locales :
    Les conséquences de ce monopole des pans entiers de l’économie de ces pays ont aboutie à une inversion des rapports de puissance entre les multinationales (soutenues par le capital mondial) et les états (en banque routes). Ce sont désormais les multinationales qui imposent les règles du jeu dont le panel non exhaustif comprend l’imposition de « zones franche de toutes taxes » aux états, la suppression de tout contrôle étatique sur le fonctionnement du commerce ainsi que le non respect des règles du travail qui en est le corolaire. Le soutien aux dictateurs(19) et la corruption des décideurs politiques locaux (scandale de la « FrancAfrique », affaires ELF) sont légions ; à cela il faut ajouter le désengagement forcé des états des secteurs socio-économiques vitaux livrant le marché et le pays à la règle du plus fort. Les grands perdants de ce marché de dupe étant finalement les populations locales.
    Elles subissent impuissantes la modification profonde de leur cadre de vie notamment par une déforestation sauvage, une transformation sans précédent et irréversible des liens sociaux, une omniprésence de la corruption qui touche actuellement toutes les couches de la société, une prise en otage de tous les secteurs économiques vitaux de leurs pays par les monopoles économiques. Un désengagement des états dans des secteurs clés tel que la formation des jeunes, l’éducation, la santé et même la fourniture vitale d’eau et d’électricité aux populations.
    Cette situation a en quelques années a aboutie à une paupérisation massive des Africains. Un déplacement sans précédent des populations de la campagne vers les villes où elles iront grossir un peu plus le nombre de « laissez pour compte » de la mondialisation qui croupissent dans les nombreuses bidonvilles des villes Africaines. La criminalité dans ces villes a partout augmenté, le chômage n’a fait qu’augmenter malgré les bénéfices exorbitants de ces multinationales qui ne réinvestissent d’ailleurs pas localement. Une économie de subsistance dite « secteur informel » mais non porteuse s’est développée. La concurrence déloyale menée par ces multinationales et les exportateurs européens ont anéanti les embryons d’entreprises locales existantes détenues par des opérateurs locaux, jetant au passage des milliers de personnes au chômage comme ce fût le cas pour la filière avicole camerounaise.
    En effet, avec l’arrivée des poulets congelés sur le marché camerounais. Très souvent impropres à la consommation et échappant à tout contrôle sanitaire par manque de structures adéquates ; qui sont vendus moins chers sur les marchés et achetés préférentiellement par une population au pouvoir d’achat assez faible, c’est à dire la majorité de la population Camerounaise. Selon le rapport du service d’appui aux initiatives locales pour le développement (S.A.I.L.D) (9), près de 100.000 camerounais auraient ainsi perdu leur emploi en 2003 dans cette filière. La consommation de ces produits avariés (83%.de ces poulets étaient impropres à la consommation et 25% d’entre eux étaient porteurs de salmonellose selon un test effectué sur un échantillon de 200 poulets congelés par « l’institut pasteur » du Cameroun) a entrainé de nombreux problèmes de santé pour les populations.
    Finalement toutes ces détériorations des conditions de survie de ces populations, ont fini par jeter sur les routes de l’immigration des milliers d’enfants de ce continent à la recherche d’un avenir meilleur. Les plus téméraires d’entre eux viendront terminer leur course comme cadavre le long des côtes Européennes ou, pour les plus chanceux comme réfugiés économiques de l’UE, aggravant une situation sociale intracommunautaire déjà bien fragile.
    Plutôt que de créer les conditions de l’émergence d’une économie viable dans ces pays l’union Européenne a choisie de se barricader en faisant semblant de ne pas savoir ce qui se passe et en versant de temps à autre des larmes de crocodile sur le sort des pays Africains.












    III) LE PARADOXE DE L’ADHESION DES PAYS AFRICAINS AUX TRAITES DE L’O.M.C ET SES REPERCUSSIONS :
    En retard sur le développement industriel et technologique, ne disposant d’aucune structure de contrôle efficace de son territoire, d’aucune structure de contrôle du respect des règles du marché par les entreprises, pauvre, artificiellement endettée, ne disposant pas de capitaux intrinsèques et pilotée de l’extérieur par la mains cachée des bailleurs de fonds ; plus soucieux des intérêts des multinationales occidentales que du développement des pays Africains. Comment comprendre que des pays cumulant autant d’handicaps aient acceptés de ratifier des traités qui les livraient pieds et poings liés à la voracité des multinationales internationales ?
    En effet quelle chances auraient un entrepreneur issus de ces économies agricoles face à l’armada des entreprises occidentales baignant dans une culture industrielle et de rentabilité de longue date, disposant d’outils de production performant et amortis ; une technologies bien plus avancées et surtout d’une trésorerie parfois supérieure au budget annuel de la plupart des pays Africains ? Il est clair que le gagnant dans cette configuration était déjà connu d’avance. Pour une concurrence loyale et une politique économique équitable, il aurait au moins fallu que les parties impliquées dans ces échanges aient au départ les mêmes chances de réussite garanties par une régulation impartiale et efficace. Si vous ajoutez à cela le phénomène déjà signalé de la spéculation sur les matières premières, la mise en concurrence de zones géographiques différentes par le capital mondialisé, les subventions massives accordées par les pays occidentaux à leurs industriels et notamment dans le domaine agricole, la corruption entretenue par ces multinationales dans les pays pauvres ; le petit producteur ou entrepreneur africain n’a aucune chance de s’en tirer dans ce combat plus que déloyal.
    Si la Chine qui aujourd’hui est devenu un des principal exportateur mondial de produits manufacturés a su tirer son épingle du jeu, c’est avant tout grâce à une politique initiale de protectionnisme de son marché, de mise sur pied d’une industrialisation locale, de structuration du marché local, de règles imposées y compris aux multinationales transnationales pour pénétrer le marché chinois. Ces mesures ont ainsi permit à la Chine d’atténuer les effets des pratiques répréhensibles utilisées par les multinationales pour prendre en otage les économies des pays pauvres. En même temps cette politique a permit l’émergence d’une génération d’entrepreneurs et d’industriels chinois capables d’affronter par la suite la concurrence internationale.
    La pression des bailleurs de fond internationaux et leur dirigisme sur les politiques africaines n’offre malheureusement aucune possibilité aux pays africains de mettre sur pieds des politiques économiques cohérentes et bénéfiques pour leurs pays. Ils se cantonnent donc au rôle de fournisseur de matières premières pour l’occident comme à la belle époque de la colonisation. Le virus de la consommation aidant, ces pays sont également devenus un débouché économique pour les industries du nord au vu de leur dépendance presque totale aux productions industrielles étrangères. Cette dépendance aux importations étrangères aggravant encore plus la balance économique des échanges déjà largement déficitaire.
    La participation figurative et déficitaire des pays africains à ce marché de dupe n’a de justification logique que si l’on tient compte du rôle obscur des bailleurs de fond que sont le FMI et de la banque mondiale dans les orientations économiques des pays africains. Ces organismes ne sont en réalité ni plus ni moins que les leviers de domination des anciennes puissances coloniales sur leurs ex-colonies devenues des néo-colonies économiques. Le but étant invariablement le même depuis le 19ème siècle à savoir le contrôle exclusif des matières premières de ces pays. Toutes possibilités de développement de ces pays dans ce système étant repoussées aux calandres grecques.
    IV) LE POIDS DE LA DETTE EXTERIEURE DANS LE SOUS DEVELOPPEMENT DE L’AFRIQUE :
    Alors que la dette extérieure des pays africains à la fin des années 70 était très faible (540 milliards de dollars en 1980), principalement grâce aux revenus tirés de la vente des matières premières surtout agricoles. Elle va brusquement commencer à augmenter dès le début des années 80 du fait de la chute du cours des matières premières dont dépendent les économies de ces pays (à 80%). Chute des cours résultant de la spéculation boursière orchestrée sur ces produits par les principales places boursières occidentales dont « WALL STREET », « Chicago » et « Londres » pour ne citer que celles là. L’économie mondiale est ainsi transformée progressivement en un « jeu casino » grâce auquel les pays sont déstabilisés, des crises financières sont provoquées ou entretenues et les réserves financières des pays sont pillées entrainant une balance économique chroniquement déficitaire pour ces pays et une augmentation sans pareille de la dette estimée à 2 600 milliards de dollars en 2004 selon les chiffres 2005 fournis par le comité d’action pour l’annulation de la dette du tiers monde (7). Cette dette multiple se répartie comme expliqué par le tableau 5. On peut aisément remarquer qu’elle a été multipliée par 4.5 voir par 5 (tableau 6). Elle absorbait selon les estimations de l’année 1999 et disponibles sur le site internet de la présidence française (14) pour les pays de l’Afrique subsaharienne 70% du PNB (produit national brut).

    Tableau 5 : Répartition de la dette des pays Africains en 2004


    Tableau 6 : Evolution de la dette Africaine de 1980 à 2004
    Quand dans les années 70 les économies réelles représentaient 90% des échanges, elles ne représentent plus actuellement que 10% de ces échanges. Soit un recul de 80% au profit de l’économie spéculative monopolisée par les marchés financiers. Qui a connue dans le même temps un accroissement de 90% pour représenter aujourd’hui 90% des échanges du fait des jeux lucratifs de bourse, profitables uniquement aux spéculateurs au détriment des peuples (6).
    Un autre événement déterminant dans l’accroissement spectaculaire de la dette des pays africains intervient en 1979 aux états unis. En effet, la réserve fédérale américaine (Banque centrale des USA) par le biais de son président de l’époque monsieur « VOLKER » ; va brusquement décider d’un relèvement unilatéral des taux d’intérêts (voir tableau 7), entrainant dans le sillage une augmentation considérable de la valeur des prêts initialement accordés aux pays pauvres (le dollar étant la monnaie de référence pour les prêts). C’est le fameux « choc VOLCKER » (6). Cette mesure qui visait à lutter contre l’inflation sur le marché américain, conjuguée à une réorientation des relations entre les métropoles occidentales et leurs anciennes colonies vers des relations dites multilatérales (anciennement bilatérales) ; aura des conséquences néfastes sur les économies de ces pays ainsi abandonnés aux griffes des institutions financières internationales.

    Tableau 7: Evolution des taux d'intérêts américains entre 1970 et 1980
    Si vous ajoutez à ces deux phénomènes la marginalisation des pays africains sur le marché mondial (2.92% des échanges en 2005), le contrôle de la monnaie de ces pays par initialement la banque de France pour les pays de la zone dite « CFA » et actuellement la banque centrale européenne. Contrôle qui entre autre oblige les banques centrales de ces pays à déposer les 2/3 de leurs avoirs hors du continent, mais aussi contrôle la parité de change de cette monnaie. Il n’est donc pas besoin d’être un génie en économie pour comprendre que ces pays auront du mal à assumer d’une part le poids de cette dette de plus en plus abyssale et d’autre part les impératifs de développement.
    L’illusion d’aide au développement représentée par les fonds virtuels alloués à ces pays sous forme de prêts au développement est simplement scandaleuse. En réalité ces prêts qui enchaînent des générations d’Africains à la dette n’arrivent pratiquement jamais sur le terrain au bénéfice du développement. Quand ils sont accordés ils servent souvent à financer un certains nombre de projets bidons uniquement profitables aux entreprises occidentales qui les réalisent le plus souvent. Dans le cas du pipeline Tchad-Cameroun par exemple financé par un consortium pétrolier américano-malais composé d’Exxon-Mobil à 40%, de Chevron à 25% et Petronas à 35%. La part minime des états camerounais et Tchadien dans le projet est apportée par la Banque Mondiale soit 3%. Les dédommagements des populations spoliées étant on ne peut plus dérisoire par rapport aux bénéfices généré par le projet pour ces multinationales et aux dégâts environnementaux causés et nuisibles pour ces populations (voir tableau 9) (7).
    Les fonds perçus par ces multinationales sont dans la plupart des cas aussitôt rapatriés vers les pays occidentaux. La petite partie qui a la chance d’arriver réellement sur le continent reprend presqu’aussitôt le chemin retour pour enrichir les comptes déjà bien garnis et bien gardés des dictateurs africains à la solde des pays occidentaux (voir tableau 8 et le cas MOBUTU).

    Tableau 8: Rapport entre richesse de MOBUTU et dette du ZAÏRE en 1997


    Tableau 9 : Pipeline Tchad-Cameroun en chiffres
    Un autre mécanisme pernicieux de l’aggravation de la dette de ces pays consiste à ne leurs accorder le plus souvent que des « prêts à gage » sur leurs matières premières porteuses (ressources minières et pétrole généralement), privant ainsi ces états des prébendes résultant d’une augmentation certaine de la valeur de ces matières sur le marché international. D’où le paradoxe qui veut que ces pays ne voient jamais la couleur des bénéfices astronomiques tirés par exemple de la vente actuel du pétrole à 70 $ le baril sur les marchés internationaux. Les multinationales du secteur raflant la mise (bénéfice net ajusté record de 12,585 milliards d'euros pour le groupe TOTAL en 2006) (17).
    L’homme profane de la rue africaine lui continu ainsi à se demander où passent ces fameux revenus tirés du pétrole ou alloués par les bailleurs de fonds internationaux et annoncés à coup de renfort médiatique. Le malheur pour lui étant que cette duperie entraine au passage un accroissement de la dette du pays Africain concerné sans répercussion aucune sur son économie (12).





    V) LES CONDITIONS D’UNE ECONOMIE AFRICAINE VIABLE :
    Avant d’aborder le volet consacré au fonctionnement idéale d’une économie au service des populations et des pays plutôt qu’au service du capital spéculatif mondial ; il est important de brosser le portrait actuel du rôle néfaste de la passivité des pseudos dirigeants Africains qui appliquent servilement des orientations allant dans le sens contraire des intérêts de leurs pays.
    V.1) UNE GESTION DES RESSOURCES HUMAINES DESASTREUSE POUR L’AFRIQUE :
    Le processus décisionnel comme je l’ai déjà rappelé plus haut est biaisé en Afrique par une double imposture :
    D’une part, les dirigeants pour la plupart non élus démocratiquement par leur peuple prennent des décisions autocratiques sans tenir compte de l’avis des populations mais toujours dans le sens des intérêts extérieurs que sont ceux des multinationales; d’autre part il y a la main cachée des bailleurs de fonds internationaux souvent liés aux anciennes puissances colonisatrices et qui prônent des orientations économiques ne tenant pas compte des intérêts de la population.
    Ces dernières prônent notamment le désengagement de l’Etat des secteurs sociaux au titre des P.A.S (programmes d’ajustement structurels) (voir tableau 10) visant la réduction des subventions ou leur arrêt pur et simple, la hausse des impôts à la consommation (exemple : TVA ) mais dans le même temps la réduction des impôts sur les investissements et capitaux. La hausse des prix et taxes sur les produits et services de premières nécessités, la privatisation des entreprises quelque soit par ailleurs leur domaine d’intervention (stratégique ou essentiel). Cependant, les conséquences sociales étant l’aggravation de la pression des charges sur les ménages dont les plus pauvres sont condamnés à l’analphabétisme et à l’ignorance, à la misère, la faim et la malnutrition, aux maladies, les vices, à la délinquance, à la violence et à la mort. Les licenciements massifs jettent les travailleurs dans le dénuement, tandis que ceux qui restent aux emplois constatent leurs salaires drastiquement réduits. Et, au chômage vient s’ajouter le blocage de tout recrutement à la fonction publique dont les premières victimes sont les jeunes africains souvent très qualifié et réduit au chômage (6).

    Tableau 10 : Illustration du désengagement social des états au profit de la dette extérieure

    Le cas du Cameroun ou du Sénégal pour ne prendre que l’exemple de ces deux pays, qui à la fin des 70 et au début des années 80 avaient investis massivement dans la formation des jeunes grâce à une politique d’attribution de bourses de formations. Ces Jeunes formés dans les meilleures écoles occidentales et compétents (puisse que pour la plupart aujourd’hui insérés dans les économies occidentales), de retour dans leurs pays respectifs ne sont sciemment pas insérés dans la vie économique de leurs pays respectifs sous la pression des bailleurs de fonds. Marginalisés, ils n’auront pas d’autres choix pour survivre que de repartir vers l’Europe ou l’Amérique pour faire le bonheur de ces entités économiques. Ainsi selon un texte publié dans la revue « mots pluriel » par ALEXIE TCHEUYAP de l’université de CALGARY (16); 20.000 intellectuels Africains quitteraient chaque année le continent depuis 1985. Leurs pays d’origines quand à eux sont confiés à l’analyse et à l’avis d’experts internationaux imposés par les bailleurs de fonds et à des milliers de kilomètres de distance des préoccupations locales. Pis encore les P.A.S qui imposent un désengagement de l’état dans la formation des jeunes vont priver progressivement ces pays de leur forces vives et donc de toute d’autonomie. Ils sont alors chroniquement livrés aux analyses et orientations hasardeuses des experts internationaux.
    Les résultats de cette gestion hasardeuses des ressources humaines Africaine est la rupture de confiance nette entre la jeunesse Africaine et ses dirigeants. Une jeunesse qui ne croit plus du tout à son avenir en Afrique, une jeunesse qui dit de plus en plus ouvertement ne plus avoir rien à perdre, une évolution inéluctable vers une société qui produira au final des monstres asociaux et violent près à prendre par la force ce qu’on ne leur a jamais donné. Nous sommes donc passés en deux décennies d’une société qui produisait des intellectuels à une société qui produit aujourd’hui des chômeurs et qui produira à plus ou moins brève échéance des monstres asociaux si rien n’est fait pour changer le système.

    V.2) LES ORIENTATIONS ECONOMIQUES INADAPTEES :
    Le constat actuel pour les pays Africains est sans équivoque, la mondialisation a entrainé une paupérisation encore plus importante des populations africaines. Les choix économiques et les orientations économiques imposées de l’occident tel que la privatisation de tous les secteurs économique du pays, livrant ces pays à l’appétit vorace des multinationales internationales, le cas du groupe « BOLLORE » au Cameroun qui a lui tout contrôle des pans entiers de l’économie Camerounaise (5), sans oublier le clientélisme et la corruption généré par cette situation.
    Ces multinationales plutôt que de contribuer au développement de ces pays par une création d’activités porteuse localement, pérennisent simplement la position de fournisseur de matières premières pour l’industrie occidentale de l’Afrique. Malgré un accroissement sensible des demandes énergétiques au niveau mondial, et donc une exportation officiellement importantes de ces matières par les pays Africains, le monopole des multinationales sur l’exploration, l’extraction, l’exportation et le raffinage de ces produits pour le marché international, fait que les pays Africains au final ne bénéficient pas des retombées économiques réels auxquels ils pourraient à juste titre s’attendre à avoir. Le paradoxe de cette situation Kafkaïenne veut que le prix du litre d’essence dans ces pays parfois « producteur de pétrole » soit plus élevé que le litre d’essence dans la plupart des pays européens non producteurs et plus nantis. En réalités les multinationales du pétrole telles que « TOTAL » et « SHELL » maître de l’ensemble de la chaine de production et de raffinage du pétrole sont les plus grands bénéficiaires de cette spéculation comme déjà évoqué plus haut concernant les bénéfices astronomiques du groupe « TOTAL » en 2006 .

    La faillite des producteurs locaux et des entreprises nationales liée à l’ouverture sauvage du marché a pour corollaire un faible niveau d’échange entre les pays pauvres malgré l’existence de cadres institutionnels régionaux ou continentaux. On assiste à la prolifération du secteur informel dépourvu de professionnalisme, d’appui et d’encadrement nécessaires. Le résultat de ces orientations économiques hasardeuses appliquées servilement par les dirigeants africains, ont eu pour conséquence qu’un pays comme le Cameroun qui se targuait d’une autosuffisance alimentaire au début des années 80 connaît régulièrement depuis quelques années des problèmes de pénurie alimentaire dans sa partie septentrionale. La situation est encore plus grave dans un certain nombre de pays du sahel.
    Le dirigisme des organismes internationaux symbolisé par les multiples programmes d’ajustements structurels, plutôt que d’améliorer la situation n’a fait que l’empirer, aliénant au passage encore plus une population déjà marquée par les méfaits de la colonisation et en quête d’identité. La misère sociale résultante a plongé une bonne partie du continent dans des guerres fratricides. Plutôt que de soutenir les pays africains vers la mise sur pied d’un programme de développement propre et cohérent respectant les besoins des populations ; les organismes internationaux se sont attelés pendant des décennies à leurs proposer des solutions toutes faites et inadaptées au contexte local.
    Les chefs d’états Africains englués dans ce système, bernés par les bénéfices personnels qu’ils en tirent (voir exemple tableau et bâillonnés par l’emprise des bailleurs de fonds qui sont les véritables maîtres à bord ; se retrouvent très souvent coupés de leur peuple et de ses revendications une fois au pouvoir, cette rupture étant pour la plupart du temps exacerbées par les manipulations des investisseurs étrangers. Ils deviennent alors de serviles exécutants des politiques dictées par les organismes internationaux, dont ils ont besoins pour asseoir leur domination dictatoriale sur les populations.

    V.3) LA NECESSAIRE REMISE EN QUESTION :
    Si l’on faisait une photo de la situation du monde aujourd’hui du fait de l’action humaine et de la mondialisation sauvage, nous auront en face de nous une image assez peu glorieuse de cette planète que nous allons transmettre aux générations futures :
    D’un côté nous auront une consommation frénétique et galopante, qui engloutie les ressources naturelles du monde avec des conséquences bien au-delà des principaux acteurs de cette frénésie. De l’autre côté on assistera à une paupérisation toujours plus importante de la grande majorité de l’humanité, celle qui subit au premier plan les conséquences de cette consommation frénétique. Le patrimoine cumulé des 793 milliardaires mondiaux en 2005 est évalué à 2600 milliards de dollars, soit l’ensemble de la dette des pays africains dans la même période et où vivent 770 millions d’âmes humaines (7) (tableau 4).
    Sur le plan écologique, un déséquilibre sans précédent des écosystèmes mondiaux s’est installé. Le réchauffement de la planète est devenue une réalité, la disparition progressive des microclimats est partout constatée (la banquise, les neiges du mon Blanc, du Kilimandjaro…etc.), la désertification de l’Afrique s’est accélérée avec notamment le dessèchement en deux décennies de plus des 2/3 de la superficie du lac Tchad, un des plus grands réservoirs d’eau douce du continent dans les années 80. Des conséquences directes de ce dessèchement se font déjà ressentir sur les populations avoisinantes de cette zone déjà sahélienne. La liste est malheureusement loin d’être clause.

    Au final toute cette destruction de la nature, tout ce pillage des ressources du monde est fait au profit d’une minorité déjà bien nantie, appauvrissant encore plus ceux qui l’étaient déjà. N’est t’il pas indécent que dans un monde où les richesses créées n’ont jamais été aussi élevées qu’aujourd’hui, les 200 (personnes) plus riches milliardaires ont une fortune équivalente au revenu de 41% de la population de la planète, soit 2,5 milliards de pauvres ? (7)
    N’est t’il pas temps de se poser la question de la finalité des capitaux ainsi accumulés ? De se poser la question de la finalité du commerce ? Du développement technologies ? Scientifique ? En d’autre terme du développement tout cours quand l’homme n’est plus l’essentiel ? Et dans une moindre mesure la nature ? Ne sommes nous pas finalement par cette course effréné à l’accumulation de profits de scier la branche fragile sur laquelle nous sommes assis ? La mondialisation est t’elle vraiment la bonne voie ? La seule voie ? Voilà un certains nombre de questions que les décideurs actuels devraient se poser si nous voulons encore sauver ce bateau commun.


















    VI) EBAUCHE D’UN CONCEPT ECONOMIQUE VIABLE POUR L’AFRIQUE :

    VI.1) LES REFORMES SOCIO-ECONOMIQUES INDISPENSABLES :
    En effet concernant l’Afrique, je pense qu’il serait vraiment temps de libérer le continent de cette colonisation économie qui le bâillonne, empêchant toute projection de ces pays vers l’avenir. Il est temps de laisser ces pays se développer par la mise sur pied de politiques économique propres, viables et compétitives. Respectueuse de leurs aspirations, de leur environnement ; adaptée à leurs besoins, profitable à l’ensemble de la population. La contribution Africaine au marché mondial déjà très marginale devrait finir de convaincre les politiciens africains et les bailleurs de fonds internationaux de cette urgence s’ils ne veulent pas continuer à verser des larmes de crocodiles sur le sort du continent Africain.
    VI.1.a) la suppression effective de la dette des pays africains :
    Une des premières mesures indispensable et urgente serait la suppression réelle de la dette extérieure de ces pays, ce qui redonnera une véritable autonomie décisionnelle à ces états. Cette dette ayant au demeurant déjà été remboursée plus que de raison (X10) depuis le début des P.A.S (tableau 11).
    En effet les pseudos réduction ou suppression de la dette des pays africains ne sont que des effets d’annonce destinés à tromper les opinions publiques occidentales de plus en plus sensibles à la souffrance des pays Africains. Par exemple, le surendettement des pays pauvres en situation de cessation de paiement a fait l’objet, à partir de 1999, d’une décision du G7 tendant à l’annulation des arriérés de dettes impayables. Cette décision spectaculaire au profit des Pays Pauvres Très Endettés (PPTE) vise à légitimer les stocks impayés des dettes non annulées et de loin plus importants. En effet, les relations d’ordres multilatéral, bilatéral et privé qui président à l’endettement des pays ont donné lieu à la catégorisation des dettes par type de relations : multilatérales (bailleurs de fonds), privées, et bilatérales (entre états). Ce sont uniquement les dettes contractées à titre bilatéral qui ont fait l’objet de la décision du G7. Cette mesure partielle ne concernait d’ailleurs pas tous les pays mais uniquement un panel de 42 pays dits PPTE sur un total de 50. Or cet effet d’annonce fait que les opinions publiques pensent que les pays africains ont été désendettés alors que cela ne concerne que la dette bilatérale soit (20% de la dette) (voir tableau 5) et qu’ils doivent encore rembourser les dettes multilatérales et privées qui elles représentent 80% du total de la dette de ces pays. Or, il se trouve que comme par hasard selon les textes du FMI et de la Banque Mondiale ; il est défendu de renoncer à une créance d’où l’interdiction d’annuler les dettes multilatérales.

    Tableau 41 : Remboursement de la dette en milliards de puis 1980
    VI.1.b) Autonomie des orientations économiques :
    Elle commence par une restructuration profonde des économies selon un programme en dix points comprenant :
    • Une suppression des monopoles.
    • Un encouragement d’un entreprenariat local voir locorégional.
    • Une régulation saine et efficace du marché par l’état afin de garantir les conditions d’une réelle concurrence créatrice de valeurs et d’emplois.
    • Encourager l’éclosion et le développement d’une industrialisation locale.
    • Valorisation de nos matières premières en général par une industrialisation locale créatrice de valeur ajoutée sur le marché international équitablement redistribuées.
    • Orientation vers une industrialisation à visage humain, respectueuse des besoins réels du marché, des intérêts des populations locales, respectueuse de l’environnement et à adapté à celui-ci (politique énergétique orientée par exemple vers le développement du solaire en Afrique).
    • Réduction de la fuite des capitaux et de la dépendance chronique aux importations grâce à un dynamisme de l’économie locale et sous régionale par la mise sur pied d’une politique de stimulation de l’industrie manufacturière locale.
    • Diversification de secteurs économiques plutôt qu’une dépendance économique au seul commerce de matières premières brutes qui réduit les pays africains à de simples fournisseurs pour les industries occidentales.
    • Protection des productions locales de la concurrence déloyale de produits étrangers, souvent subventionné au mépris des règles de la concurrence.
    • Maitrise réelle de nos exportations de matières premières par un contrôle étatique effectif des flux et donc des prix par le producteur.

    VI.1.c) Contrôle réel de sa monnaie :
    La mise sur pied d’un système économique viable va de paire avec la maitrise de sa monnaie. Le rattachement actuel de la monnaie (cas du franc C.F.A) de ces pays à l’euro est un véritable scandale dans le genre. Ce système oblige les banques centrales de ces pays à déposer les 2/3 de leurs avoirs auprès de la banque centrale européenne, privant les économies locales de liquidités substantielles. En outre, les décisions en rapport avec la parité de cette monnaie sont une fois de plus prise par des décideurs étrangers, sans aucun rapport réel avec le dynamisme économique de ces régions.
    VI.1.d) L’état doit se réapproprier son rôle social :
    L’état doit réinvestir les domaines de l’éducation et la recherche au niveau continentale. En effet de nombreuses voies inexplorées existent notamment dans le domaine médical. L’Afrique est en effet riche de son sous sol, mais aussi de la diversité de sa flore. Un certains nombre de plantes médicinales Africaines ont été à l’origine de nombreux médicaments actuellement vendus par les multinationales pharmaceutiques. Ces médicaments sont parfois revendus aux Africains bien plus cher que leur prix sur les marchés occidentaux.
    Il devra également rétablir le lien social entre les générations, afin de permettre à l’Afrique de se réapproprier sa jeunesse et notamment ces « cerveaux » Africains dépités de la situation actuelle et qui pullulent en occident (plus de 100.000 départ du continent par an) (16).
    Assurer une meilleure redistribution des richesses à l’ensemble de la population, via une régulation étatique, ce qui évitera l’évolution vers une société productrice de monstres asociaux et donc génératrice de guerres fratricides.
    VI.1.e) Maitrise de son environnement :
    L’état veillera à instaurer une gestion respectueuse de la forêt, de la faune et de la flore afin de maintenir et de pérenniser les écosystèmes.
    En effet une maitrise de ce domaine permettra à certains pays africains notamment de la zone équatoriale de mettre sur pied une politique audacieuse d’investissement dans une agriculture saine et respectueuse de l’environnement. D’après les projections démographiques de la Banque Mondiale réalisées en 1994, la population mondiale devrait tourner aux alentours de 8,5milliards en 2030 et de 11,5 milliards en 2050. En outre les opinions mondiales sont de plus en plus sensibilisées à la problématique environnementale et donc sont demandeurs de produits sains respectueux de l’environnement. Alors qu’aujourd’hui, le Cameroun comme la majorité des pays Africains de cette zone, accordent une importance démesurée à la culture du cacao, du café, du coton, produits sujets à la spéculation des marchés toujours au détriment des producteurs, il serait peut être temps pour eux de saisir l’opportunité de ce marché potentiel dans un monde qui aura de plus en plus faim demain et les scandales alimentaires successif en Europe (vache folle, fièvre aphteuse, poulet dioxine, OGM) militent largement en faveur de la viabilité de ce créneaux.
    Obliger dans ce domaine les entreprises étrangères notamment les multinationales à respecter d’une part les écosystèmes, mais aussi à réinvestir une partie des bénéfices générés par l’exploitation de nos ressources dans la recherche locale et l’émergence d’une industrialisation locale autonome.

    VI.1.f) Lutter efficacement contre la corruption :
    Lutter efficacement contre le fléau de la corruption, c'est-à-dire poursuivre les corrompus mais aussi les corrupteurs. Ces derniers ne sont en général jamais inquiétés dans le système de fonctionnement actuel où seul l’argent est roi et dans ce domaine les multinationales sont des empereurs (cas de l’affaire ELF en France + (19)).
    Exiger que les fonds astronomiques spoliés à ces pays depuis des décennies par le biais de dictateurs à la solde et qui reposent dans les banques des pays occidentaux soient restitués à ces états pour un développement effectif de leurs économies.
    VI.2) LA NOUVELLE DONNE POLITIQUE DE DEMAIN :
    Ce véritable combat pour la survie et le développement de l’Afrique est indispensable si elle redorer son blason terni, redonner espoir à sa jeunesse et inspirer confiance aux véritables investisseurs soucieux du bien être des populations. Les changements nécessaires ne seront possibles et efficaces qu’avec le soutien et l’approbation de l’ensemble des composantes de la société. Ce qui implique un changement profond de la politique dans la société africaine.
    Les fameuses cellules de l’Elysée (présidence française) pour la politique africaine devront être abandonnées, les caricaturaux sommets franco-africains où les uns dictent leurs ordres aux autres dans un climat de profond mépris, la puissance économique aidant. La coopération avec les pays occidentaux devra revenir à des rapports plus sains et de respect d’état à états sans intervention dans le pilonnage de l’intérieur des politiques de ces pays. L’attitude scandaleuse consistant à cautionner voir soutenir et imposer des dictateurs à la tête des états Africains devra être abandonnée ( TOGO, CONGO…etc.), tout comme la pratique consistant à marginaliser sur le plan international des chefs d’états démocratiquement élus, disposant du soutien de leurs population, mais n’allant pas dans le sens des intérêts occidentaux.
    En fait il faut permettre enfin l’arrivée en Afrique, d’une nouvelle génération de chefs d’états démocratiquement élus (sans fraudes organisées parfois de l’occident) (11), soucieux d’abord de l’intérêt national avant leurs intérêts particuliers et les intérêts des puissances étrangères. Il faudra pour cela mettre fin définitivement au double jeu des organismes internationaux qui d’un côté font semblant de soutenir l’émergence d’une indépendance économique africaine et, de l’autre côté servent en réalité de bras de levier pour l’influence des multinationales sur les économies locales(19) (5).
    Ainsi par exemple, au début des années 90, il est annoncé à grand renfort médiatique que la dette des pays Africains va être supprimée de 50%. Dans le même temps on procède à la dévaluation de 50% de la monnaie de ces zones ; en réalité rien n’a été fait, mais le message médiatique souhaité est passé comme lettre à la poste auprès de l’opinion publique occidentale, qui ne retiendra finalement du message que la dette africaine a été réduite de moitié.
    Plus récemment et concernant le Cameroun ; en Avril 2006, c’est l’effervescence au Cameroun, et pour cause, le Cameroun vient d’atteindre le fameux « point d’achèvement » imposé par les bailleurs de fonds. Il rempli désormais selon les critères fixé par le FMI les conditions pour être classée PPTE (c.à.d. Pays Pauvre Très Endetté). Ce classement donne accès au programme dit « CDD » (Contrat Désendettement Développement). Théoriquement cette initiative a pour but en libérant le pays de ses obligations vis-à-vis de la dette extérieure, de lui permettre de redynamiser son économie par un réinvestissement dans les secteurs clé de son économie. Une fois de plus nous allons voir ce fonctionnement biaisé par la main cachée des bailleurs de fonds. En réalité ils imposent à ces pays de choisir prioritairement des entreprises issues des pays créanciers pour la réalisation de ces projets et ceci en violation totale des règles de la concurrence. En plus ces entreprises présentent très souvent des factures bien plus élevées que la concurrence(13).









    CONCLUSIONS :
    Au terme de cette balade dans les méandres de la situation économique et sociale actuelle de l’Afrique sub-saharienne, il s’est avéré qu’aborder le problème des effets de la mondialisation dans cette partie du monde n’est pas un parcours fondamentalement balisé. Ce qui est par contre clair c’est que la mondialisation économique comme solution au développement de l’Afrique n’est qu’une fausse bonne solution. Elle a inlassablement et méthodiquement contribué à une paupérisation de la société, à une destruction des écosystèmes, à la soumission des états au pouvoir des bailleurs de fond, à une déstructuration sociale sans cesse galopante, un accroissement de la corruption à une fuite massive des cerveaux du continent et enfin à une braderie organisée des richesses au profit d’une minorité. Ces pays sont en réalité passés d’une époque ouvertement coloniale à une époque subtilement néocoloniale par le contrôle de leurs systèmes économique, ce qui n’est pas forcément plus reluisant.
    Les responsabilités de cette évolution sont bien évidemment partagées entre la voracité des multinationales toujours à la recherche de profits, les bailleurs de fonds qui par leur dirigisme empêchent l’émergence d’une industrialisation locale performante et compétitive capable d’affronter la concurrence, et enfin les dirigeants africains coupés de leurs peuples et assujettis au pouvoir des intérêts économiques étrangers (19) et à l’attrait d’un enrichissement personnel scandaleusement indécent au détriment de l’intérêt général et du bien être des populations.
    Malgré ce tableau assez sombre, je dirais que l’espoir est quand même encore permit. Cela est d’autant plus palpable que dans ma quête de vérité, je me suis rendu compte par le nombre d’articles existants et relatifs à ce sujet dans la littérature ; qu’un bon nombre de ces articles étaient le fruit de réflexion d’un certain nombre d’africain, traduisant indirectement une véritable prise de conscience de la duperie en cours. L’autre espoir vient également du fait que les opinons publiques africaine et européenne sont de plus en plus sensibilisé à cette situation grâce à internet (les médias classiques n’en parlant que très peu et de façon imprécise voir biaisée). En Europe notamment, une bonne partie de la population se rend de plus en plus compte du fait que les dégâts de cette mondialisation sauvage au profit d’une minorité ne se limitent pas seulement aux pays lointains, mais touche aussi de plus en plus à leur subsistance quotidienne (délocalisation, chômage, précarité…etc.). Une mobilisation mondiale des opinions est désormais en route (voir mouvement altermondialiste) pour un changement ; il ne manque plus à ce tableau pour que ce soit effectif que le soutien des décideurs mondiaux notamment du G7.
    Une lueur d’espoir a été allumé par les déclarations récente de monsieur Jacques Chirac président français dans un livre-entretien avec Pierre Péan paru en février 2007 intitulé « l’inconnu de l’Elysée » où, par cette déclaration concernant l’Afrique il dit : '"après leur avoir volé leur culture, on leur a volé leurs ressources, leurs matières premières en se servant de leur main d'œuvre locale. On leur a tout piqué et on a répété qu'ils n'étaient bons à rien. Maintenant, c'est la dernière étape : on leur pique leurs intelligences en leur distribuant des bourses, et on persiste à dire de ceux qui restent : « ces Nègres ne sont décidément bon à rien »". Cette déclaration venant d’un membre influant de la « Françafrique » sonne en effet comme une reconnaissance implicite de la responsabilité des puissances occidentales sur la situation actuelle de l’Afrique, nous n’attendons plus que des actes.


    Références :
    (1) « les fantômes du roi Léopold » un holocauste oublié. Par ADAM HOSCHSCHILD. Edition Belfond 1998
    (2) rapport 2000 de l’OMC sur les échanges mondiaux
    (3) Rapport 2006 de l’OMC sur les échanges internationaux.
    (4) « Pratique des NPF ».Jean-Yves CARFANTAN, La mondialisation déloyale, n° éd 27233, France Fayard, octobre 2002.
    (5) FORESTS MONITOR Ltd. Mars 2001 « la forêt prise en otage)
    (6) Article de la confédération des travailleurs du Niger (CDTN) lors du Forum Social Européen de LONDRE, publié sur le site « Europe Solidarité Sans Frontière » en octobre 2004.
    (7) chiffres2004 de la dette du 1/3 monde, disponibles sur le site « du comité d’annulation de la dette du tiers monde » (CADTM.org)
    ( Livre F.A.O « Economie du manioc dans le monde, faits tendances et perspectives » édition 2000, ISBN 92-5-204399-3
    (9) Dégâts du dumping sur la filière avicole camerounaise : interview du courrier à Bernard NJONGA secrétaire générale du SAILD et éditeur du mensuel « la Voix du paysan », extrait du site internet de l’IRED www.ired.org
    (10) « de la Françafrique à la Mafiafrique » par François-Xavier Verschave, édition TRIBORD octobre 2004.
    (11) « La Françafrique », le plus long scandale de la république, par François-Xavier Verschave, éditions STOCK en 1998.
    (12) «L’envers de la dette », par François-Xavier Verschave édition Agone 2001
    (13) Article de presse du journal camerounais la nouvelle expression daté du 16 mars 2007 sous le titre : « Cameroun-France, pourquoi les travaux routiers sont paralysés à Douala.
    (14)Site internet de la présidence Française, article concernant la dette des pays Africains (www.elysee.fr)
    (15) Interview de madame TECLAIRE NTOMB, inventrice d’une farine de manioc utilisable en pâtisserie publié le jeudi 11 août 2005 sur le site internet afrik.com
    (16) « Requiem pour le développement » par ALEXIE TCHEUYAP de l’université de Calgary (Canada), publié dans l’édition n°20 de la revue « mots pluriels » daté de février 2002.
    (17) Coupure de presse du journal français « le monde » daté du 14 février 2007 sur les bénéfices record du groupe TOTAL en 2006.
    (1 Livre-entretien de Jacques Chirac président français avec Pierre Péan, intitulé "L'inconnu de l'Elysée" édition Fayard paru en février 2007 et dont certains extrait concernant notamment l’Afrique.
    (19) publication du réseau « survie Rhône 69 » sue le titre « campagne BOLLORE » le 24 novembre 2002.

    Posté par MINTOUMBA, 29 avril 2008 à 08:00

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